La plateforme de transport combiné va monter en puissance

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Située en limite du quartier Max-Barel, le long du chemin du Charbonnier, la plateforme de transport combiné de Vénissieux/Saint-Priest est un des poumons de la logistique dans l’agglomération lyonnaise. Chaque jour, quelque 400 camions y entrent et en sortent pour charger et décharger des containers qui voyagent sur les trains de fret. Le site, exigu, arrive à saturation. Pour répondre à la demande croissante des chargeurs pour le transport combiné, le propriétaire, SNCF Réseau, et l’exploitant, Naviland Cargo, ont décidé d’en augmenter la capacité, qui passerait de cinq à sept trains quotidiens en aller-retour d’ici à 2018.

Ce projet de réaménagement, qui s’inscrit dans le contrat de plan État-Région, est sur les rails. « Un tour de table aura lieu au second semestre 2016 pour boucler les financements », précise Pascal Ghesquières, responsable de l’unité territoriale fret SNCF Réseau. Dès le mois d’avril, une étude sera lancée pour préparer le déplacement de l’entrée de la plateforme, du chemin du Charbonnier (en zone résidentielle) vers la rue du Beaujolais (plus éloignée des habitations). Car il s’agit aussi, promettent les porteurs du projet, « de réduire les nuisances sonores » liées au passage des camions qui empoisonnent la vie du quartier depuis des décennies. « Nous voulons conjuguer nécessité économique et respect des riverains« , assure Pascal Ghesquières.

Sauf que lesdits riverains ont quelques raisons d’être méfiants. Depuis presque quinze ans, ils attendent, en vain, que le trafic baisse. On le leur avait pourtant promis. C’était en 2002. Le Grand Lyon avait mis la main à la poche pour aménager, sur la rue du Beaujolais, un nouvel accès à la plateforme. Les Villes de Saint-Priest et Vénissieux avaient organisé quelques mois plus tard un conseil municipal extraordinaire commun, sous chapiteau, pour réaffirmer ces exigences auprès du propriétaire et de l’exploitant du site.

Mais les engagements n’ont pas été tenus. Ou seulement à moitié. Les aménagements internes qui auraient permis une réelle amélioration n’ont pas été réalisés. Encore aujourd’hui, les camions sortent par la rue du Beaujolais mais continuent d’entrer par le chemin du charbonnier. Et bien plus nombreux qu’auparavant, la plateforme ayant vu son activité considérablement augmenter ces quinze dernières années.

Activité nocturne

Et voilà que Naviland Cargo et la SNCF Réseau présentent ce nouveau plan de développement, certes assorti d’une promesse de réduction des nuisances, mais qui prévoit quand même plus de trains et une plus grande amplitude horaire d’exploitation : jusqu’à 3 heures du matin en semaine au lieu 20 heures.

Enrico Réa, président de l’association Halte aux bruits et à la vitesse, fer de lance du combat des riverains, s’est étranglé en découvrant ces annonces. « Il y a quinze ans que les camions devraient emprunter cet unique accès au site. Et on ose nous présenter ça comme une avancée ! Nous sommes évidemment favorables à la disparition du trafic poids lourds sur le chemin du Charbonnier, c’est ce que nous demandons depuis toujours. Mais pas au prix d’une augmentation de l’activité. Nous ne pouvons pas l’accepter. On continue à nous mener en bateau. »

SNCF Réseau et Naviland Cargo affirment au contraire que les habitants retrouveront une vraie qualité de vie en 2018. « Dès le mois prochain, la voie interne de circulation sera élargie à son point le plus étroit de façon à permettre le croisement des camions, annonce Pascal Ghesquières. Cela entraînera une baisse de 10 % du nombre de poids lourds sur le chemin du Charbonnier. Différentes phases de travaux sont ensuite prévues pour déplacer l’intégralité du flux d’entrée vers la rue du Beaujolais. Par ailleurs, nous allons installer des portiques électriques, en remplacement des camions-grues diesel, pour réduire les nuisances sonores lors de la manutention des containers. »

Pas sûr que cela suffise à convaincre les riverains.

 

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