
C’est lors du conseil métropolitain du 28 septembre dernier que la majorité métropolitaine a décidé de supprimer le RSJ. Photo : capture d’écran du conseil métropolitain du 22 juin 2026.
Le couperet est tombé le 28 septembre, lors du dernier Conseil métropolitain. Le Revenu solidarité jeunes (RSJ), lancé par l’ancienne majorité écologiste en 2021 et pointé du doigt depuis plusieurs mois par Véronique Sarselli, la nouvelle présidente de la Métropole, a finalement été supprimé.
En cinq ans, près de 4 000 jeunes ont bénéficié du RSJ, d’après Renaud Payre, co-président du groupe les Écologistes à la Métropole de Lyon. « Près de la moitié ont trouvé un emploi, une formation, une stabilité en moins d’un an, a-t-il déclaré lors du Conseil métropolitain du 28 septembre. Les résultats sont au rendez-vous. » De son côté, le maire de Vénissieux, Idir Boumertit, également conseiller métropolitain, a contesté la décision de la nouvelle majorité métropolitaine, la qualifiant de « choix précipité », qui ne « tient pas compte de la réalité de terrain » : « Permettre à un jeune de manger, de se loger, de se soigner, c’est ce qui lui permet de suivre une formation, d’obtenir un emploi et de construire son avenir ».
Ce dispositif permettait aux jeunes âgés de 18 à 25 ans, sans ressources et résidant dans la métropole, de bénéficier d’une aide mensuelle de 420 euros. Elle était de 315 euros pour ceux ayant une ressource d’activité inférieure à 400 euros. Dans la Métropole, 20 % des moins de trente ans vivent sous le seuil de pauvreté et le taux de chômage atteint les 15,8 % chez les moins de 26 ans, d’après un communiqué de l’organe métropolitain.
« Avec le RSJ, j’ai pu faire mes courses, m’habiller, ça a été une bénédiction. Cette aide, c’est le point de départ. » Sephora, 21 ans, qui témoignait dans nos colonnes en 2022.
Pour avoir accès au RSJ, plusieurs critères devaient être remplis : avoir de faibles revenus, ne rentrer dans aucun dispositif déjà existant (Garantie jeunes, contrat jeunes, etc.), être sorti du système éducatif et ne percevoir aucun soutien financier de la part d’un parent ou d’un tiers. Il pouvait alors être perçu pendant 24 mois, en continu ou en discontinu, mais était en moyenne utilisé pendant sept mois.
En 2022, nous avions rencontré Séphora, alors âgée de 21 ans. Cette jeune Vénissiane était parmi les premières à faire partie du dispositif. « J’ai longtemps habité en foyer, j’étais sans revenu et je me suis retrouvée dans la galère du jour au lendemain », témoignait-elle dans nos colonnes. Grâce à cette aide financière, la jeune femme avait pu trouver un emploi et avoir son propre appartement. « Avec le RSJ, j’ai pu faire mes courses, m’habiller, ça a été une bénédiction. Cette aide, c’est le point de départ, après on devient autonome, on comprend que s’il n’y a pas d’effort, de travail, ce sera terminé ! »
Une fin programmée le 30 juin 2027
Dans un communiqué, la Métropole de Lyon a donné plus de détails concernant la fin du Revenu solidarité jeunes et son remplacement par le dispositif « Premier emploi jeunes ». L’objectif de l’organe métropolitain est d’assurer une continuité entre les deux outils. À partir du 31 octobre, il ne sera plus possible d’avoir de nouveaux bénéficiaires au sein du RSJ. Ensuite, du 1er novembre au 30 juin, ceux qui bénéficient déjà du Revenu solidarité jeunes pourront poursuivre leur renouvellement en cours et seront orientés progressivement vers les dispositifs de droit commun et le nouveau dispositif « Premier emploi jeunes ». Le 30 juin 2027, le RSJ prendra officiellement fin et plus aucun versement ne sera effectué. À partir du 1er juillet, les futurs bénéficiaires seront donc orientés vers le Premier emploi jeunes.
« Premier emploi jeunes » : le nouveau dispositif lancé par la Métropole
En parallèle de la suppression du RSJ, la Métropole de Lyon a annoncé la création d’un plan « Premier emploi jeunes ». Ce nouveau dispositif s’adresse aux personnes de 16 à 29 ans et doit s’appuyer sur l’accès à la formation, à l’expérience professionnelle et à l’emploi. Avec ce nouvel outil, la Métropole souhaite « donner à chaque jeune les moyens de gagner son autonomie et de construire son avenir par le travail », d’après un communiqué publié le 28 septembre.
Pour les jeunes diplômés ou directement employables, l’objectif est de « multiplier les opportunités d’entrée dans la vie professionnelle : stages, alternance, mises en situation professionnelle et premiers emplois ». Pour ceux nécessitant un accompagnement renforcé, la Métropole s’aidera des missions locales et d’autres acteurs de proximité. Concernant les jeunes qui sont confrontés à un cumul de difficultés (personnes sortant de l’Aide sociale à l’enfance, les bénéficiaires du RSA, du Fonds d’aide aux jeunes, etc.), des parcours individualisés seront proposés pour agir sur l’accès au travail et les « freins périphériques à l’emploi : mobilité, logement, santé ou garde d’enfants ». L’objectif étant de proposer « dans les trois mois », une expérience professionnelle adaptée et accompagnée.
La Métropole souhaite tourner les jeunes vers des secteurs qui rencontrent des difficultés de recrutement afin de rapprocher les « besoins des entreprises et les parcours proposés aux jeunes ». Au total, 2,65 millions d’euros par an seront mobilisés par la Métropole pour déployer le « Premier emploi jeunes » (1,4 million de crédits métropolitains et 1,25 million de crédits européens FSE+).






























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