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Programme de réussite éducative : 20 ans d’accompagnement

Le Programme de réussite éducative accompagne des jeunes de 2 à 16 ans à travers des suivis personnalisés destinés aux enfants en difficulté.

© Jean Vivian – DRC Ville de Vénissieux

« Pour que chaque enfant puisse s’épanouir et bénéficier des mêmes chances de réussite ». C’est ainsi qu’Anne Laybourne, sous-préfète en charge de la politique de la ville, a décrit le rôle du Programme de réussite éducative (PRE), lundi 13 octobre dernier, lors de la célébration de l’anniversaire du dispositif à la préfecture du Rhône. Né du Plan de cohésion sociale et de la loi de programmation pour la cohésion sociale de 2005, le PRE célèbre cette année ses vingt ans.

À Vénissieux, le dispositif a vu le jour en 2007. Depuis, il accompagne « l’enfant en fragilité et sa famille à travers une approche personnalisée et globale, pour un épanouissement individuel et social ». Avec l’objectif, naturellement, de soutenir les apprentissages scolaires, mais aussi la santé, la socialisation (activités culturelles, sportives), la confiance en soi, le bien-être et les relations familiales. L’équipe compte une coordinatrice, Anne-Sophie Couvent, cinq référents (dont une de la Cité éducative), une vingtaine de vacataires et sept intervenants extérieurs.

Un maillage territorial essentiel

À sa création, le PRE de Vénissieux a d’abord dû gagner la confiance des acteurs du territoire. « On a dû tout construire, faire nos preuves, reconnaît l’équipe. D’autres PRE existaient déjà : on avait un cadre général, mais il fallait l’adapter localement, car chaque territoire est différent, tout comme les difficultés rencontrées. »

Pour remplir leurs missions, les PRE travaillent en lien constant avec de nombreux acteurs qui gravitent autour de l’enfant et de ses parents : Éducation nationale, collectivités locales, services de l’État, Cité éducative, centres médico-psychologiques, assistants sociaux, centres sociaux, etc. Ce qui fait la force – et parfois la complexité – du dispositif, c’est avant tout ce travail en réseau. Il faut donc sans cesse faire preuve de flexibilité, chaque partenaire a ses propres règles. Le PRE s’adapte aux contraintes et aux besoins.

© Jean Vivian – DRC Ville de Vénissieux

Aujourd’hui, l’antenne vénissianne accompagne en moyenne 200 enfants par an, pour des suivis d’environ un an et demi. « Nous étudions chaque situation au cas par cas, explique l’équipe. Nous essayons de voir ce que nous pouvons apporter aux familles, puis la situation est présentée devant une commission composée d’assistantes sociales, de psychologues, d’enseignants, etc. »

Mais face à la demande croissante, une liste d’attente a dû être mise en place. « Nous avons défini des critères de priorité. Les enfants qui changent d’école, ceux qui passent de la primaire au collège ou du collège au lycée, ceux issus des nouveaux quartiers politique de la ville, les enfants sans activité ou dont les parents sont isolés. »

Au cœur du dispositif, les familles

La famille reste au cœur du dispositif. Le PRE veille à impliquer les parents dans la construction du parcours, à comprendre leurs besoins et à les accompagner. Pas facile car il s’agit souvent familles éloignées des institutions. « Les partenaires qui orientent les familles font déjà un gros travail de mise en confiance, poursuit l’équipe. Ensuite, notre rôle est de créer du lien et d’assurer la coordination entre les institutions. L’adhésion au PRE reste libre et volontaire. »

© Jean Vivian – DRC Ville de Vénissieux

En 18 ans d’existence, le dispositif a observé de profonds changements dans la société et les difficultés rencontrées par les familles. « Nous avons un public fragile, plus exposé aux coups durs de la vie. » En tête des problématiques : le logement. Les appartements sont souvent inadaptés, et le nombre de familles à la rue augmente. Le PRE fait aussi face à une hausse des situations administratives précaires.

Autre phénomène préoccupant : l’impact du narcotrafic sur la vie quotidienne. « De nombreux parents refusent que leurs enfants sortent, par peur qu’ils soient témoins ou victimes des trafics. Résultat : les enfants restent à la maison, souvent devant les écrans, ce qui crée de nouvelles difficultés pour leur santé et leur socialisation. »

Les activités proposées sont donc pensées en fonction des besoins repérés : travail sur le rapport au corps chez les adolescents, ouverture culturelle ou sportive, aide à l’orientation, ou accompagnement des parents pour le suivi scolaire. « Quand on dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant, c’est vrai, conclut le PRE de Vénissieux. On sème tous des graines : c’est une goutte d’eau parmi d’autres, mais elle peut marquer la suite de la vie d’un jeune. »


« J’ai vu de nombreux changements chez mes enfants »

Les trois enfants d’Anna* fréquentent le Programme de réussite éducative depuis deux ans. « C’est mon assistante sociale qui m’en a parlé, mais nous avons dû attendre car il y avait une liste d’attente, explique la maman. Nous avons voulu en faire partie pour participer aux activités, aux sorties et pour les devoirs. J’ai des difficultés à les faire travailler et ils ont été plus motivés avec la vacataire. Depuis que nous y sommes, j’ai vu de nombreux changements chez mes enfants. »

© Poutchie Gonzales

Au début, l’accompagnement se faisait à domicile, puis les enfants ont commencé à se rendre au PRE. « On fait des accompagnements sur mesure, décrit Agnès, référente. Au départ, les deux sœurs étaient ensemble, car la petite était très timide. C’était une famille craintive, les enfants sortaient peu. » Au fil de leur accompagnement, la famille s’est ouverte et a pu participer à de nombreuses activités. « J’ai beaucoup aimé aller à Champagneux, assure Alex*, 9 ans, l’aîné de la fratrie. On a fait du poney et on a joué au badminton avec ma maman. »

L’objectif du PRE est d’aider Anna à accompagner ses enfants dans les jeux comme dans l’aide aux devoirs. « Il y a trois niveaux de scolarité différents, rappelle Agnès. Cela peut être difficile à gérer, surtout pour des parents qui ont des difficultés avec le français ou qui n’ont pas été scolarisés. »

*Les prénoms ont été modifiés.

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