Arkema Saint-Fons : les salariés affichent leur détermination

Soutenus par des collègues de Veninov, Bluestar Silicones et Rhodia, ainsi que par le député André Gerin et le maire de Vénissieux, Michèle Picard, les salariés d’Arkema Saint-Fons ont montré ce midi, lors d’un casse-croûte revendicatif devant les grilles de l’usine, leur volonté de ne rien lâcher. En grève depuis mercredi, ils exigent l’annulation du projet de cession du pôle vinylique d’Arkema au groupe suisse Klesch. Dans l’après-midi, une rencontre devait avoir lieu avec Otto Takken, désigné comme leur futur PDG.
La CGT n’attendait pas de miracle de cette entrevue avec Otto Takken. Le syndicat a d’ores et déjà annoncé que la grève sera levée ce soir, mais pour être réactivée dès dimanche en soirée, afin de favoriser la mobilisation lundi prochain à Paris, à l’occasion du Comité central d’entreprise (CCE). Pour l’heure, l’usine de Saint-Fons qui emploie 280 personnes est quasiment à l’arrêt. Le mouvement est également bien suivi dans les autres sites du pôle vinylique à Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence), Lavera et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).
Le rassemblement organisé à la mi-journée devant l’usine attestait du niveau de mobilisation et d’inquiétude chez les salariés. “Le profil du repreneur, le groupe suisse Klesch, n’est pas pour nous rassurer, soulignait Didier Chaix, délégué CGT. On se souvient qu’il avait racheté les chaussures Myrys, ça s’est terminé par 180 licenciements. Pour nous, l’avenir est au sein d’Arkema et pas ailleurs. La direction prétexte notre manque de rentabilité pour expliquer la cession, mais il n’y a pratiquement pas eu d’investissement ces dernières années dans le pôle vinylique. Vous connaissez le dicton : “Quand on veut tuer son chien on l’accuse d’avoir la rage”. La situation que nous traversons, elle a été construite.”
Les salariés sont d’autant plus remontés que la cession d’Arkema à Klesch s’accompagne d’une perte de 470 millions d’euros, dont 100 millions de trésorerie – le reste est composé de stocks et d’actifs (les terrains, le matériel…). “On a peur que ce chèque de 100 millions soit donné à Klesch pour financer un plan social qu’Arkema ne veut pas mettre en œuvre en son nom”, précise Didier Chaix.
Le député André Gerin, juché sur un muret, a encouragé les grévistes à poursuivre leur lutte. “Vous ne menez pas seulement une bataille pour votre usine, leur a-t-il lancé, vous vous battez pour sauvegarder le made in France industriel, Tous les jours on casse l’avenir de notre pays, c’est insupportable.”

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