

Pierre Duforeau détaille le travail de KomplexKapharnaüM : “Essentiellement un travail audiovisuel, pas de comédiens qui portent un texte mais des interprètes qui portent une parole, celle de Monsieur Tout-le-Monde. Nous rencontrons des gens, récoltons des paroles, récupérons des anecdotes, des mots, des ressentis. Puis nous écrivons une histoire à partir de ces matériaux. Nous effectuons ensuite l’affichage, des collages sur les murs des villes, des graffs. Au sein de notre équipe, de petits commandos, des équipages (ce qui est un terme moins agressif) se baladent sur un quartier et posent nos marques dans la rue.”
Il remarque qu’à l’origine du street art, des collages et des peintures muralistes, existent souvent des revendications. C’est pourquoi KomplexKapharnaüM s’intéresse à des personnes mises en marge, laissées un peu sur le côté. Filmés en vidéo et diffusés sur les murs de la cité, “ces portraits qui se croisent rendent visibles les individus”. Pierre cite les exemples d’un marin pêcheur de Cherbourg, d’un vieux bonhomme de Châlons-en-Champagne, d’un comédien sourd-muet ou d’une Marocaine qui a refusé un mariage arrangé.
“Tout débutera devant le musée de la Résistance, un lieu symbolique, avec le témoignage d’un résistant très connu, Roger Pestourie. C’est lui qui nous a engagés dans ces chemins de traverse. Il nous a parlé de la présence des femmes dans la Résistance et de l’effondrement qu’il a vécu avec ces autres femmes dénoncées, traînées dans la rue, tondues, à une période où toute la France se revendiquait résistante.”
Après cette évocation, les spectateurs pourront partir en promenade, par petits groupes, dans les rues du centre-ville. “Il y aura plusieurs spectacles, les équipes vont se recroiser, le public pourra rattraper un autre parcours. Ce sera une façon de revisiter les espaces. Avec le gélatinage et l’éclairage public, la ville offrira une autre facette. En amont des deux soirées, les collages d’affiches, les tractages et la présence de la compagnie dans les rues assureront une meilleure connexion avec les riverains.”
Les deux soirées ont été désignées par des termes compatibles avec les anciens disques vinyles : face A et face B. Dans les disques, la face A était plus grand public que la face B, qui comportait des morceaux plus intimistes. Ainsi, dans la face B de “Mémento”, il sera fait mention du décret de la préfecture de police de Paris qui, en 1961, imposait un couvre-feu aux populations algériennes. L’appel sera collé sur un des murs de la ville.
“Présentée le 22 octobre, la face A sera plus facile, avec des gens qui se séparent et se retrouvent. La B, le lendemain, sera plus fragmentée. L’une et l’autre se réclament d’un spectacle vivant en prise avec le monde et les gens.”
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