Premières installations, introduction en bourse et nouveaux projets : Boostheat pousse les feux

Philippe Dujardin, directeur France de Boostheat, dans l’usine de Vénissieux. (Photo Raphaël Bert)

À Vénissieux depuis 2016, Boostheat conçoit et fabrique des chaudières innovantes. À l’occasion de l’entrée en bourse de la société, Philippe Dujardin, son directeur France, évoque l’actualité et les projets de la PME.

Vous venez d’installer des chaudières dans trois équipements municipaux à Vénissieux. Votre marché n’est plus seulement la maison individuelle ?
Avec une chaudière d’une puissance de 20 kW, le logement individuel reste notre cœur de cible, mais l’équipement des collectivités est un secteur complémentaire, que nous avons découvert « en marchant ». La Boostheat 20 convient parfaitement à des locaux associatifs, des crèches, des salles de musique ou de sport, dont les surfaces à chauffer tournent autour de 120 à 150 m2. C’est typiquement le cas du foyer Marcel-Sembat, des locaux de l’Office municipal des retraités et de la maternelle annexe du groupe scolaire Gabriel-Péri, à Vénissieux. La Ville de Lyon est également intéressée et un syndicat de l’énergie du Pas-de-Calais nous commande dix installations. Nous allons aussi équiper un Ehpad à Clermont-Ferrand et nous installerons trois chaudières couplées dans un petit immeuble collectif à Saint-Étienne. Associer plusieurs Boostheat 20 permet en effet de chauffer des locaux plus vastes que des logements individuels, mais ce n’est pas cette solution que nous privilégions à moyen terme. Nous travaillons sur une chaudière d’une puissance de 50 kW adaptée au secteur tertiaire, à des locaux de plus de 1 000 m2. Fin 2020, nous présenterons un prototype.

Pour l’instant, combien de chaudières avez-vous vendues, quels sont vos objectifs ?
Nous avons lancé, en septembre, l’industrialisation en série. À ce jour, nous en sommes à plus de 130 commandes et nous visons les 200 d’ici la fin de l’année. Les premières installations commencent. Je suis confiant, nous entrons dans la meilleure période pour les chauffagistes !

C’est assez modeste, non ?
Il faut se souvenir que nous partons d’une start-up qui a inventé une nouvelle technologie, nous ne faisons pas partie des grands du secteur ! Aujourd’hui, nous avons 96 collaborateurs et notre chaîne de production est prête à répondre à une demande de 4 500 chaudières par an dans les trois prochaines années. Cela correspond au seuil pour atteindre l’équilibre financier. Si nous privilégions un déploiement maîtrisé, c’est que nous tenons absolument à la réussite de notre arrivée sur le marché. Chauffer sa famille et avoir de l’eau chaude au robinet, c’est le confort de base, ça touche à l’intimité, on ne tolère pas que ça ne marche pas. Nous ne pouvons pas nous permettre de prendre le moindre risque réputationnel sur un marché qui a besoin de confiance !

En plus de votre chaudière de 50 kW, quels sont vos projets ?
Nous travaillons à améliorer encore l’efficacité énergétique de notre chaudière en y associant du solaire thermique. Préchauffer le circuit d’eau glycolée qui relie l’aérotherme au compresseur thermique permettrait d’aller chercher un rendement thermique au-delà des 200 % ! Nos ingénieurs travaillent aussi sur un projet pour utiliser l’énergie cinétique du compresseur pour générer de l’électricité.


BOOSTHEAT FERA-T-IL CHAUFFER LA BOURSE ?

Ce mercredi 9 octobre, Boostheat a fait son entrée en bourse sur Euronext Paris. L’objectif de ses dirigeants est d’augmenter le capital de la société d’environ 40 millions d’euros afin de doter Boostheat « des moyens financiers nécessaires pour conduire la stratégie de déploiement commercial et l’élargissement de son offre produit ».

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