La longue marche vers l’égalité

Chargée de projets au centre associatif Boris-Vian, Marion Georges, titulaire d’un master 2 de sociologie, s’intéresse depuis longtemps aux questions de genres. Dans le cadre du festival Essenti’Elles, elle vient de participer à l’organisation d’une table ronde qui sera diffusée le 5 mars sur le site et les réseaux sociaux de la Ville.

Victor Hugo avait bien raison de préciser que l’éducation était donnée par la famille, l’instruction due par l’État. Prenons le cas de Marion Georges, chargée de projets au centre associatif Boris-Vian. Originaire de Roanne, elle a passé un bac ES (économique et social) avant de rejoindre l’université Lyon 2 pour un master en sociologie appliquée au développement local avec pour option professionnalisante la question des genres. « Mes deux parents, remarque-t-elle, m’ont éduquée à ces questions d’égalité. Tous deux étaient concernés. Plus tard, je me suis rendu compte qu’en étant femme, il fallait prouver des choses et que l’on n’était pas tout le temps traitée de la même manière que les hommes. Mon éducation m’a invitée à me confronter à ces problèmes d’une certaine manière. »

Marion a non seulement envie de travailler sur le sujet mais de sensibiliser les autres aussi. Elle trouve des stages au lycée Lumière sur les formes d’appropriation spatiale des jeunes et dans une mairie sur les questions d’utilisation des loisirs par la jeunesse. Puis se tourne vers le service civique et postule au CABV (centre associatif Boris-Vian), « pour faire une enquête sur la vie associative vénissiane, sous l’angle de la place des femmes ».

Elle y reste un an avant d’être embauchée par la structure. Elle creuse alors les thématiques qui l’intéressent plus spécifiquement, telle sa participation au projet municipal du festival Essenti’Elles. Elle travaille également au recrutement de jeunes en service civique qui forment le groupe DIRE (Développeurs d’initiatives pour le respect de l’égalité) avec, dans le viseur de l’égalité, celle entre les hommes et les femmes.

« La volonté, reprend Marion, était que ces questions soient transversales à toutes nos actions. Comme l’écriture inclusive, qui rend visibles les femmes, ou le nom des rues. Sur ce sujet, le CABV est intervenu au lycée Hélène-Boucher. La réponse habituelle est qu’il n’existe pas de femmes assez importantes pour donner leur nom à des rues. Là encore, elles sont invisibilisées.

« Aujourd’hui, l’expérience de DIRE est arrivée à son terme, nous n’avions plus les capacités humaines de suivre tous ces jeunes. Mais nous avons monté d’autres gros projets. Cette année, les services civiques vont s’investir dans une thématique particulière, la place des femmes dans le développement durable. Ils aborderont ainsi les variations climatiques, le sort des migrantes… Les études montrent que 100% de ces femmes sont violées, leur corps servant de monnaie d’échange. »

Et, depuis plusieurs années, le CABV travaille en partenariat avec le CCAS (centre communal d’action sociale) sur le sexisme.

Une table ronde sur le sexisme ordinaire

Ce thème du sexisme ordinaire sera d’ailleurs le sujet de la table ronde organisée par les deux entités, qui se tiendra au CABV dans le cadre du festival Essenti’Elles. Elle sera diffusée le 5 mars sur le site et les réseaux sociaux de la Ville.

« La table ronde sera animée par Marie-Christine Chambard, présidente de l’association Femmes contre les intégrismes. Nous aurons comme invitées Marion Ghibaudo, de l’association Filactions, et Pauline Brelivet du CIDFF (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles). La discussion suivra deux axes : le sexisme ordinaire dans la rue et dans le milieu professionnel. Nos intervenantes expliqueront d’où ils viennent, les replaceront dans des contextes historiques et s’interrogeront sur leur permanence. »

Le débat ne pouvant se tenir en public pour raison sanitaire, les trois invitées donneront des ressources supplémentaires sur Internet et accepteront de répondre en aval à des questions posées sur les réseaux sociaux. « La table ronde étant filmée, nous pourrons nous en servir à l’occasion d’ateliers. »

Le confinement et ses conséquences

Puisqu’il vient d’être question de la pandémie, comment Marion l’a-t-elle vécue ? « Le premier confinement total n’a pas été simple à gérer. Nous n’avions pas forcément les outils mis en place pour travailler à distance. Nous avons connu une phase d’apprentissage de l’appropriation de ce fonctionnement. Il a fallu également mettre en route des projets d’urgence. Cette situation nous permet à présent de former à notre tour d’autres personnes à ces outils numériques. D’où notre gros projet actuel, le FRAC numérique, FRAC pour Fonds regroupé d’actions citoyennes. Des entreprises nous ont fait don de matériel numérique que nous allons redonner pour des projets locaux. »

Cela fera 10 ans en avril que Marion est au CABV. Elle s’investit plus que jamais dans les projets, ceux sur le développement durable ou les violences conjugales, qui ont été plus nombreuses pendant le confinement. Mais, depuis tout ce temps, a-t-elle perçu une évolution en ce qui concerne ces questions de sexisme ?

« On constate quelques avancées. Déjà, on en parle plus. Malgré tout, on entend toujours chez les jeunes des discours qui questionnent. Il reste encore du chemin à faire. »

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