Biennale de la danse : un défilé dans les annales et un Vénissieux en grande forme

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Et si on se mettait à la place d’un danseur amateur qui participe au défilé de la Biennale de la danse, ce 14 septembre ? Au hasard, choisissons-le dans le groupe de Vénissieux, « Happy Hop », qui célèbre avec force couleurs et rythmes et une énergie redoutable le 10e anniversaire du défilé.
Sur la place des Terreaux, la chaleur commence à mouiller votre front. Enfin, c’est ce que vous dites mais… et si c’était l’angoisse qui vous faisait autant transpirer. Soudain, avec beaucoup trop d’avance, on vous lance le signal de départ. Quoi ? Déjà ? C’est que le groupe qui vous précède a un problème de véhicule, c’est en tout cas ce que vous croyez comprendre, et on vous pousse. Ça y est, c’est parti. Pourquoi suis-je là ? Pourquoi Guy Darmet a-t-il eu cette funeste idée de créer un défilé ? Le mieux est d’avaler sa salive et d’y aller.
La rue Joseph-Serlin est à l’ombre et peu de gens se pressent derrière les barrières. C’est une bonne mise en pas. Mais sitôt abordé le virage de la rue de la République, vous savez qu’il n’est plus question de reculer. Le soleil arrive d’un coup, comme si on avait retiré un grand drap, et, en même temps que la chaleur qui vous inonde, vous voyez d’un seul coup d’œil tout ce qui vous attend : une foule immense tout au long de la rue de la Ré, jusqu’à Bellecour. La musique des précédents qui parvient encore à vos oreilles quand arrive déjà celle lancée par vos musiciens, derrière vous. Et ces cris ! Et tous ces regards posés sur vous ! Et ces appareils photo prêts à vous immortaliser. Et ces confettis qui voltigent un peu partout.
Oui, si l’on s’était mis à la place de tous ces amateurs qui ont accompli un si beau boulot ce 14 septembre, pour sûr qu’on aurait eu un cœur battant la chamade et des guiboles flageolantes. Une fois parti, les gestes reviennent, vos jambes retrouvent la chorégraphie qu’elles ont apprise depuis des mois, le sourire est là… Et le résultat est formidable.
S’il fallait mettre une qualité en avant, le groupe vénissian piloté par Traction Avant, le centre associatif Boris-Vian et les centres sociaux des Minguettes aurait certainement obtenu la prime à l’énergie. Et aussi à la couleur, grâce aux costumes de Pauline Marc. Et à la musique, celle entraînante signée Noël Kapoudjian. Et surtout à la chorégraphie, une chorégraphie très élaboré, pas répétitive, toujours inventive, créée par Farid Azzout. Pour Vénissieux, pas de machineries insensées, pas de grosses têtes sur échasses, pas de locomotive entraînant d’innombrables danseurs, mais une vitalité qui faisait plaisir à voir et dont les tours bougies conçues par Charles Auburtin étaient le point de départ.
Revenons à notre danseur amateur du début. Il arrive fourbu sur la place Bellecour. En nage. Épuisé. Mais quel bonheur d’avoir participé à une telle parade. Quelle bonne idée a eu Guy Darmet de créer un si bel événement et quel coup de génie de s’y être inscrit.
Il ne s’agit pas de mettre en avant telle ou telle formation car, finalement, l’ensemble du défilé est un tout et son finale, avec la samba Tarentelle, fit danser la totalité des participants et des spectateurs. Du grand spectacle !

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