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Boum de l’entrepreneuriat : vrai dynamisme ou signe de précarité ?

Les créations d’entreprises n’ont jamais été aussi nombreuses, à Vénissieux, comme dans l’ensemble du pays. Cependant, une très grande majorité de ces nouvelles immatriculations sont des microentreprises, un statut parfois touché par la précarité.

Positive Planet a accompagné 73 Vénissians vers l’entrepreneuriat en 2021. Elle est hébergée dans les locaux de “La Cocotte” au 23 avenue Jean-Cagne.

En France, la création d’entreprises a le vent en poupe. En 2021, près d’un million de nouvelles immatriculations ont été enregistrées. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) en recense exactement 995 868. Ce record est à nuancer : près de deux tiers (641 543) de ces établissements étaient des microentreprises, structures réputées moins solides que les sociétés classiques.

A Vénissieux, cette envie d’entreprendre est vérifiable. Le nombre de nouveaux établissements y est en très nette augmentation. Selon les derniers chiffres publiés localement par l’Insee, 1 225 Vénissians s’étaient lancés dans l’aventure en 2020. Du jamais vu. 1 225 nouvelles immatriculations en un an, c’est plus du double de ce qui était observé chaque année avant 2016 (496 créations).

Là encore, la part de microentreprises est largement majoritaire. En 2020, près de 84 % d’entrepreneurs vénissians avaient choisi le régime micro. Cette course à l’immatriculation reflète-t-elle un réel enthousiasme ou masque-t-elle un risque de précarité ?

Rampe de lancement

Chez Positive Planet, association qui a accompagné 73 Vénissians vers l’entrepreneuriat  en 2021, l’attrait grandissant pour le régime de la microentreprise est plutôt bon signe, surtout lorsque le statut sert de rampe de lancement à un public fragile. « Certains microentrepreneurs peinaient à retrouver un emploi dans des secteurs sinistrés, observe Jérémy Gosset, responsable régional chez Positive Planet. D’autres, des jeunes salariés, étaient déçus par les méthodes de management. Ils ont pu se heurter à des murs et trouvent finalement des débouchés grâce à leur projet. »

Globalement, Positive Planet observe un changement de mentalité chez les porteurs de projet : « Il y a encore dix ans, certains voulaient se lancer mais se faisaient des illusions. Aujourd’hui, les projets collent mieux à la réalité. Les gens sont plus motivés et enthousiastes. Avant, certains étaient orientés par Pôle emploi ou un référent social et la création d’entreprise était parfois la dernière chose qu’ils n’avaient pas encore testée. »

Risque « d’ubérisation »

Cependant, le responsable associatif ne nie pas un phénomène « d’ubérisation ». « La précarité chez les microentrepreneurs n’est pas un cliché, tempère-t-il. Le salariat déguisé est pratiqué là où la sous-traitance existe, dans le transport de marchandises, le bâtiment ou encore le service aux entreprises, avec le secrétariat. On met en garde contre ça. Répondre à une opportunité peut être intéressant mais il faut veiller à sortir du lien de dépendance vis-à-vis du donneur d’ordre. Se faire la main, c’est bien, mais il faut prévoir la suite. Adapter son projet, renégocier, se positionner sur d’autres contrats ou aller chercher de la clientèle en direct sont des choses essentielles. »

Pour éviter les écueils et passer le premier cap des trois ans d’activité, Jérémy Gosset n’a qu’un mot en tête : accompagnement. « Cela aide à comprendre le marché, ses interlocuteurs et permet de prendre du recul. La majorité de ceux qui partent seuls peuvent se retrouver précaires lorsque le marché se resserre. »

Positive Planet – La CoCotte : 23, av. Jean-Cagne 69200 Vénissieux / 04.72.90.40.85

Djilannie Benmabrouk : « Cette dynamique s’explique aussi par une volonté politique »

Djilannie Benmabrouk, adjoint au développement économique, aux relations avec les entreprise, à l’emploi, la formation et l’insertion

Comment expliquez-vous ce boum de créations d’entreprises ?

« Cette dynamique s’explique aussi par une volonté politique. Nous jouons un rôle de facilitateur. La charte de coopération Ville-entreprises englobe 135 sociétés. Nous leur demandons de mener des actions de recrutement, des simulations d’entretiens d’embauche, des visites ou encore des parrainages. »

La forte de part de microentrepreneurs parmi les porteurs de projet vous inquiète-t-elle ?

« Ce n’est pas forcément inquiétant, dans la mesure où être accompagné permet d’éviter l’échec. Le souci, c’est lorsque le porteur de projet crée son entreprise par défaut, parce qu’il n’arrive pas à trouver un emploi. La priorité est de bien définir son projet professionnel. »

La crise sanitaire a-t-elle eu un impact sur le nombre élevé de créations d’entreprises en 2021 ?

« C’est possible. Elle a pu en pousser certains à se poser une question : pourquoi ne pas être maître de mon destin ? »

Infirmière à mi-temps, elle crée sa société d’aide à la personne

Oumaïma Sekkaï a créé son entreprise en mai 2021 avec son père Hocine. OH nuage de confort propose un accompagnement à domicile aux personnes âgées ou en situation de handicap dans le sud-est lyonnais.

Cette jeune femme de 27 ans, infirmière dans un service d’urgences hospitalières, a conservé un contrat à mi-temps à l’hôpital et consacre l’autre – grosse – moitié de son agenda à de l’aide ménagère, de la garde d’enfants ou encore de l’aide ponctuelle à la sortie d’hospitalisation. « On a travaillé pendant deux ans sur cette création d’entreprise, détaille Oumaïma Sekkaï. Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Je m’attendais à ce qu’il y ait énormément de choses à faire. Les démarches sont fastidieuses. Il faut être très rigoureux. » Oumaïma Sekkaï entend bien continuer à mener de front ses deux activités, quitte à ne plus compter ses heures : « Les semaines sont chargées, je suis de repos un week-end sur deux ou sur trois mais depuis que j’ai passé mon bac, je suis habituée à cela. »

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