Réseau de chauffage urbain : une nouvelle chaufferie bois sera construite

Le 13 mai prochain, le conseil municipal choisira à la fois un nouveau mode de gestion du réseau de chaleur de Vénissieux et un scénario d’évolution technique des installations. Une certitude d’ores et déjà : la construction d’une seconde chaufferie bois.
Réduire le tarif de la chaleur, gagner en transparence auprès des usagers, assurer la continuité du service et en améliorer l’efficacité : voici les trois objectifs fixés par la Ville dans le cadre du renouvellement de la gestion du réseau de chaleur.
Fin 2014, le mandat confié depuis 1966 à la SECV (Société d’exploitation du chauffage urbain de Vénissieux, aujourd’hui filiale de Dalkia) s’achèvera. Il faut donc choisir un mode de gestion et un futur gestionnaire. Mais également définir l’évolution technique qui permettra d’atteindre les objectifs cités plus haut.
Pour prendre les bonnes décisions, la municipalité a eu recours à une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage. Mission assurée par un bureau d’études techniques (Setec), un cabinet d’avocats (Seban) et une société en conseil financier (Andarta), tous spécialistes des collectivités territoriales et des questions énergétiques.
Après un état des lieux réalisé à l’automne 2012, cette équipe de professionnels a organisé six rencontres de concertation avec les abonnés du réseau (bailleurs, copropriétés, établissements publics), les partenaires institutionnels (Grand Lyon, Ademe), les services financiers de la Ville et la direction des finances publiques (ex-Trésor public), ainsi qu’avec les usagers représentés par les amicales de locataires. Les réseaux de chaleur de Lyon, Rillieux-la-Pape, Vaulx-en-Velin, Nîmes et Valence ont également été sollicités pour un échange d’expériences.
Sur la base de cette moisson d’informations, présentée publiquement le 4 avril lors du Conseil citoyen du développement humain durable (CCDHD), quatorze scénarios techniques ont été étudiés qui balayent les multiples possibilités offertes par les différents moyens de production d’énergie : maintien ou suppression de la cogénération, construction d’une nouvelle chaufferie gaz ou d’une nouvelle chaufferie bois (voire les deux), raccordement à la station d’épuration (STEP) de Saint-Fons dont les boues brûlées pourraient être valorisées, ou encore connexion à la future chaufferie bois du Grand Lyon. L’objectif, dans tous les cas, étant de dépasser 50 % d’énergie renouvelable — ce qui ouvre droit à une TVA réduite — et de faire baisser le tarif, tout en étant le plus respectueux possible de l’environnement.

Mix énergétique gaz-bois

Au final, trois scénarios tiennent la corde parmi lesquels les élus devront faire un choix le 13 mai lors du prochain conseil municipal. Un seul de ces scénarios préconise le raccordement à la STEP de Saint-Fons, deux prévoient la construction d’une nouvelle chaufferie gaz (qui s’ajouterait à celle livrée en novembre 2011), et tous se prononcent pour la construction d’une nouvelle chaufferie bois plus ou moins puissante (qui compléterait celle mise en service en novembre 2010). En revanche la cogénération disparaît. Le mix énergétique reposerait donc pour l’essentiel sur une association du gaz et du bois dans des proportions qui restent à définir.
Jeff Ariagno, conseiller municipal socialiste, s’est inquiété lors de la réunion publique du 4 avril d’une “trop grande dépendance au gaz dont les prix pourraient augmenter à l’avenir”. “Personne ne sait aujourd’hui ce que seront les prix du gaz dans cinq ou dix ans, est convenu Pierre-Alain Millet, adjoint au maire communiste en charge du dossier. Nous sommes sûrs que le pétrole continuera d’augmenter, c’est la raison pour laquelle nous n’y avons plus recours. Concernant le gaz, c’est vrai qu’il y a une incertitude. Actuellement, c’est le bois qui nous donne le plus de garanties pour l’avenir. Nous devons prendre des décisions qui nous protègent quoi qu’il se passe demain.”
Les décisions du conseil municipal porteront également sur le mode de gestion du réseau. Là encore trois possibilités s’offrent : une régie avec marchés publics, une délégation de service public (DSP) de type affermage, ou enfin une DSP avec concession comme c’est le cas actuellement avec la SECV. Cette dernière possibilité est rassurante pour la collectivité publique dans la mesure où les travaux et les risques sont entièrement à la charge du délégataire. En revanche, elle est présentée comme “moins adaptée” pour la maîtrise des coûts de chaleur, la transparence de gestion, et la continuité et l’efficacité du réseau, précisément les trois objectifs prioritaires que la Ville s’est fixés.

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