Orientations budgétaires 2019 : la prudence est de mise

En 2019, dans la lignée des années précédentes, la Ville n’entend pas relâcher ses efforts de maîtrise budgétaire. Plus qu’un choix, une obligation au regard des contraintes imposées par l’État.

La nouvelle cuisine centrale, qui sera livrée en février, sera l’un des principaux investissements de l’exercice 2019. Sur l’ensemble du mandat 2015-2020, Vénissieux aura investi 75 millions d’euros.

L’actualité nationale est venue bousculer le dernier conseil municipal de l’année 2018. Avant d’examiner, ce lundi 18 décembre, les 35 rapports à l’ordre du jour, les élus vénissians ont d’abord observé une minute de silence en mémoire des victimes de l’attentat de Strasbourg. « Ne nous résignons pas et refusons de céder à la terreur, a déclaré le maire, Michèle Picard. Il nous faut rester solidaires pour défendre notre vivre ensemble. »

Puis, pendant plus de vingt minutes, c’est l’évocation de la crise des gilets jaunes qui a occupé l’assemblée. Le débat aurait pu être plus long si « une erreur technique » n’avait privé une partie des groupes politiques du mail, envoyé trois jours plus tôt, les invitant à s’exprimer sur la situation inédite qui secoue la France. Djil Ben Mabrouk (sans étiquette) et les élus de la France insoumise, deux composantes de la majorité municipale, n’ont ainsi pas pu préparer d’intervention.

Mais comme d’ordinaire à cette époque de l’année, c’est le débat d’orientations budgétaires pour l’année à venir qui constituait le morceau de choix. Les prises de parole ont été précédées d’une longue présentation assurée par l’adjoint aux finances, Bayrem Braïki. Il en ressort notamment que le niveau d’endettement a continué de baisser en 2018. Le taux moyen de la dette atteint 2,18 %, contre 2,69 % en moyenne pour les communes de plus de 50 000 habitants.

Les efforts engagés ces dernières années pour maîtriser les dépenses de fonctionnement ne vont pas se relâcher pour autant. La Ville a l’intention, en 2019, de limiter à 1,46 % l’évolution des dépenses de personnel. Et de maintenir à leur niveau les charges à caractère général, ainsi que les participations aux régies municipales. Stabilité également pour les subventions aux associations, après deux années consécutives de baisse.

Réforme de la fiscalité locale

Des orientations toujours très prudentes donc, dans la lignée des années précédentes. Pas étonnant quand on sait que l’État impose désormais aux grandes collectivités locales une contractualisation des dépenses de fonctionnement. Pour Vénissieux, le plafond annuel de progression a été fixé à 1,46 %. Plafond qu’il est interdit de dépasser sous peine de malus. « À travers cette contractualisation, c’est le principe de libre administration des collectivités locales qui est gravement remis en question, a dénoncé Michèle Picard. Politiquement je m’y oppose, mais croire que l’on aurait pu ne pas la signer, c’est nier la réalité. Les sanctions pour notre ville se seraient élevées à 1,5 million d’euros pour la période 2019-2021. Cela aurait été catastrophique. »

La prudence est d’autant plus de mise que plusieurs incertitudes demeurent sur l’évolution des recettes, en particulier des dotations de l’État. Une refonte de la fiscalité locale sera en effet examinée par le Parlement lors du premier trimestre 2019. Quant à l’exonération de la taxe d’habitation, si elle a été intégralement compensée en 2018, rien n’assure que ce sera le cas dans les années qui viennent.

Ils ont dit

Dans la majorité municipale, seul le groupe communiste, par la voix de son président, Pierre-Alain Millet, est intervenu pour commenter ces orientations 2019. « On ne peut parler d’orientation budgétaire sans s’inscrire dans le contexte économique et social de la France, a-t-il observé. Il faut espérer que la fronde des maires qui s’exprime de plus en plus fortement converge avec les luttes sociales afin de remettre en cause ces politiques en faveur des riches. En attendant, à nous de défendre notre commune et ses projets. Et pour cela, nous soutenons une gestion rigoureuse, sérieuse, qui préserve jusqu’à aujourd’hui les capacités d’action de notre ville. »

Dans l’opposition, Lotfi Ben Khelifa, du groupe des élus socialistes et républicains, a fustigé le discours qui tend à faire porter à l’État toutes les responsabilités. « Les dotations seraient en constante baisse et vous ne pourriez rien faire contre ce vol. Or je constate à la lecture du rapport que la plupart des concours financiers de l’État sont stables, voire en augmentation. C’est vous qui l’écrivez ! », a-t-il lancé à l’adresse de la majorité.

Pour le groupe centriste UDI, Maurice Iacovella s’est inquiété des capacités d’investissement de la Ville. « Votre objectif d’investir 75 millions d’euros sur le mandat en six ans est sous-évalué. À la fin 2018, la Ville aura déjà investi 67,6 millions. Le reliquat de 7,4 millions sur deux ans ne permettra pas de maintenir les équipements de la ville à flot. »

Enfin, Christophe Girard (divers droite) a dénoncé le niveau trop élevé des dépenses de personnel, « qui représentent 68 % de l’ensemble des dépenses de fonctionnement ». Ainsi que la décision d’augmenter les tarifs des services municipaux de 2 %, « ce qui revient, a-t-il estimé, à une hausse déguisée des impôts pour les Vénissians ».

Les Verts quittent la séance

Juste avant l’ouverture du conseil, les élus du groupe EELV, Sandrine Perrier, Georges Bottex et Gilles Roustan, membres de la majorité municipale, ont quitté la séance. En distribuant aux journalistes présents une déclaration expliquant leur geste : « L’engagement que nous avons pris en 2014, renouvelé en 2015, était celui de travailler ensemble. Or, malgré notre persévérance et notre loyauté, nous nous heurtons à des problèmes de gouvernance qui entravent notre pouvoir d’agir et vident de sens nos mandats respectifs. » Les trois élus Verts demandent « l’ouverture de débats de fond dans le respect des différentes composantes de la majorité ».

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