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Culture

Centre d’art Madeleine-Lambert : avec motifs apparents

Jusqu’au 25 février, neuf artistes exposent leur travail sur la thématique du motif avec, en ligne de mire, celles du pouvoir et de l’enfermement.

L’élu à la Culture, Bayrem Braiki, entouré de Xavier Jullien et de quelques-uns des artistes exposés. Au premier plan, l’œuvre de Keen Souhlal

Directeur du centre d’art Madeleine-Lambert, Xavier Jullien propose, depuis le 17 décembre et jusqu’au 25 février, Sur le motif, une exposition qui réunit neuf artistes : Usama Alshaibi, Christian Babou, Amélie Berrodier, Nicolas Daubanes, Safia Hijos, Alessandro Piangiamore, Juliette Rey, Camila Salame et Keen Souhlal.

« Le motif existe déjà dans la préhistoire, précise-t-il, comme ces mains que l’on retrouve plusieurs fois sur les parois des grottes. Il est devenu une marque culturelle, visible par exemple en architecture, et il est alors souvent lié au pouvoir. Le motif s’est ensuite démocratisé avec le papier peint. »

Christian Babou

Autant dire que chacun des artistes a exploré des univers différents, utilisant des matériaux qui le sont tout autant. Les œuvres de deux d’entre eux appartiennent déjà à la collection de la Ville : Alessandro Piangiamore et Christian Babou. « Babou a peint de nombreux dômes et celui qui est exposé ici a été donné à la Ville par la galeriste et collectionneuse Pascale Triol. Piangiamore a été invité ici en 2018, où il avait présenté ce bas-relief qui fait référence à l’art floral japonais. »

Camila Salame

Camila Salame a grandi à Bogota et s’est installée depuis dix ans à Paris. « Elle ressent le mal du pays, commente Xavier Jullien. Pour Florilegio, Botanique d’un paysage émotionnel, elle a recensé les espèces de fleurs qui ne poussaient qu’en Colombie, les a dessinées et agencées en motifs de papier peint. »

La femme dans l’univers domestique

C’est aussi sur du papier peint qu’Amélie Berrodier — une artiste qui fut en résidence à Vénissieux — a représenté Épouses, une série de portraits . « Elle a récupéré des papiers peints des années 50 à 80, vestiges des Trente Glorieuses. Elle regarde surtout de plus près la place de la femme dans l’univers domestique. Nous présentons cinq de ces portraits. Leur format, 50×70 cm, correspond à la nouvelle norme du portrait présidentiel, changée lors du premier mandat de Macron. »

Accrochée au mur (à droite), la série « Épouses » d’Amélie Berrodier

Autre motif et autre univers avec Nicolas Daubanes qui, par des sérigraphies, reconstitue le carrelage de la prison Montluc. Là, rappelle Xavier Jullien, ont été incarcérés des opposants au nazisme avant de devenir une prison de femmes et un lieu d’entraînement militaire, puis un mémorial. « L’artiste s’intéresse à la mémoire résistante, en faisant un relevé très précis du carrelage. Avec Calepinage, il le présente à la verticale. Ce carrelage alterné rouge et blanc a été utilisé à la même époque dans différents bâtiments coloniaux, où le motif a joué – sciemment ou non – comme un marquage : une appropriation de l’espace par une curieuse conquête des sols. »

Nicolas Daubanes devant son œuvre

En recréant en céramique le palmier qui, avec le crocodile, est l’emblème de Nîmes (où elle vit) et en l’accrochant au mur en série, Safia Hijos crée « un étrange papier peint en bas-relief ». Et c’est encore la céramique qu’utilise Keen Souhlal dans ce que Xavier considère comme « une métaphore de l’univers » : des étoiles que l’on peut agencer de différentes manières.

Les « Palmiers » de Safia Hijos

Enfin, une vidéo hypnotique d’Usama Alshaibi, un artiste irakien qui vit aux États-Unis, reproduit des dessins islamiques géométriques, issus d’un livre offert par son père, qu’il a scannés. « Ils sont chargés d’une valeur transcendantale et montrent que la perfection divine passe par la géométrie. »

La vidéo d’Usama Alshaibi

Juliette Rey et ses éléments architecturaux

Le jour de notre passage au centre d’art, Juliette Rey était présente pour mettre en place ses sculptures. Elle a évoqué son travail où le motif vient d’un élément ornemental et architectural.
« J’ai pris par exemple un détail sur une façade, que j’ai extrait et placé au premier plan. Je l’ai reproduit en argile, puis latex et plâtre. »

Cette jeune artiste lyonnaise, sortie de l’école il y a trois ans et demi et qui participe aux ateliers du Grand Large à Gerland, s’est également intéressée à un élément d’une clef de voute du musée du Moyen Âge à Paris. « J’aime que ces motifs soient végétaux, floraux. Ils ont beaucoup de plis, prennent la lumière, paraissent organiques. Je vais les disposer sur un socle, qui est un mobilier muséal de forme standard. Le socle devient lui-même une sculpture et joue avec le sol. »

Juliette Rey

Dans son texte de présentation, Xavier Jullien, directeur du centre d’art, écrit à son propos : « Recherchant l’ornement dans les centres-villes et sur les façades ouvragées, Juliette Rey reproduit et détourne en motif des moulures observées çà et là. Utilisant les techniques du moulage, elle décline ces formes jusqu’à les rendre autonomes. (…) Avec son œuvre En conversation, elle semble même vouloir leur prêter vie et discours, en les disposant en rond de sorcière comme pour un conciliabule. »

Jusqu’au 25 février au centre d’art Madeleine-Lambert (Maison du peuple). Entrée libre.
Tél 04 72 50 89 10 ou 04 72 21 44 98.

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