

En ouverture du nouveau film d’Agnès Jaoui, il est précisé que « jusqu’au XIXe siècle, chaque pays, chaque région avait son diapason et il était impossible de s’entendre sur le juste la, jusqu’à ce que Verdi impose une hauteur de diapason commune, dans une recherche d’harmonie. Quand chacun a sa conception de la justesse, arrive la cacophonie… »
Tout le sujet du film est contenu dans ce propos. Il est question ici de la préparation d’un opéra, Les Noces de Figaro de Mozart, et des sujets de société qui font surface à travers tout ce travail : le racisme avec la présence d’une chanteuse noire (Eye Haïdara) dans le rôle de Chérubin ou le changement de mœurs avec l’angoisse du chef d’orchestre (Daniel Auteuil) qui a eu dans le temps une relation avec une diva menaçant aujourd’hui de révéler les noms des hommes s’étant mal conduits avec elle. Il y a encore Mee Too et l’éclatement en plusieurs camps de la troupe, suite à une accusation d’attouchements. Et cette influenceuse (Claire Chust), parachutée à la mise en scène, qui cherche à apporter de la modernité sans être crédible auprès des autres.
Agnès Jaoui ne charge aucun personnage, montrant juste qu’en fonction de son âge, de son sexe, de sa couleur de peau, de sa condition sociale ou de sa culture, on ne peut plus être au diapason. Formidablement joué par l’ensemble de la distribution, le film montre une grande tendresse envers beaucoup de protagonistes. Il est dédié à Jean-Pierre (Bacri), qui y aurait eu toute sa place.
Le film est programmé au cinéma Gérard-Philipe, à Vénissieux, du 18 au 30 juin 2026.


Agnès Jaoui, Daniel Auteuil et Eye Haïdara



































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