Les arrêtés anti-expulsions au tribunal le 27 avril

Sans surprise, le préfet a décidé de porter devant le tribunal administratif les arrêtés contre les expulsions locatives, pris le 15 mars dernier par le maire de Vénissieux, Michèle Picard, et ses homologues de Vaulx-en-Velin et Pierre-Bénite. L’audience aura lieu le 27 avril à 14 heures.
Le préfet du Rhône conteste la légalité de ces arrêtés. Depuis 15 ans, c’est le cas chaque printemps. Bien qu’ils n’aient pas encore été retoqués par le tribunal administratif, le préfet est passé outre ces arrêtés et cette semaine, une famille a été expulsée de son domicile, boulevard Lénine. “Nous avons été prévenus tardivement, commente Jean Mollard, du Réseau d’alerte et de solidarité des Vénissians. Lorsque nous sommes arrivés, il était trop tard, les camions avaient été chargés… Il y a là une belle contradiction de la part du préfet. D’un côté, il accorde le concours de la force publique pour expulser une famille. De l’autre, il donne à ces gens un dossier Dalo (Droit au logement opposable) pour leur relogement. On marche sur la tête…”
Le Réseau, créé en 1997 afin d’apporter un soutien aux familles en difficulté dans le paiement des loyers, a par ailleurs profité de la période électorale pour interpeller les candidats de gauche sur la question du logement. “Les difficultés des familles ont des causes, expliquent les membres du Réseau. Chômage, précarité, vie chère, petites retraites, petits salaires, accidents de la vie, casse des services publics, régression sociale… la liste est longue. (…) L’expulsion locative, c’est une atteinte à la dignité, un traumatisme profond pour les enfants que nul ne peut mesurer. Nous ne voulons plus de cette situation. Nous voulons une loi qui interdise les saisies, les expulsions locatives pour dette de loyer, et permette le relogement lorsque le maintien dans les lieux n’est plus possible.”
Pour ces militants, il y a urgence. “Le Réseau a maintenant une quinzaine d’années d’existence, reprend un autre de ses membres, Marc Cristian. Nous avons constaté un certain changement dans le “type” de familles confrontées à des difficultés de paiement des loyers. Les premières années, il s’agissait surtout de personnes esseulées, sans travail. Aujourd’hui, on ne peut plus dégager de généralités : nous sommes appelés par des familles (parfois les deux parents gagnent le SMIC voire un peu plus !), des retraités, des jeunes… La pauvreté touche toutes les couches de la population.” “Lesquelles sont obligées de faire des choix, poursuit Andrée Loscos, adjointe au maire. D’abord, payer à manger aux enfants, puis leurs soins, au détriment de la culture, du sport, des loisirs et la santé des adultes. Aujourd’hui, ces familles subissent le quotidien. C’est pourquoi il faut réfléchir au problème du logement de manière globale. Et proposer des solutions qui permettent de tirer le niveau de vie vers le haut.”

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