Guillaume Dumoulin, nouveau secrétaire de l’union locale CGT

Le nouveau bureau de l’UL-CGT Vénissieux Saint-Fons Feyzin (de gauche à droite) : Ludovic Depetris (TSV), Marcel Cote (Interpro retraités), Jacques Martins (Savoie Réfractaires, trésorier), Maud Millier (Enedis), Guillaume Dumoulin (Presstalis, secrétaire général), Gilles De Gea (Rexroth, secrétaire adjoint), Sébastien Saliba (Total), Frédéric Panetié (Renault Trucks). Absents de la photo : Valérie Talbi (Toupargel), Philippe Danancher (SNCF).

Lors de son dernier congrès, fin septembre, l’Union locale des syndicats CGT de Vénissieux, Saint-Fons et Feyzin s’est dotée d’une nouvelle direction. Élu pour un mandat de trois ans, Guillaume Dumoulin succède à François Marques comme secrétaire général.

Qu’est-ce qui va changer avec cette nouvelle équipe ?
Nous avons une direction renouvelée de moitié, rajeunie et renforcée. Mais nous serons dans la continuité revendicative de la direction précédente. Nous continuerons à être offensifs sur les terrains de la défense de l’emploi, de la formation et des droits et des conditions de travail des salariés, du maintien et du développement de la production sur notre territoire, des salaires et les pensions… Bref, on a, nous aussi, du pain sur la planche !

Que pensez-vous du « campus industriel de Vénissieux » lancé par la Métropole ?
Ce que je constate d’abord, c’est que son arrivée donne raison à celles et ceux qui se sont battus pour maintenir ici une activité ou un potentiel industriel, contre ceux qui croyaient que l’industrie c’était du passé. Ensuite, je pense que si on développe des startups à cet endroit, il faut aussi pouvoir y produire. Et ça, ça ne coule pas de source, il va falloir l’obtenir. C’est l’exemple de Bosch : il maintien son centre de recherche à Vénissieux, car les aides publiques à la recherche sont une aubaine fiscale pour lui, mais le groupe fait construire ailleurs ce qui est inventé ici. Cela prive les habitants de débouchés, aussi bien au niveau des formations que de l’emploi, notamment les jeunes.

L’arrivée de boosHEAT et de Navya sur le site, c’est positif, non ?
C’est intéressant que ces entreprises se revendiquent elles-mêmes « industries du futur », et développent des techniques très innovantes dans des domaines où notre population maîtrise un savoir-faire indéniable, et dans un territoire qui s’appuie sur ses traditions pour aller de l’avant. Évidemment, la faiblesse actuelle des effectifs de ces sociétés est loin de compenser les nombreuses pertes d’emplois des entreprises auxquelles elles succèdent sur le site, après des années de saccage économique et humain. Mais une centaine de salariés, c’est toujours mieux qu’une friche industrielle, surtout si c’est un point de départ, sachant que nous serons attentifs à l’installation et au développement de productions.

Après la vente de ses terrains, Bosch restera-t-il encore un acteur industriel à Vénissieux ?
Le groupe Bosch continue sa logique de désengagement. Pourtant, sa division Rexroth, qui produit des joysticks pour les engins agricoles et du BTP, connait un regain d’activité. En mai 2016, un conflit de 15 jours avait permis d’obtenir le maintien d’un site que la direction avait pourtant condamné à fermer, et des investissements. Aujourd’hui, les effectifs sont de 500 personnes, dont 350 en production, et l’activité est telle que 60 intérimaires viennent d’être recrutés. Où en serait-on si les salariés ne s’étaient pas battus ?

L’AFPA était en grève le 11 octobre. Pourquoi ?
Parce qu’il y a de fortes craintes pour l’avenir de cet organisme de formation. La CGT a organisé une journée d’action le 11 octobre à Vénissieux, où sont employées 150 personnes environ, d’autres actions seront portées par une large intersyndicale. L’État porte une grave responsabilité dans la casse de cet outil public de formation des travailleurs. En faisant reposer depuis 2009 le financement de la formation professionnelle sur les régions, il l’a mis à la merci des problèmes de moyens et des choix idéologiques. C’est le cas en Auvergne-Rhône-Alpes, où Laurent Wauquiez préfère subventionner l’apprentissage et les organismes de formations privés. Comment prétendre combattre le chômage sans cet organisme et toutes ces antennes locales ?

Avec l’arrivée prochaine d’Ikea et de Leroy Merlin, le Puisoz va devenir un très important pôle commercial. La CGT est-elle déjà présente dans ce secteur ?
Oui, bien sûr, et en pointe dans la défense des salariés de ces enseignes. Ainsi, le 28 septembre, les élections à Carrefour Vénissieux ont placé la CGT en tête, avec 45,6% des voix et 4 élus, en progression.

Au printemps dernier, le mouvement contre la réforme de la SNCF a été très suivi, y compris au dépôt de Vénissieux. Qu’est-ce qu’il s’y passe aujourd’hui ?
Les cheminots maintiennent la pression pour obtenir une convention collective unique et de haut niveau pour l’ensemble du personnel. Côté voyageurs, les fermetures de lignes commencent, bien que la direction de la SNCF et le gouvernement avaient juré qu’il n’en serait rien. Côté fret, la casse continue, avec un report massif sur le transport routier, alors que c’est une aberration en terme de transition écologique.


Contact : UL-CGT, Maison du Peuple, 8, boulevard Laurent-Gérin. 04 72 50 43 49 ulcgt.venissieux@wanadoo.fr

Les six secrétaires de l’UL-CGT, du plus ancien au nouveau (de gauche à droite) : Roger Bourdeleau, Bernard Vivant, Daniel Buissonet, Guy Fernandez, François Marques, Guillaume Dumoulin.

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