Conseil de quartier Léo-Lagrange : les squats, problème insoluble ?

Une assistance clairsemée (moins d’une trentaine de personnes), mais des débats très fournis. L’assemblée générale du conseil de quartier Léo-Lagrange, présidé par Jeff Ariagno, aura été animée de bout en bout. D’emblée, une habitante de la résidence pour personnes âgées Ludovic-Bonin a posé ce qui s’imposera comme le thème de la soirée : la gestion des squats. “On ne peut même plus s’installer dans le square derrière chez nous, dénonçait-elle. Toute la journée il est occupé par un groupe d’hommes qui fume et boit. Avant on les trouvait sous Vénissy, maintenant ils sont ici. Ils ne sont pas méchants, mais c’est pénible, on ne peut même plus profiter du square. Ils se le sont accaparé.”
La question a ressurgi un peu plus tard, à l’évocation de travaux dans une résidence Alliade de la rue Maxime-Gorki. Le chantier d’installation de nouveaux ascenseurs a pris du retard et les locataires sont condamnés aux escaliers depuis huit semaines. Mais ce qui les embête encore davantage, ce sont ces squatteurs (mineurs) qui salissent les allées et les escaliers et leur rendent la vie pénible. Le bailleur a activé son dispositif sécurité “Zeus”, la police municipale et la police nationale se sont également saisi du problème. Patrouilles, rappels à l’ordre, convocations au commissariat, information des parents, amendes… Pour l’instant, rien n’y a fait.
Tant pour le square Ludovic-Bonin que pour les allées de la rue Gorki, le maire, Michèle Picard, est convenu que “ce genre de situation demande beaucoup de temps et d’énergie. C’est vrai, on a du mal à résoudre ces problématiques, alors que par ailleurs les chiffres de la délinquance sont en baisse régulière sur Vénissieux. Concernant les véhicules incendiés par exemple, c’est moins 60 % en trois ans. Mais nous butons sur les squats, ainsi que sur la persistance des trafics. C’est d’ailleurs pour ces deux problématiques que les Minguettes viennent d’être classées Zone de sécurité prioritaire (ZSP). Maintenant, j’attends de ce dispositif des moyens concrets, notamment humains. Pour résoudre ces situations, il faut recommencer sans cesse, ne rien lâcher, être constant. Nous nous y attelons.”
À plusieurs reprises, des habitants sont également intervenus pour dénoncer “le mauvais état des trottoirs”, en particulier rue Léo-Lagrange. Comme à chaque fois que cette question est abordée en assemblée générale, Pierre-Alain Millet, adjoint au maire en charge du cadre de vie, a rappelé le programme exceptionnel de 600 000 euros par an, de 2008 à 2014, mis en place à Vénissieux par le Grand Lyon. “Néanmoins, a-t-il précisé, ce n’est pas encore suffisant pour répondre aux besoins. Cela représente à peine 40 rues sur l’ensemble du programme. On est loin du compte.”
En attendant d’obtenir des moyens supplémentaires – Michèle Picard a lancé l’idée d’une nouvelle campagne de pétitions adressées au Grand Lyon, comme les conseils de quartier l’avaient fait en 2006 et 2007 – Pierre-Alain Millet a suggéré d’organiser une visite de terrain pour définir collectivement des priorités : “Trois rues doivent être traitées dans le quartier (Debussy, Gorki et Ravel) ; si vous estimez que la rue Léo-Lagrange relève de l’urgence, on peut en discuter et faire remonter cette demande au Grand Lyon.”
L’adjoint au cadre de vie et à l’environnement a par ailleurs livré un petit scoop. Répondant aux interrogations d’une habitante sur la qualité de l’air, il a révélé que le miel produit à Vénissieux par l’association Naturama “contient a priori peu de polluants”. Rappelons que cinq ruches ont été installées au printemps dernier, le long du boulevard du docteur Coblod, en vue de rechercher dans le miel d’éventuelles traces de polluants (pesticides, métaux lourds…). Les résultats complets ne seront communiqués que le 24 janvier prochain. Mais on sait déjà qu’ils sont rassurants.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *