Culture et Politique de la ville : après 40 ans, 40 propositions

Les 13 et 14 novembre derniers, plusieurs ateliers-rencontres ont été initiés par le Commissariat général à l’égalité des territoires (Cget) et la Métropole sur les quarante ans de relations entre la culture et la Politique de la ville. Ils se sont installés dans les communes de l’agglomération. À Vénissieux, une trentaine de personnes se sont retrouvées à l’école de musique Jean-Wiener, autour du thème “Quels sont les atouts et les limites de l’implantation d’équipements culturels au sein des quartiers de la politique de la ville en renouvellement urbain ?” Quatre propositions ont été retenues sur les treize énoncées : mettre en place des cartes blanches aux habitants, développer des équipements culturels éphémères, inventer une gouvernance mixte dans les équipements culturels, faire évoluer les espaces publics vers des espaces modulables.

À l’issue de ces deux journées, quarante propositions ont donc été avancées, qui mettaient en avant l’humain, comme l’ont remarqué malicieusement les deux slameurs de la Tribut du verbe, Cocteau Mot Lotov et Mix Ô Ma Prose. Ils énumérèrent ainsi rapidement “les besoins humains à l’origine des projets de territoire, l’humain au centre des actions et des dispositifs, le droit d’accès de tous à la maîtrise de la langue, encourager les projets QPV (quartiers prioritaires de la ville) et hors QPV, donner des cartes blanches dans les saisons culturelles, valoriser le volet humain des projets…”

Curieusement, et cela fut remarqué lors de la clôture des débats par de nombreux participants, le grand absent de ces rencontres fut le ministère de la Culture.

 

Vice-présidente de la Métropole déléguée à la culture, Myriam Picot rappelait que ces rencontres étaient un événement national. “Nous ne pouvons construire seuls. Nous allons signer avec des communes de la Métropole une déclaration de coopération culturelle et rapprocher des publics huit événements et équipements : les Archives départementales, les Biennales d’art contemporain et de la danse, le festival Lumière, les Journées du Patrimoine, le musée des Confluences, les Nuits de Fourvière et le Lugdunum musée.”

Pour parler des 40 ans de politique de la ville, Pascal Mailhos, préfet de la région Auvergne Rhône-Alpes et préfet du Rhône, se base sur “l’association S.O.S. Minguettes, à l’initiative de la marche pour l’égalité, plus connue sous le nom de marche des Beurs. Le Rhône a été un territoire d’expérimentation, en multipliant des initiatives sur le sport, l’emploi et la culture dans les quartiers. La culture représente 10% des programmations financières de la politique de la ville. Il faut à présent continuer de valoriser les expressions culturelles urbaines et inscrire l’art et la culture au cœur du renouvellement de la ville et de ses territoires. Cette charte sur la culture est une innovation. J’aime citer cette phrase de Malraux : la culture donne aux hommes la grandeur qu’ils ignorent en eux. Au moment où la tentation du déterminisme et du repli sur soi est forte, l’ambition que nous portons collectivement est une traduction des valeurs républicaines.”

Une déclaration de coopération culturelle métropolitaine fut ensuite signée entre l’État, la Métropole et les maires de Bron, Décines-Charpieu, Feyzin, Fontaines-sur-Saône, Givors, Grigny, Lyon, Meyzieu, La Mulatière, Neuville-sur-Saône, Oullins, Pierre-Bénite, Rillieux-la-Pape, Saint-Fons, Saint-Genis-Laval, Saint-Priest, Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Vernaison, Villeurbanne, et le SYNALIM Grand parc de Miribel-Jonage. Puis avec les représentants des huit événements et équipements.

Lesquels, gérés ou financés principalement par la Métropole, “s’engagent à mener, via la convention métropolitaine de coopération culturelle, des actions avec les villes concernées. Chacun d’entre eux est invité à concevoir, en lien avec des projets culturels définis par les territoires, des actions spécifiques en direction des habitants des quartiers de la politique de la ville”.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *