L’OL mise sur Amel

À 18 ans, la Vénissiane Amel Majri vit une bien belle aventure. Incorporée en août dans le groupe professionnel de football féminin de l’OL, la Vénissiane s’affirme comme un réel espoir du club olympien. Elle fait régulièrement partie du groupe pro de l’Olympique Lyonnais dans lequel figurent nombre de joueuses internationales.
Alain Bozon, son ancien professeur d’EPS à Jules-Michelet, n’est pas surpris de cette fulgurante progression : “Au collège, Amel affichait déjà des qualités physiques et d’endurance qui, par exemple, lui ont permis de remporter chaque année le cross de l’établissement. Balle au pied, elle était techniquement incroyable. Avec sa sœur jumelle Rachida, elle a pris une part décisive au parcours de notre équipe UNSS, qui est allée en finale du championnat de France, il y a trois ans. Elle a découvert le foot mixte avec l’AS Vénissieux Minguettes. La voir maintenant se faire une place au soleil de l’OL ne me surprend pas.”
À force de taper dans le ballon en bas de sa tour, dans la quartier de la Pyramide aux Minguettes, Amel a acquis des bases indéniables pour évoluer au plus haut niveau. L’OL ne s’y est pas trompé en la détectant en 2008-2009. Et, en une saison et demie, “Ams” a largement confirmé. “Lors des tests d’effort et d’endurance que j’ai passés avec l’équipe féminine de l’OL à Tignes, l’été dernier, j’étais souvent aux avant-postes. Toutes les heures passées à me défouler sur le microsite des Minguettes m’ont au moins servi à cela ! Mais je ne suis que remplaçante dans une équipe qui ne compte presque que des internationales : les Françaises Necib, Bompastor, Deville ou Renard, la Suédoise Shelin, la Brésilienne Rosana…”
Même en ne jouant que des bouts de matches, Amel séduit, confirme et fait parler d’elle. En coupe d’Europe, elle a même inscrit un but spectaculaire qui en dit long sur son potentiel. En passe d’obtenir la nationalité française – Tunisienne, elle devait attendre sa majorité pour en faire la demande – Amel devrait intégrer l’équipe de France des moins de 19 ans, promotion indispensable pour franchir de nouveaux paliers. Étudiante en sport-études au lycée Faÿs de Villeurbanne, elle ne peut suivre ses cours de façon régulière puisqu’elle s’entraîne désormais avec les pro.
Quand on lui rappelle qu’elle joue avec des footballeuses renommées qui perçoivent des salaires mensuels de plus de 20 000 euros, Amel ne s’en offusque pas. “Je suis encore étudiante, le foot reste un plaisir… et moi, à 30 ans, j’aurai déjà mis un terme à ma passion car je compte bien fonder une famille.”
Douée balle aux pieds… et déjà la tête sur les épaules.

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