Simply Market : grève et pétition contre le rachat par Lidl

Les salariés du magasin Simply Market ont opportunément choisi le mercredi, jour de marché au centre-ville, pour observer une grève de 24 heures. Placés dès 8 heures devant l’entrée, sous une banderole dénonçant la vente programmée au hard discounter Lidl, ils ont recueilli des dizaines de signatures de clients et badauds qui les soutiennent dans leur action. À l’image de Camille-Marie Meyras, 82 ans : “À mon âge, je me vois mal prendre le bus pour aller chez Carrefour. J’ai besoin d’un magasin de proximité où je trouve des produits de qualité. Or je connais les Lidl, le choix y est très restreint. Cela ne me convient pas du tout.”
Le maire, Michèle Picard, et son adjoint à l’économie, Bayrem Braïki, sont également venus soutenir les grévistes. “Ce n’est pas parce que nous sommes dans une ville où une part importante de la population est touchée par la précarité que nous n’avons pas le droit d’avoir de la qualité, a souligné la première magistrate. Les Vénissians ne sont pas des citoyens de seconde zone. En tant que maire, je n’ai pas le pouvoir d’imposer quoi que ce soit à Simply Market, mais je demande au moins que l’on travaille en partenariat. J’ai demandé à rencontrer la direction mais pour l’instant je n’ai reçu aucune réponse.”
Fermée à un dialogue avec la municipalité, Simply Market l’est tout autant avec la presse. Bertrand Chambion, le directeur du magasin, s’est refusé à tout commentaire.
Sur la quinzaine de personnes employées dans le magasin, une dizaine étaient en grève, sous la bannière de la CFDT. L’emploi est au cœur de leurs préoccupations. Seuls les salariés travaillant en contrat à durée indéterminée (CDI) seraient en effet conservés par Lidl. Et sans aucune certitude pour l’avenir. “Après un délai légal de 15 mois, Lidl aura les mains libres, précise Serge Garin, délégué CFDT. Et puis la perspective de travailler pour cette enseigne ne rassure pas le personnel. Tout le monde sait dans le milieu de la grande distribution que les conditions de travail y sont très difficiles et le turn-over très élevé.”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *