
Ces dernières années, les enseignants se mobilisent régulièrement pour demander des moyens humains et financiers supplémentaires pour l’établissement. Photo Emmanuel FOUDROT
Les tensions qui affectent le lycée Sembat-Seguin ont franchi un nouveau cap ces derniers jours. Vendredi 18 septembre et mardi 22 septembre, deux enseignants de l’établissement ont reçu des menaces. « Un premier a reçu des menaces de mort par e-mail et l’autre sur son téléphone portable ainsi que sur celui d’un membre de sa famille », déclare Patrick Samzun, enseignant dans l’établissement et syndicaliste.
Ces événements ont été les incidents de trop pour les équipes éducatives. Depuis le début de l’année scolaire, les faits de violence se sont multipliés : jet de marteau, départ de feu, jets de projectiles et de bombes lacrymogènes, insultes à caractère sexiste et sexuel… La liste est longue.
Des jets de pétards ont également eu lieu dans une classe, entraînant une perte d’audition de plus de 50 % chez une enseignante et qui doit désormais porter des appareils auditifs aux deux oreilles.
« Une crise totale et structurelle »
« C’est une crise totale et structurelle, alerte l’enseignant. Beaucoup de choses se passent mal. Des élèves sont en roue libre depuis un ou deux ans et, aujourd’hui, c’est l’explosion totale. » Face à une situation devenue dangereuse, l’équipe pédagogique a fait grève le lundi 21 septembre avant de faire valoir son droit de retrait dès le lendemain. Des plaintes ont été déposées et une trentaine de signalements ont été adressés au rectorat, dont trois pour « danger grave et imminent ».
« Ces alertes ont fait réagir le rectorat, assure Patrick Samzun. Des représentants sont venus mener une enquête et recueillir la parole des équipes de vie scolaire et des enseignants. Ils voulaient vérifier la réalité du danger grave et imminent mais, au vu des menaces reçues et des registres recensant les événements passés, ils l’ont reconnu. »
Résultat : la direction du lycée va être accompagnée pour la gestion des incidents et des sanctions. Un temps banalisé a également été proposé aux équipes afin de travailler à la mise en place d’un protocole destiné à mieux gérer les flux d’élèves dans l’établissement. Deux personnes sont désormais mobilisées pour encadrer ces flux ainsi que les entrées et sorties du lycée.
Des dysfonctionnements dénoncés de longue date
Les cours ont repris le jeudi 24 septembre après-midi et certaines classes ont été dédoublées, après un accueil des élèves en matinée pour leur expliquer la situation ainsi que les raisons de la grève et du droit de retrait.
« La difficulté, c’est que toutes ces aides sont temporaires, dénonce Patrick Samzun. Nous ne sommes pas encore revenus à la normale. Nous ne connaissons toujours pas les auteurs des menaces. Trois mesures conservatoires sont en cours et deux conseils de discipline sont prévus. »
Par ailleurs, le rectorat n’a toujours pas répondu aux demandes des syndicats concernant les postes vacants : plusieurs postes d’enseignants, un poste de psychologue, un poste d’infirmier, ainsi qu’un manque d’AESH pour accompagner les élèves en situation de handicap. Les représentants du personnel demandent également depuis plusieurs années un demi-poste supplémentaire de conseiller principal d’éducation (CPE). « Nous assistons à un profond délitement de la structure en raison de dysfonctionnements que nous dénonçons depuis plusieurs années, rappelle le syndicaliste. La situation ne peut pas continuer comme ça. »






























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