Sculpture à la tronçonneuse dans le parc Louis-Dupic

Sculpture arbre 278

Ambiance : promenez-vous à la nuit tombée dans le parc Louis-Dupic. Vous risquez alors — non, vous ne rêvez pas — d’être plongé dans un décor digne du « Seigneur des anneaux » ou de « Game of Thrones ». Deux géants goguenards vous regarderont de leurs yeux fixes, le rire aux lèvres. Sculptés à la tronçonneuse dans le tronc d’un frêne raboté par les services municipaux, ils sont l’œuvre de Patrice Lesage.
Grimpeur-élagueur de formation, ce dernier s’est spécialisé dans la sculpture à la tronçonneuse et il parcourt, sept-huit mois par an, la France et l’Europe pour réaliser ses œuvres d’art. « Le métier de sculpteur a pris le dessus, commente-t-il. Quand le service espaces verts de la Ville de Vénissieux m’a contacté pour m’occuper de ce frêne, j’ai demandé qu’on m’envoie des photos sous tous les angles. J’ai ainsi pu constater la présence d’une barre de fer et du creux. Je ne pouvais pas me servir de l’intérieur, uniquement de l’extérieur. J’ai eu l’idée des visages. Je me suis inspiré de la forme du bois, de la présence d’un trou qui allait symboliser un œil. »

Il reconnaît que « la sculpture à la tronçonneuse est spéciale ». Car, si l’utilisation de la vitesse de l’outil est agréable, il faut savoir où l’on va. « Il faut travailler le mental avant et préparer son sujet. »
Depuis 23 ans qu’il pratique le métier, Patrice Lesage connaît bien toutes les différentes essences, du tilleul aux hêtres et aux chênes. Le frêne est, reconnaît-il, « un bois très raide ». Quelle va être à présent la durée de vie d’une telle sculpture ? Patrice ne s’en fait pas trop : « Il y a trois ans, à Aix-les-Bains, j’ai sculpté un cèdre du Liban, un travail qui peut durer 150 ans. L’idée de ces visages est que, même si le bois vieillit, ils vont rester longtemps. L’effet du creux va servir l’ensemble. Cela ne peut qu’être bonifié par le temps ! »

Patrice œuvre sans contrainte et avec beaucoup de passion, créant tout le temps sans jamais reproduire. Il a déjà sculpté la glace et est le seul en France et en Europe à avoir travaillé la pierre à la tronçonneuse.
C’est lors d’un concours de bûcheron qu’il découvre la sculpture. « Il y avait une épreuve de précision. Je ne savais même pas que ça existait. La première fois, je suis arrivé 6e sur 25 et j’étais bien content. J’avais reproduit une hache plantée dans un tabouret. Quinze jours après, j’ai été classé deuxième, avec une bûche posée sur un tréteau, surmontée d’une scie. Et, à partir de la troisième fois, j’ai toujours été premier. J’ai vite commencé des animations qui me font voyager un peu partout en Europe. J’ai même participé aux championnats d’Europe en 2008 et je suis formateur depuis 2011. »

www.lesagepatrice.fr

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