En route pour les métiers de l’automobile

Organisée en amont de la Journée des métiers et de l’emploi (JVME), l’opération “Pourquoi pas moi ?” a permis à une vingtaine de personnes de découvrir les métiers de l’automobile, et d’échanger avec des professionnels des concessions installées à Vénissieux. En vue, pourquoi pas, d’intégrer ce secteur qui peine à recruter.

Mieux connaître les métiers de l’automobile, apprendre à se présenter, mais aussi renforcer sa confiance en soi. Du 15 au 22 mars, le Club régional d’entreprises partenaires de l’insertion (CREPI), la Fondation Agir contre l’exclusion (FACE) et la Ville ont organisé une semaine de sensibilisation à la diversité des métiers de l’automobile, alors que le secteur, très présent sur le territoire, peine à recruter. Une vingtaine de demandeurs d’emploi, Vénissians pour la plupart, ont participé à l’opération.

La semaine a débuté par plusieurs ateliers : présentation des offres de formation, enquête sur les métiers ou préparation aux entretiens. “La force des participants, c’est d’être passionnés par les métiers de l’automobile. Lorsqu’ils voient une voiture, ils savent ce qu’elle a sous le capot et sont capables d’en discuter pendant des heures, décrit Mathilde Guiot, chargée de mission au FACE. Mais ce ne sont pas encore des professionnels. Ils ne connaissent pas les métiers et les formations, et n’osent pas franchir le pas vers les concessions.”

Le 22 mars, les demandeurs d’emploi ont visité six concessions du Pôle automobile situées le long du périphérique. Une manière de “rencontrer les vraies gens de la vraie vie” selon Mathilde Guiot. “Ils ont eu sous leurs yeux la panoplie de tous les métiers de l’automobile, du tertiaire à la technique en passant par la vente et le service après-vente”, complète Sandrine Colineau, présidente du CREPI.

Chez Toyota, c’est le chef des ventes, Laurent Germain, qui dirige la visite. Vingt ans dans l’automobile au compteur, dont quatre chez Toyota. “On atterrit souvent dans ces métiers par passion”, assure-t-il, décrivant toutefois “un métier très macho, dans lequel on trouve très peu de femmes hormis au secrétariat, notamment à cause des horaires”. Avant d’assurer qu’ “il n’y a pas vraiment d’écoles pour accéder à ces métiers, hormis pour la mécanique, où le CAP est indispensable”.

Statut “VIP”

À la fin de la journée, tous les participants se retrouvent dans une salle de l’hôtel B and B. C’est le moment du bilan. Premier enseignement, la majorité des participants semble vouloir se diriger vers la mécanique. “On a pu avoir les informations nécessaires pour atteindre notre objectif. C’est important car on ne sait pas de quoi sera fait l’avenir”, assure aussi l’un d’eux. “Cette initiative m’a permis de faire naître un projet, devenir vendeur confirmé grâce à un certificat de qualification professionnelle (CQP)”, indique Hervé Colliat. Qui observe que “les concessions ont bien répondu à nos questions”. David pointe pour sa part “une journée un peu répétitive”, qui conclut malgré tout “une bonne semaine dans l’ensemble”. Ouassila Habibi, 45 ans et quadrilingue, souhaite devenir assistante commerciale. L’opération lui a surtout permis de rencontrer du monde. “Je n’ai pas de réseau, c’est ce qui me manque le plus.”

“C’est bien de rencontrer les gens et de communiquer sur notre métier”, note de son côté Laurent Giraud, responsable commercial chez Atlantic Automobiles. Qui salue “un échange à double sens” et rappelle qu’il existe aussi “nombre de garagistes et de carrossiers indépendants à Vénissieux, Saint-Fons ou Feyzin”.

Le 29 mars, les participants ont été accueillis en “VIP” à la Journée vénissiane de métiers et de l’emploi. Plus d’une heure avant l’ouverture au public, ils ont pu rencontrer directement les recruteurs. Selon Sandrine Colineau, la moitié des candidats ont fait “de bonnes touches”, qui doivent déboucher sur des entretiens… voire plus si affinités.

 

Près d’un millier de visiteurs à la Journée des métiers et de l’emploi

La Journée vénissiane des métiers et de l’emploi (JVME) s’est tenue le 29 mars à la salle Joliot-Curie. 950 personnes ont répondu présent, dont 200 environ accueillies en “VIP” avant l’ouverture de la manifestation au public.

Pour les demandeurs d’emploi, c’était l’occasion à ne pas manquer. 53 entreprises – 19 de plus que l’an dernier – et 16 organismes de formation avaient fait le déplacement. Leur mission : animer des espaces de recrutement et apporter des informations sur la formation, l’emploi ou la création d’activité. Deux conférences ont été en outre consacrées aux métiers de l’automobile et de l’industrie, souvent présentés comme des secteurs qui recrutent.

“À Vénissieux comme dans toutes les villes populaires, le chômage est trop élevé et il frappe plus durement qu’ailleurs les jeunes et les plus de cinquante ans […] Alors il faut se battre, se battre avec nos moyens, nos compétences, a souligné le maire, Michèle Picard. Mais nous avons un atout de taille : la proximité avec les habitants et la connaissance des potentialités des quartiers populaires. Nous avons aussi su nouer des partenariats solides, fidèles et complémentaires. Cette journée en est la preuve.”

La JVME était organisée en collaboration avec Pôle Emploi, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon, la Plateforme mobilité, la Cocotte et la Mission locale de Vénissieux, ainsi que le Bureau d’information jeunesse et l’Établissement d’insertion par la défense (EPIDE) de Meyzieu.

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