À l’Espace Pandora : lignes de force

Grâce à des ateliers menés à l’Espace Pandora, huit jeunes du centre social Roger-Vailland ont travaillé sur une question essentielle : qui je suis ?

L’habituel visiteur de l’Espace Pandora s’attend à trouver là des gens travaillant dans leurs bureaux, voire quelques lecteurs attentifs disposés dans la grande salle. Imaginons un passant qui aurait franchi la porte le 19 juillet ou les 21 et 22 juillet. Qu’aurait-il vu ? Huit jeunes, âgés de 10 ans et demi à 14 ans, écrivant, découpant de grandes feuilles de couleurs ou traçant des spirales à l’encre bleue. Autour d’eux, trois « adultes responsables », comme s’amuse à le dire Mohamed : la plasticienne Hélène Bertin, l’auteure Paola Pigani et Christophe La Posta, chargé de la médiation et de l’action culturelle à Pandora.

Autour de Mohamed, Yasmina, Yasmine, Chainez, Abdallah, Mona, Loudjaine et Aya s’affairent, tenant dans leurs mains qui un pinceau, qui un crayon, qui une paire de ciseaux. Baptisé Qui je suis, cet atelier fait partie du programme Prendre l’air (du temps) 2, financé par la DRAC Auvergne Rhône-Alpes.

Ce jour-là, il est question de lignes. Pour Hélène Bertin, le mot lie l’écriture et le graphique et est également utilisé pour définir une identité. Elle évoque les portraits chinois, le photo-montage et les textes. « La ligne est aussi un trajet, un parcours. »

Les huit participants ont été réunis par le centre social Roger-Vailland, représenté par Marie-Hélène Mathurin. « Le thème de Qui je suis fait peut-être peur au départ, remarque cette dernière. Il faut trouver des chemins détournés qui passent par exemple aujourd’hui par la ligne. »

Elle reconnaît que les textes issus de ces ateliers, de même que les créations plastiques, sont « très personnels ». Ils pourraient être utilisés plus tard, au moment du festival Parole ambulante mené par l’Espace Pandora dans la métropole. « L’idée de Thierry Renard, le directeur du lieu, reprend Marie-Hélène, serait une exposition sur une soirée et, pourquoi pas, des lectures de textes par les jeunes eux-mêmes. »

Pour elle, ce deuxième jour, « les jeunes se prennent au jeu, utilisent leur imagination et ne se contentent plus de suivre les indications données par Hélène et Paola ». Lesquelles, insiste-t-elle, accomplissent « un accompagnement bienveillant ». Celles-ci sont d’ailleurs tout à fait d’accord : « Maintenant, ils proposent quand, dans les premiers temps, ils attendaient. »

Pour ces jeunes qui, souvent, préfèrent demeurer chez eux devant des écrans, ces journées entières passées en groupe sont bénéfiques. À midi, ils partent même pique-niquer dans le parc Louis-Dupic, tout proche, un espace qu’ils ne fréquentent pas le reste du temps. La satisfaction s’affiche sur leurs visages et tous passent volontiers de la grande table des créations plastiques au « cabinet d’écriture » situé dans un bureau.

La ligne est ce jour-là un bon moyen de les mettre en phase avec eux-mêmes. Le grand photographe Henri Cartier-Bresson ne disait-il pas : « Photographier, c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur » ?

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