Traditionnellement, le débat d’orientation budgétaire — qui permet de définir politiquement les principales dépenses et recettes de l’exercice suivant — se tient en novembre ou décembre, lors du dernier conseil municipal de l’année. Mais lundi 15 juin, il a semblé avoir pris quelques mois d’avance.
À l’ordre du jour du cinquième conseil municipal depuis l’élection d’Idir Boumertit, en mars dernier, figuraient plusieurs délibérations financières. Les élus devaient notamment approuver les comptes de l’exercice 2025, affecter les résultats comptables et voter un budget supplémentaire pour 2026. Cette dernière mesure vise notamment à réduire le recours à l’emprunt d’un million d’euros tout en permettant à la régie autonome de restauration scolaire de disposer des moyens nécessaires pour mettre en œuvre plusieurs engagements de campagne de la nouvelle majorité, parmi lesquels la distribution de goûters aux élèves.
« Vous réduisez les recettes de plus de 500 000 euros sur les dotations et participations tout en augmentant les dépenses de fonctionnement avec des mesures non financées, a attaqué Aurélien Scandolara, au nom du groupe d’opposition de gauche « Unir, résister et agir : Ensemble pour Vénissieux ». L’élu communiste s’est également interrogé sur la trajectoire financière de la commune : « Vous réduisez même le recours à l’emprunt d’un million d’euros, comme si cela suffisait à équilibrer le budget. Mais qu’en sera-t-il dans les années à venir ? Nous espérons que vous n’avez pas prévu, à terme, la vente d’équipements municipaux, l’abandon de certaines missions de service public ou encore le recours au privé pour assurer des missions aujourd’hui assumées par la collectivité, afin de compenser un déficit que vous semblez laisser dériver. »
« Être plus redistributifs »
Des accusations balayées, successivement, par Hamdiatou Ndiaye, au nom du groupe « La France Insoumise Vénissieux » (majorité), et par le maire, Idir Boumertit. « La dette n’est pas en soi un problème lorsqu’elle finance des équipements utiles, durables, nécessaires, a d’abord répondu celui qui est aussi adjoint aux ressources humaines et au protocole. Mais elle doit rester maîtrisée, d’autant plus dans une ville populaire comme la nôtre, où chaque décision financière doit être prise avec responsabilité. De ce point de vue, le budget supplémentaire ne traduit pas une fuite en avant. Au contraire, il ajuste le recours à l’emprunt tout en maintenant la capacité d’investissement de la Ville. C’est un équilibre exigeant, mais c’est précisément cet équilibre qu’il nous faut tenir : répondre aux besoins sans fragiliser l’avenir. »
« Nous sommes juste en train de déployer notre programme, a affirmé le maire. On a parlé de la quasi-gratuité de la cantine, on le fait. On parle du périscolaire, on le fait. On parle du goûter, on le fait. On parle des fournitures scolaires, on le fait. On dit qu’on recrute des policiers municipaux, on le fait. On parle de travailleurs sociaux en plus, on le fait. » Avant d’adresser une pique à ses adversaires : « Votre programme, en termes de perspectives et d’investissements, était vide. Nous, on a eu un peu plus d’ambition (…). Et aujourd’hui on fait d’autres choix, d’autres modes de gestion. Ce qui nous permet d’être plus redistributifs en direction des besoins de la population. »
Les goûters relancent les tensions
Et parce que ce conseil municipal avait presque des airs de débat électoral — rappelons que plusieurs recours pourraient entraîner l’annulation du scrutin de mars dernier et la tenue de nouvelles élections dans les prochains mois —, communistes et Insoumis se sont de nouveau écharpés, quelques dizaines de minutes plus tard, lors du vote d’une délibération contribuant à la mise en place d’une fourniture de goûters aux élèves de la ville. « Depuis plusieurs années, les professionnels de santé alertent sur la progression du surpoids infantile et sur les conséquences d’une consommation excessive de produits sucrés et industrialisés, a déclaré Véronique Forestier (opposition). À vouloir systématiser le goûter, nous pouvons involontairement banaliser le grignotage et envoyer un message contradictoire avec les objectifs de prévention. »
Après avoir assuré que la diététicienne de la Ville avait « évidemment été consultée » pour ce projet, Idir Boumertit a laissé la parole à son adjointe en charge de la santé, Nadia Chick. « Nous sommes bien sûr très sensibles à ce que mangent les enfants. Il y a une commission que se réunit très régulièrement pour faire des propositions qui pourront permettre à des enfants malnutris de prétendre à un goûter de qualité, qui répondra à toutes les exigences sur le plan qualitatif. »































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