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Résidence Louis-Aulagne : la démolition est exclue

Environ deux cents habitants de la résidence Louis-Aulagne, inquiets, tendus, ont assisté à la réunion organisée par l’OPAC du Rhône, mercredi soir, dans une salle proche du quartier. Ils en sont ressortis soulagés. Si les premières conclusions de l’expert nommé par le tribunal administratif font état d’un “péril potentiellement grave”, elles excluent en effet tout risque d’effondrement des planchers porteurs. Les chutes éventuelles – comme celles qui se sont produites en août – ne concernent que le remplissage des plafonds. Il n’y aura donc pas de démolition, mais une réhabilitation lourde, dont on devrait connaître le contenu avant la fin du mois de janvier 2011. En attendant, c’est une vaste entreprise de sécurisation qui est lancée. À la demande de l’expert, tous les plafonds de la résidence, même ceux qui ne paraissaient pas fragilisés, vont être sondés. De nouveaux étais seront posés si nécessaires. Puis des filets de sécurité installés, au cas où… L’OPAC du Rhône a d’ores et déjà établi un planning : le bureau d’études CONCRETE interviendra dans les appartements entre les vendredis 3 et 10 septembre, au rythme d’une trentaine de logements par jour. Il s’agira de “sonner” les plafonds, c’est-à-dire repérer les éventuelles zones fragiles à l’oreille, en frappant légèrement dessus comme on le ferait sur du carrelage. Dès le 10 septembre, on sera ainsi en mesure de dresser un état des lieux complet et définitif.
Après les visites et diagnostics effectués par l’OPAC du Rhône, il est apparu que 50 logements sur 278 nécessitaient un étayage. Pour la plupart, ces appartements sont situés dans les allées côté impairs, les plus anciennes, bâties dans les années trente. Dans les allées côté pairs datant des années cinquante, les planchers sont apparemment plus résistants. Trois allées (les 8, 10 et 12) sont mêmes épargnées car des procédés de fabrication différents y ont été utilisés.
Néanmoins, comme l’a reconnu M. Patin, le directeur du patrimoine de l’OPAC du Rhône, “ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera peut-être pas demain”. Un plafond sain peut très bien présenter des signes de faiblesse dans quelques mois. C’est ainsi qu’il faut interpréter “le péril potentiellement grave” signalé par l’expert. La situation n’est pas dangereuse actuellement, mais elle pourrait le devenir. D’où la décision de poursuivre l’expertise, d’étayer les zones fragiles qui n’auraient pas encore été repérées et de poser des filets de sécurité dans tous les logements par principe de précaution. Ensuite, il faudra procéder aux “travaux de confortement” comme disent les techniciens, autrement dit intervenir sur les structures porteuses. Comment, à quel coût, dans quelles conditions… ? C’est ce que dira le rapport final d’expertise, attendu au plus tard fin janvier 2011.
Si les habitants ont poussé un grand “ouf” de soulagement en apprenant que la démolition était exclue, la colère et l’inquiétude n’ont pas disparu. Quelques familles, dont les appartements ont été identifiés “fragiles”, refusent obstinément de voir des étais dans leur salon, des filets à leur plafond, ou pire d’être relogées. La peur de ne pas pouvoir revenir dans un appartement et dans un quartier auxquels elles sont fortement attachées explique sans doute cette réticence. “Je comprends votre inquiétude, leur a lancé le maire, Michèle Picard, qui était accompagnée de nombreux élus. Mais c’est une question de sécurité. Il serait irresponsable de ne pas prendre les devants. La Ville, l’OPAC et la CNL (N.D.L.R. : comité des locataires) travaillent en étroit partenariat pour sortir par le haut de cette délicate situation.”
Hormis ces rares irréductibles, la plupart des résidants ont bien accueilli les mesures annoncées par le bailleur. D’autant que les opérations d’hébergement temporaire et de relogement se déroulent plutôt bien. Le 1er septembre, trois ménages avaient été relogés, quatorze étaient sur le point de signer un nouveau bail, vingt-huit autres attendaient des propositions. En attendant, ils habitent chez des proches ou à l’hôtel. Vingt-neuf ménages ont opté pour cette seconde option. Les frais, y compris de restauration et de transport, sont entièrement pris en charge par le bailleur.
En revanche, la salle n’a pas caché sa déception en apprenant que l’expert avait jusqu’en janvier 2011 pour remettre son rapport final, qui précisera l’ampleur et la nature des travaux de réhabilitation. Le maire, Michèle Picard, partage leur avis : “J’espère que nous l’aurons beaucoup plus tôt, j’espère également que l’État aidera au financement de cette opération qui s’annonce lourde.”
Une opération qui ne devrait pas avoir d’incidence sur le niveau des loyers. C’est en tout cas ce qu’a promis l’OPAC du Rhône : “Légalement, il ne peut y avoir de répercussion sur les loyers quand on intervient sur la structure porteuse des bâtiments.”

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