Marie-Hélène Mathurin : l’accompagnante

Responsable d’accompagnement à la scolarité aux centres sociaux des Minguettes, Marie-Hélène Mathurin conduit tous les ans les usagers, grands et petits, vers de multiples projets culturels.

Quiconque a fréquenté le centre social Roger-Vailland connaît le sourire de Marie-Hélène Mathurin. Elle n’est avare ni de sa bonne humeur ni de son enthousiasme pour mener à bien un projet. Et elle se souvient parfaitement du premier jour où elle est arrivée à Vénissieux :

« C’était en 1994, lorsque les tours de la Démocratie sont tombées. J’avais rendez-vous au centre social Eugénie-Cotton et je voyais le bus faire un détour, sans comprendre pourquoi. »

Son parcours mérite qu’on s’y attarde. « Je suis née au Tchad et j’ai grandi en Lorraine jusqu’en 6e. Mon père était militaire et Metz était une ville de garnison. J’ai ensuite fait mon collège et mon lycée à Marseille, puis ma 1re à Lyon. La famille a suivi. »

Question orientation, Marie-Hélène n’est pas trop fixée. « Après le bac, je ne savais pas trop. Le journalisme et la communication m’intéressaient et je suis entrée à l’EFAP, l’école française des attachées de presse. J’en suis sortie avec la promo 1988. » Travaillant en free-lance pour des agences en communication, elle dégotte un stage au Progrès des enfants.

« Je me suis dit alors qu’il serait possible de faire de l’animation mon métier. J’avais eu mon BAFA et le BAFD, pour être directrice, et j’étais prête à changer d’orientation professionnelle. »

Autant dire que la proposition de remplacement d’un congé maternité au centre Eugénie-Cotton arrive à point nommé. « J’avais travaillé pour la Ville de Marseille sur les quartiers Nord. J’y ai vu des enfants, qui pourtant habitaient là, n’ayant jamais été à la mer. J’ai ainsi monté des projets de sorties avec les petits. Ils peuvent être turbulents, difficiles à gérer mais toujours attachants. Ce fut très enrichissant. »

Marie-Hélène devient responsable du secteur jeunes au centre social qui crée pour elle, en 1996, le poste de responsable d’accompagnement à la scolarité. « Un vrai enjeu éducatif, se félicite-t-elle, qui était spécifique aux Minguettes. Souvent, l’accompagnement à la scolarité n’est pas un secteur à part entière. Là, c’était un vrai choix politique et un challenge : il fallait tout créer. »

Aujourd’hui, c’est plus de 200 enfants qui profitent de cet accompagnement. Mais le Covid est venu compliquer les choses. « Nous n’avons pas pu le faire l’an dernier avec le confinement. Nous voulions garder le lien et, début juin, nous avons repris l’accompagnement avec les jeunes décrocheurs. On sentait que la rentrée allait être compliquée. L’été 2020 est arrivé et on s’est dit qu’on pouvait proposer des activités pour un public qui ne fréquentait pas les autres suggestions de loisirs. Et nous avons continué cet été 2021 : il y a eu les FabLab, les ateliers avec Pandora qui réunissaient arts plastiques et écriture… Les jeunes ont accroché. »

Des moments magiques

Au fur et à mesure qu’elle raconte, les souvenirs affluent, « tous ces petits moments où les gens sortent du quotidien et qui fait dire aux mamans que ça leur crée de beaux souvenirs ». Marie-Hélène mentionne les diverses opérations Kaléidoscope montées avec l’Opéra de Lyon. Elle pense aussi aux préparations des défilés pour les Biennales de la danse, au travail avec l’Odyssée Ensemble ou la compagnie de Jean-Paul Delore au Théâtre de Vénissieux. Ou encore aux pastilles vidéos filmées par Traction Avant pour C kwa ki t’1digne et à cette initiative autour de l’éloquence. Elle se souvient de ces dames qui, à force d’aller suivre des ateliers à l’Opéra, le considérait comme leur deuxième maison. Ou de ces rencontres d’une heure dans les écoles Anatole-France et Paul-Langevin, baptisées « Temps des parents » ou « Papothèques ». Et que dire de la mise en place à la MJC du premier atelier hip-hop avec des enfants de 8-11 ans ? « On a construit ensemble cette action financée par la Fondation de France et qui a ensuite été retenue pour être présentée à Lyon et Paris. »

Marie-Hélène est intarissable et l’on sent que le plaisir partagé est toujours là. Rien n’a été fait en vain et tout ce travail mérite autant de bravos que de remerciements.

« Je pense encore aux projets menés avec la photographe Malika Mihoubi, aux cynanotypes réalisées avec des dames du quartier mais aussi à la visite du théâtre des Célestins et à la vision du spectacle avec Philippe Torreton, suivie par une rencontre à Pandora avec le comédien. J’aime ce mélange entre le social et le culturel, qui crée tant de moments magiques et tant de belles rencontres. »

Ce qui plaît à Marie-Hélène, c’est de « pouvoir proposer ». Elle ajoute : « Mais il ne faut pas forcer les choses. Chacun doit avancer à son rythme. » Quand elle sort de son travail, Marie-Hélène continue à fréquenter les cinémas et théâtres. « J’adore le festival Lumière et vais à l’Opéra au moins une fois par an. » En revanche, elle ne pratique aucun art.

« Mon élément, c’est l’eau. J’ai appris à nager très tôt. Pour me délasser, ce sera plutôt l’aquabiking et les longueurs de piscine. »

 

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