Décès de Louis Alloisio : au cœur des luttes

La réintégration des trois ouvriers de Berliet en 1959. De gauche à droite au premier plan : Gaston Nadalini, Laurent Ferra et Louis Alloisio. Roger Bourdeleau (secrétaire du syndicat CGT) est debout au second plan. (archives CE CGT)

 

Militant de la CGT à Berliet, figure historique de la lutte syndicale dans cette entreprise, Louis Alloisio vient de disparaître à l’âge de 92 ans.

Louis Alloisio est décédé le 14 février à l’âge de 92 ans. Né en 1928, ce fils d’immigrés italiens qui vivait dans le quartier Max-Barel était entré chez Berliet en 1947, époque d’un comité de gestion qui contrôlait l’usine. Ce n’est qu’en 1949, vu le refus définitif du gouvernement de nationaliser l’entreprise, que Paul Berliet revint prendre la direction.

En 1953, Louis Alloisio devint délégué syndical CGT et, en 1957, il fut mis à pied. Sur le blog de Raymond Combaz, dans un article du 5 avril 2020 relatif au décès de Gaston Nadalini, camarade de Louis Alloisio à Berliet, on lit : « La direction, qui refuse toute négociation salariale, est à l’origine d’importantes grèves. En répression, elle met à pied 26 militants syndicaux. La plupart abandonnent la lutte et quittent l’usine. Seuls trois d’entre eux, dont Gaston Nadalini et son camarade non moins connu Louis Alloisio, persévèrent. Soutenus par leurs camarades, ils seront réintégrés au sein de l’entreprise 17 mois plus tard. »

Des luttes syndicales, Louis Alloisio en mena bien d’autres avec ses camarades — il faudrait encore citer Roger Bourdeleau et Laurent Ferra – en 1965 et 1967 notamment. Il était encore là en mai 1968, lorsque l’usine fut occupée. Un autre combat se déroula onze ans plus tard. Dans le livre Lyon 68 – Deux décennies contestataires, paru aux éditions Lieux-Dits en 2017, Vincent Porhel et Jean-Luc de Ochandiano racontent : « En mars 1979, RVI, à Vénissieux, est le cadre d’un conflit contre les sanctions qui touchent deux militants cégétistes qui observent une grève de la faim de 17 jours (…) Il est marqué par des actions spectaculaires visant notamment à bloquer la circulation à l’aéroport ou dans les gares. »

Après deux ans de grève, les militants bénéficieront en 1981 de l’arrivée de la gauche au pouvoir.

Louis Alloisio prit sa retraite en 1985 et fut l’un des fondateurs de la section des retraités de RVI.

À sa fille Béatrice, à son gendre Patrick, à son petit-fils Nicolas, à sa famille et ses amis, Expressions adresse ses plus sincères condoléances.

Une pensée sur “Décès de Louis Alloisio : au cœur des luttes

  • 2 mars 2021 à 22 h 13 min
    Permalink

    Super votre article, bravo encore
    Sylvie Bourdeleau

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