La ZFE, « pièce d’un puzzle beaucoup plus grand »

Le 3 juin, une réunion publique, organisée à Vénissieux, est revenue sur le renforcement à venir de la ZFE. Elle a permis à Michèle Picard de réaffirmer l’importance de la prise en compte des critères sociaux dans le déploiement de futures aides.

1 800. C’est le nombre de véhicules faisant partie du parc de Vénissieux (pour un total de 30 000) classés Crit’Air 5, ou sont plus anciens que la période concernée par cette catégorie. Ceux-ci ne pourront donc plus circuler dans la ZFE (Zone à faibles émissions) de la Métropole de Lyon, dès 2022. Et ce n’est qu’un début : la majorité métropolitaine souhaite en effet bannir l’ensemble des véhicules Diesel du périmètre central de la ZFE, à horizon 2026.

Une perspective qui inquiète, et qui a incité la municipalité à organiser, le 3 juin, une réunion publique, destinée à répondre aux questions des habitants. Celle-ci a été proposée, en raison des contraintes sanitaires, en ligne — les Vénissians avaient eu l’occasion de faire part de leurs interrogations en amont. Fort logiquement, il a surtout été question de pouvoir d’achat : comment des ménages à faibles revenus, plus souvent propriétaires de véhicules anciens, peuvent-ils envisager de changer de voiture pour un modèle moins polluant ?

« Nous allons mettre en place des aides, qui permettront à des familles d’acheter un véhicule Crit’Air 1 avec un reste à charge de 4 000 euros sur une facture totale de 10 000 euros », a répondu Jean-Charles Kohlaas, vice-président en charge des transports. Le parc automobile de Vénissieux sera en tout cas appelé à évoluer : 4 000 voitures sont classées Crit’Air 4, 8 000 Crit’Air 3 et 10 000 Crit’Air 2. Autant de catégories qui seront petit à petit exclues du périmètre central de la ZFE, lequel reste à définir.

« Les critères sociaux (revenu de l’usager, prise en compte des horaires atypiques comme pour de nombreux intérimaires, possibilité de dérogations de circulation) doivent être intégrés aux réflexions, en amont de la mise en place de la ZFE, a estimé Michèle Picard, maire de Vénissieux. Sans oublier la situation des entreprises et des artisans. Des moyens nécessaires devront donc venir renforcer les mesures d’accompagnement, et les dérogations favorisant l’adhésion des habitants au projet. (…) La ZFE est une pièce d’un puzzle plus grand, à savoir le développement des transports en commun et des modes doux, pour offrir aux habitants des solutions alternatives économiques, et adaptées aux besoins de déplacement. »

Les semaines à venir permettront d’affiner le projet, puisque la concertation débutera, sur ce dossier, en juillet. L’exécutif métropolitain s’en tient à son objectif initial : réduire de moitié la place de la voiture.

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