
RTE (Réseau de Transport d’Électricité) utilise les engins de Ministrucks Robotics pour intervenir sur les lignes à très haute tension (photo fournie)
Il existe un point commun entre la pierre tombale d’un cimetière, une ferme photovoltaïque, le pape Léon XIV, les égouts de Paris, une centrale nucléaire et le Puy du Fou : la PME vénissiane Minitrucks Robotics.
Cette pépite, créée en novembre 2023, est en mesure de fabriquer des robots miniatures de manutention capables de déplacer des charges lourdes, y compris dans des environnements difficiles d’accès, en pente, humides, boueux, pierreux ou sableux. De son atelier de 750 m2 basé à Usin Lyon Parilly sortent des mini-engins radiocommandés standards ou sur-mesure, électriques ou thermiques. Les prix oscillent de 12 000 à 400 000 euros, en fonction de la technologique embarquée.
« Celui-ci est prêt à partir pour Paris, désigne Frédéric Perrot, PDG à la tête d’une équipe d’une quinzaine de salariés. Il déplacera un bateau de 900 kg pour le spectacle célébrant la venue du pape Léon XIV à Paris. Le Puy du Fou fait aussi partie de nos clients : nos engins sont utilisés lors de la Cinéscénie. »
Voilà pour la partie « spectacle », somme toute assez marginale. Le gros de l’activité se répartit plutôt sur les secteurs de la construction, de l’énergie et de l’industrie lourde comme la sidérurgie, la chimie, ou encore le ferroviaire. En France, en Inde, en Australie ou en Angleterre, les robots Minitrucks se faufilent là où les camions ne peuvent pas aller.
« Si c’étaient des voitures Majorette, elles pourraient déplacer 6 kg »
« On produit les engins les plus petits et les plus puissants possible, synthétise Frédéric Perrot. Ils peuvent supporter jusqu’à 2,5 tonnes par mètre carré. Si c’étaient des voitures Majorette, elles pourraient déplacer 6 kg. On est les seuls à faire cela. On n’a pas de concurrents pour l’instant. On n’a rien inventé mais on combine des compétences en hydraulique, en mécanique, en électronique, en pilotage et en capteurs. On conçoit tout de A à Z. Un client vient avec un problème. On établit le cahier des charges et on fabrique l’engin en trois mois. »
La production est très diverse. Dans un coin stationne un établi mobile. Les engins peuvent prendre bien d’autres formes, une fois aménagés : un mini camion-toupie, un autre pour faciliter l’intervention des pompiers en milieu hostile, un finisseur compact pour poser l’asphalte sur un quai de métro, ou encore un véhicule de désamiantage pour le tunnel de Fourvière.

Frédéric Perrot (PDG de Minitrucks Robotics), entre un établi mobile et un engin déployé à l’occasion de la visite du pape Léon XIV
Le plus gros jamais conçu mesure 9 mètres de long : il soulève des maisons préfabriquées pouvant peser jusqu’à 20 tonnes. En 2026, Minitrucks Robotics produit une machine par semaine. La cadence pourrait doubler en 2027, année où l’entreprise espère devenir rentable.
Le créneau que comble Minitrucks Robotics est particulièrement porteur. « Les choses évoluent, constate Frédéric Perrot. Comme on dit, la robotique est aux jambes ce que l’IA est au cerveau. Nos clients ont besoin de faire bien et rapidement. Or, nous leur permettons de générer des gains de productivité colossaux. On peut diviser par dix la durée d’un chantier. De plus, la pénibilité est une cause racine. Les gens ne veulent plus d’emplois pénibles. On ne vient pas au travail avec une pioche pour rentrer chez soi et utiliser un iPad. Enfin, nos produits évitent des accidents du travail : les charges sont éloignées des opérateurs. »






























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