Réseau de chauffage urbain : 40 % de chaleur bois dès le 1er novembre

Comme prévu, les deux nouvelles chaudières bois de la SECV vont tourner à plein régime dès les premiers froids. Elles couvriront 40 % des besoins du réseau. Prochaine étape : la construction d’une chaufferie gaz. C’est la dernière saison que l’on consomme du combustible haute viscosité (CHV).
Les deux énormes chaudières Weiss, d’une puissance de 6 MW chacune, sont en train de monter en puissance. Dès le 1er novembre, elles fourniront 40 % des besoins du réseau de chaleur urbain de Vénissieux, qui alimente en chauffage et en eau chaude plus de 10 000 clients (logements, établissements scolaires et de santé, équipements de sports, de loisirs et de culture). Et si d’aventure la production était inférieure, les abonnés ne seront pas pénalisés. Conformément au contrat qui lie la Ville (propriétaire des installations) à la SECV-Dalkia (chargée de l’exploitation), ces 40 % sont dus  même s’ils ne sont pas effectivement produits.
Mais personne n’imagine de nouveaux problèmes techniques. La chaufferie des Minguettes a déjà beaucoup donné en la matière ! Rappelons que les deux premières chaudières bois, de marque Vulcano-Sadeca, n’ont jamais fonctionné convenablement. Un rapport d’expertise a clairement montré que la responsabilité incombait au concepteur réalisateur, la société Crystal, et à son sous-traitant. Installées en 2004, les deux machines ont été démontées en 2009. Leur remplacement par du matériel Weiss a coûté 6,5 millions d’euros. Il n’y a pas que la technologie qui a changé. L’installation a été entièrement repensée. Comme nous le confiait voici quelques mois Delphine Le Louarn, l’ingénieur chargée de la reconstruction : “On s’est aperçu que les deux anciennes chaudières avaient beaucoup trop d’éléments en commun, de sorte que toute la chaufferie stoppait au moindre souci. Maintenant, chaque machine est complètement autonome pour l’alimentation en bois, le dépoussiéreur, le traitement des fumées, des cendres… Pour minimiser les risques de panne, nous avons beaucoup travaillé pour améliorer l’acoustique, la propreté, la sécurité et surtout la solidité des mécanismes, notamment en ajoutant du téflon et du chrome aux aciers.”

Et bientôt une chaufferie gaz

Parallèlement à la mise en service de la chaufferie bois, la construction d’une chaufferie gaz de 15 MW est en bonne voie. Le projet a été validé le 21 juin dernier par le conseil municipal. Le chantier démarrera au printemps. L’investissement prévu est de 5,2 millions d’euros, dont 3,2 millions à la charge de la collectivité. Le reste sera pris en charge par la SECV.
À l’issue de ce chantier, c’est-à-dire dès la saison de chauffe 2011-2012, le fuel domestique ne représentera plus que 6 % de la chaleur produite (40 % bois, 33 % gaz et 21 % co-génération). Le combustible haute viscosité (CHV), qui assurait jusqu’ici l’essentiel de la production énergétique, ne sera plus du tout consommé. Cette quasi-sortie de la dépendance aux produits pétroliers devrait entraîner une réduction de la facture de l’ordre de 10 %. Elle permettra en outre de poursuivre la réduction des rejets polluants, notamment concernant les poussières. À l’horizon 2014, avec la construction d’une seconde chaufferie bois dont les études sont en cours, le réseau de chauffage urbain va même pouvoir passer le seuil de 50 % d’énergie renouvelable et accéder ainsi à la TVA à 5,5 %.
Ces perspectives encourageantes ne doivent pas faire oublier les incertitudes qui pèsent sur les indemnisations financières attendues par la Ville et la SECV, après le fiasco de la première chaufferie bois. Le préjudice matériel est estimé à 3,85 millions d’euros. Quant aux pertes liées à la non-utilisation du bois (consommer du fuel coûte plus cher), elles sont évaluées à 4 millions d’euros. Pour obtenir un dédommagement maximal, l’affaire a été portée en justice, devant le tribunal administratif et le tribunal de grande instance.

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