Fermeture de Veninov : Michèle Picard en appelle au Premier ministre

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Manuel Valls, lors d’une visite de soutien aux salariés en lutte de Véninov, en septembre 2011

« On peut considérer qu’une entreprise puisse disparaître lorsqu’elle connaît, depuis longtemps, des moments difficiles. Mais une entreprise qui a des carnets de commandes pleins, un savoir-faire unique, et quand en plus se rajoute une escroquerie manifeste. C’est plus qu’un gâchis, c’est un vol ! »

Ainsi s’exprimait Manuel Valls en septembre 2011, lors d’une visite de soutien aux salariés de Veninov en lutte. Le futur ministre de l’Intérieur et Premier ministre était alors en pleine campagne électorale pour la primaire socialiste, en vue de l’élection présidentielle de 2012.

Des propos de campagne que Michèle Picard, maire de Vénissieux, a opportunément rappelé dans le courrier qu’elle vient de lui adresser pour demander une « intervention en urgence ».

Après bien des péripéties, une lutte acharnée des salariés, la mobilisation de toute une ville, un sauvetage in extremis, l’espoir d’une reprise durable de l’activité, puis de nouvelles désillusions, Veninov semble en effet condamnée aujourd’hui. Le groupe autrichien Windhager, propriétaire depuis 2012, a annoncé la fermeture de l’entreprise historique de Vénissieux — les établissements Maréchal furent fondés en 1874 — à la date du 17 novembre. Treize salariés y travaillent encore : six ouvriers, six agents de maîtrise et le directeur du site.

« Dans cette affaire, rappelle Michèle Picard à l’attention du Premier ministre, l’État mais aussi les collectivités territoriales se sont largement investis pour sauvegarder ce patrimoine industriel et faciliter la reprise d’une activité sur le site. La Région et le Grand Lyon se sont impliqués financièrement, à hauteur de 140 000 euros. La Ville de Vénissieux a assuré la valorisation des lieux au travers de l’entretien et de la protection de l’outil industriel, une implication financière de près de 30 000 euros. »

Dans son courrier, qui fait suite à la demande adressée au préfet Delpuech d’organiser au plus vite une table ronde, le maire de Vénissieux revient également sur les injonctions faites en mai 2013 par le tribunal de commerce de Nanterre au groupe Windhager de « respecter ses engagements ». Engagements qui portaient sur le redémarrage de l’activité, l’investissement dans le matériel et les locaux, et la reprise de vingt ex-salariés. On sait ce qu’il en advint. La production n’a jamais repris dans les ateliers de la rue Eugène-Maréchal, qui sont restés cantonnés à des tâches de confection et à la logistique.

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