

Avant le Vénissieux handball, l’USV rugby, en 2024, avait répondu favorablement à la demande de partenariat de France Travail. Photo DR archives
« Nous avions déjà proposé cette initiative en octobre 2024, en nous appuyant sur le club de rugby de l’USV, explique Sandra, adjointe de Florence Sanfilippo, la directrice de l’agence France Travail de Vénissieux. Aujourd’hui (ndlr, 23 avril), entre 70 et 80 demandeurs d’emploi sont présents au gymnase Jacques-Anquetil. Ils ont été mis en relation avec plus d’une dizaine de recruteurs. Seul le décor a évolué : on passe du stade au gymnase, avec le club de handball comme partenaire sport référent. »
Vénissieux Handball s’inscrit pleinement dans cette démarche. Pour l’un de ses dirigeants, Philippe Guichard, cet engagement est cohérent : « Depuis plusieurs années, nous développons des actions sociales et éducatives, notamment autour de la mixité ou de la féminisation de l’arbitrage. Participer à cette journée dans un cadre sportif avec des recruteurs et des demandeurs réunis était pour nous une évidence. »
« Oubliez votre CV »


Les équipes mêlaient candidats à l’emploi, recruteurs et conseillers de France Travail
Ce jeudi matin, les bénévoles du VHB s’animent pour installer les mini-cages de hand, les plots et les ballons. Dernières consignes de Sandra avant que ne démarrent les ateliers sportifs : « Oubliez votre CV, votre parcours professionnel et vos diplômes. Ici, seul votre prénom apparaît. Et je vous rappelle que vous vous êtes engagés à participer aux trois temps forts de la journée : activité sportive, repas partagé et entretiens en après-midi. » Les équipes se forment de manière anonyme, mêlant candidats, recruteurs et conseillers de France Travail. Les ateliers sont conçus pour être accessibles à tous, quel que soit son niveau.
Vers 12h30, offert par les partenaires, le repas convivial est dressé sur des tables à l’extérieur du gymnase. À l’ombre. Vers 14 heures, à l’étage, place au job dating. Les profils recherchés sont ciblés : préparateurs de commandes, opérateurs de montage et d’assemblage, conducteurs de ligne ou encore plaquistes. Entre 60 et 70 candidats correspondant à ces profils ont été sélectionnés. Tous témoignent d’un stress bien plus faible qu’à l’accoutumée en pareille circonstance. Le fait d’avoir échangé des moments sportifs avec les recruteurs semble avoir brisé la glace. Une approche résolument innovante du recrutement.
Quinquagénaire, Cédric a su saisir la balle au bond


Cécric (à droite), ancien barman du Café du parc, en reconversion
Parmi les participants, Cédric incarne pleinement l’esprit de cette journée. Barman pendant plus de vingt ans au Café du parc, rue Gambetta, il se retrouve aujourd’hui, à 50 ans, en recherche d’emploi après la vente de l’établissement par son ancien patron.
Sur le terrain, ballon en main, il retrouve des sensations oubliées : « J’en faisais un peu au collège, c’est vous dire si c’est vieux, mais j’aimais bien ça » Cette entame matinale sportive le met, dit-il, « dans de bonnes dispositions pour aborder la suite ».
L’après-midi, lors du job dating, Cédric sait déjà vers qui se tourner. Il rencontre d’abord une entreprise spécialisée dans les produits frais, France Frais Rhône-Alpes, qui est à la recherche de préparateurs de commandes. Les questions s’enchaînent. « Etes-vous disponible dès aujourd’hui ? Etes-vous véhiculés ? Êtes-vous prêt à travailler dans le froid ? » Cédric lui tend son CV polyvalent, riche en missions multiples dans la restauration, la mise en rayon à Carrefour, la gérance d’un bar. Interrogé sur la préparation de commandes par voice-picking (instructions vocales), il reconnaît ne pas maîtriser l’outil, mais se montre confiant : « Avec un peu de formation, je peux m’adapter rapidement. »
Il enchaîne avec Randstad, qui recrute des opérateurs de montage et d’assemblage polyvalents. Là encore, il met en avant sa motivation : « Je viens de passer à mes frais une formation CACES 1 et 3 (ndlr : maniement de transpalettes et gerbeurs ainsi que de chariots élévateurs frontaux). Je suis disponible de jour comme de nuit, et même le dimanche. »
Quelques jours après ce job dating sportif, les retombées sont plutôt encourageantes. Cédric a décroché les deux rendez-vous attendus. « Ça s’est bien passé, je n’étais pas le seul, mais j’ai bon espoir. » Au-delà des débouchés immédiats, cette journée lui a permis de reprendre confiance et de se projeter à nouveau dans l’emploi. Il ne lui reste plus qu’à espérer un « happy hand ».
En 2026, 60 opérations « Du stade vers l’emploi » sont programmées en région Auvergne Rhône-Alpes, dont dix dans le département du Rhône.



































Mino
7 mai 2026 à 7 h 23 min
Belle initiative… reste à créer des emploi pérennes pour cette jeunesse qui est l’avenir de la France.