Conseil de quartier du Centre : circulation et squats, tracas quotidiens

Comme en 2016, le conseil de quartier du Centre, présidé par Amina Ahamada-Madi, a donné le coup d’envoi des assemblées générales d’automne. Si la promotion immobilière avait été au cœur des débats l’an dernier, ce sont les problèmes de circulation qui ont cette fois alimenté une bonne part des échanges entre habitants et élus.

L’avenue Jean-Jaurès et la rue Victor-Hugo ont notamment été signalées comme des voies où les chauffards sévissent. Un habitant regrettait que sa proposition d’installer un dos-d’âne n’ait pas été suivie d’effet. Un autre suggérait avec ironie d’installer des panneaux indiquant « Circuit automobile de Vénissieux ». En creux, ces interventions laissaient à penser que les autorités ne font rien pour lutter contre les incivilités routières.

4000 PV

Michèle Picard est intervenue pour dissiper cette impression. L’élue a indiqué que 4 000 PV avaient été dressés sur le quartier, toutes infractions confondues, dont 2 700 entre mai 2016 et octobre 2017, grâce à la vidéo-verbalisation. Les caméras ont permis de sanctionner 448 infractions aux règles de conduite et de circulation, et 2 285 aux règles de stationnement. « Sans oublier les radars pédagogiques que nous installons et les contrôles de vitesses sur la chaussée, ajoutait le maire. On ne laisse pas le champ libre. Nous actionnons tous les leviers possibles. Mais c’est d’abord une question de comportement individuel. Nous sommes tous citoyens. On ne le répétera jamais assez. »

Or les citoyens ont parfois des attitudes contradictoires. « Des parents d’élèves de l’école Flora-Tristan, par ailleurs très soucieux de la sécurité de leurs enfants, ce qui est tout à fait normal, sont venus se plaindre d’être verbalisés pour stationnement non réglementaire, révélait Michèle Picard. Mais une voiture mal garée, un enfant qui débouche, et c’est l’accident. Il faut être cohérent. »
Ce propos trouvait une illustration immédiate quand un habitant, le même qui pointait la vitesse excessive rue Victor-Hugo, déclarait son incompréhension face aux PV de 135 euros pour stationnement gênant les jours de marché !

Les transports en commun, la qualité insuffisante de la connexion internet, et les squats dans le parc Dupic ou aux abords du supermarché Casino (lire focus plus bas) auront été les autres points abordés lors de cette assemblée générale.

Les « wagons à bestiaux » du T4

« Il n’y a jamais de place dans le tram T4, on a l’impression d’être dans des wagons à bestiaux », se plaignait un usager, qui réside à Vénissieux depuis deux ans. « C’est vrai que le tram est souvent bondé, répondait Pierre-Alain Millet, adjoint au maire, lui-même utilisateur régulier du T4. Le Sytral a amélioré la fréquence de la ligne et doit installer en 2018 des rames plus longues (qui augmenteront la capacité de 30 %, ndlr). Mais nous devons rester vigilants. » Et la première adjointe, Yolande Peytavin, de déplorer : « Les besoins en transports en commun augmentent, mais les investissements sont en baisse. Vénissieux, la 3e ville de l’agglomération, n’a malheureusement plus d’élu au Sytral pour dénoncer cette situation. La nouvelle majorité de la Métropole n’a pas voulu de nous ! »

Concernant l’accès à internet, plus précisément la lenteur de la mise en place de la fibre optique, les élus ont concédé qu’il leur était difficile d’apporter des précisions. « La Métropole a confié cette responsabilité à des opérateurs privés, Orange et SFR. Or il est très difficile d’avoir un planning à jour, ils sont avares d’information. »

L’occasion pour Henri Thivillier, ancien adjoint au maire, aujourd’hui délégué de quartier du Centre, de lancer un appel aux habitants à s’investir davantage dans la vie du conseil de quartier : « Ensemble nous pouvons peser, nous pouvons booster les choses et faire avancer des dossiers. Rejoignez-nous ! »

 

FOCUS

« On ne peut pas empêcher quelqu’un d’occuper l’espace public ! »

Dominique Barzasi, déléguée du Centre, l’avait souligné d’emblée, au moment du bilan de l’action du conseil sur l’année écoulée : « La situation ne s’est pas améliorée dans le parc Dupic. Nous avons toujours autant de problèmes de squats. » Pas seulement dans le parc, également aux abords du supermarché Casino, comme devait le préciser peu après une intervenante.
Consommation d’alcool, dépôts sauvages de bouteilles et autres détritus, agressions verbales, souvent en direction des femmes. Les habitants en ont assez !
Mais les pouvoirs publics sont pour l’heure impuissants à agir. Le maire, Michèle Picard, n’a pas caché que c’était un véritable casse-tête. « Lors du Grand Rendez-Vous, nous avons tenu une conférence sécurité avec les hauts responsables de la justice et de la police dans le département, rappelait-elle. Le procureur de la République lui-même a indiqué qu’il ne pouvait pas intervenir sans infraction évidente. Si un délit est constaté, oui ; sinon, on ne peut rien faire. Nous sommes dans un état de droit et on ne peut pas empêcher quelqu’un d’occuper l’espace public ! »
Malgré les rondes fréquentes de la police nationale et de la police municipale, ces infractions sont difficiles à établir. « Nous continuons à réfléchir sur les réponses à apporter, a indiqué le maire. Nous avons même envisagé de fermer le parc la nuit, mais cela coûterait très cher et ne garantit pas la tranquillité durant la journée. »
Dominique Barzasi a suggéré une piste : « Les femmes ne doivent pas hésiter à porter plainte pour agression verbale ou harcèlement. Si on ne fait rien, la police ne pourra rien faire. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *