Urgences et maladies chroniques : « continuez à consulter ! »

Photos R. Bert Expressions

Les professionnels de la santé sont unanimes. A Vénissieux, depuis le début du confinement, la fréquentation des cabinets médicaux, des urgences des Portes du sud et de la maison médicale de garde a diminué entre 50 et 70 %.

“Hors épidémie nous accueillions environ 130 patients par jour dans notre service d’urgence, actuellement c’est une soixantaine, observe M. Ploton directeur du groupe hospitalier Les Portes du sud. Cette situation peut s’expliquer du fait du confinement :  il y a moins d’accidents donc de traumatologie, mais il n’y a aucune raison pour que les autres pathologies disparaissent. On voit très peu d’AVC (accident vasculaire cérébral) et d’infarctus, par exemple ». La raison ? Par peur de venir à l’hôpital, les malades auraient tendance à minorer les signes d’alerte pour ne pas s’y rendre. « Si bien que, malheureusement, certains malades arrivent tardivement et dans un état très grave.”

« Retournez dans les cabinets médicaux »

Même constat dans les cabinets médicaux de ville. « Hors Covid-19, notre activités a été divisée par trois à Vénissieux, explique le Dr Dureau. Nos patients redoutent une contamination. Ils ont déjà très peur d’aller dans la rue, alors dans un établissement de santé… Pourtant, dans tous les établissements et cabinets médicaux, des circuits ‘Covid’ et ‘Non-Covid’ ont été mis en place ». Certes, les téléconsultations fonctionnent bien. « Mais l’examen clinique est important, il faut reprendre le chemin des cabinets médicaux de ville et des urgences », insiste le praticien. À la maison médicale de garde où des médecins généralistes se relaient le soir et les week-end les consultations sont passées de 50 patients par garde en février à une vingtaine actuellement.

Les professionnels de santé le reconnaissent, le confinement permet une diminution des pathologies aigues comme les gastros, les rhinopharyngites… Mais les maladies chroniques sont insuffisamment prises en charge. Trop de patients qui doivent voir leur médecin dans le cadre d’un suivi régulier ne le font pas, se contentant du renouvellement de leur traitement par le pharmacien. Les médecins s’inquiètent, car les pathologies continuent d’évoluer et peuvent se compliquer gravement. « Ce qui n’était pas urgent il y a quelques semaines l’est peut-être aujourd’hui. Il faut venir consulter ». L’épidémie actuelle risque de créer une autre crise sanitaire.


BON À SAVOIR

  • Tous les accouchements ont lieu normalement aux Portes du sud : le papa est écarté de la salle d’accouchement mais peut venir voir son enfant et la maman pendant l’hospitalisation. Toutes les autres visites restent interdites.
  • Suite à un décret publié le 13 mars, toutes les interventions non urgentes ont été déprogrammées. La chirurgie est pratiquée uniquement en cas d’urgence.
  • Petit signe de reprise : la réouverture petit à petit des consultations hors Covid en pneumologie, dont les spécialistes ont eu fort à faire durant l’épidémie, ou encore l’addictologie.

Nos interlocuteurs ont été agréablement surpris par le vaste élan de solidarité dont ils ont bénéficié, notamment aux Portes du sud : « on nous apporté des  gâteaux, des masques, des sur-blouses, des gants, des visières », raconte M. Ploton. Il remercie également tous les salariés, du médecin à l’ASH, « qui n’ont jamais baissé les bras, et continuent à se mobiliser ».

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