De Vénissieux à Saint-Priest, le BUE prendra le pont

Pour franchir les voies ferrées qui séparent les deux communes, le Boulevard Urbain Est (BUE) empruntera un pont de 220 mètres. Le coût de l’opération est estimé entre 70 et 80 millions d’euros. Mise en service programmée pour l’automne 2020.

La réalisation du Boulevard Urbain Est entre Vénissieux et Vaulx-en-Velin est probablement le chantier le plus long de l’histoire de l’agglomération lyonnaise. Le tracé date de 1966 ! Et il a fallu attendre les années quatre-vingt-dix pour voir débuter la construction de cette “colonne vertébrale de l’est lyonnais” qui doit alléger la circulation, faciliter les déplacements de périphérie à périphérie, et permettre une desserte plus directe des zones d’activités économiques et commerciales. Par petits bouts, à raison d’un tronçon tous les deux ou trois ans, le BUE fait doucement son chemin. Sur les 14 km de voirie prévus, il ne manque plus aujourd’hui que quelques sections. Le Grand Lyon a récemment donné son feu vert à la construction d’une nouvelle portion de 2 km entre Décines et Vaulx-en-Velin.
Dans la partie sud du tracé, une difficulté majeure demeure : le franchissement des voies ferrées entre Vénissieux et Saint-Priest. Passer dessus ou dessous ? Longtemps la question est restée en suspens. Les techniciens du Grand Lyon viennent de rendre leur copie ; ils se prononcent pour un viaduc qui fera la jonction entre le chemin du Charbonnier et la route de Lyon. Les travaux devraient commencer en 2018 pour s’achever en 2020 et coûter entre 70 et 80 millions d’euros. L’information a été officialisée le 4 juin, lors d’une réunion publique de concertation à l’hôtel de ville de Vénissieux.
L’option d’un passage souterrain était difficilement défendable : plus chère (180 millions), deux fois plus longue à réaliser, et surtout risquée écologiquement pour la nappe phréatique. Le BUE prendra donc les airs pour franchir — dans l’ordre — le chantier de transport combiné rail-route de la société Naviland Gargo, les aiguillages de la gare de triage de Saint-Priest puis la ligne Lyon-Chambéry. Le tablier du pont aura une longueur de 220 mètres, mais avec les rampes d’accès l’ouvrage atteindra 800 mètres.
Si l’option technique ne fait plus de doute, il reste encore à choisir entre deux variantes du pont : la première mettant les modes doux de circulation (vélos et piétons) au même niveau que les véhicules motorisés ; la seconde les plaçant légèrement en contrebas.

Les riverains encore oubliés ?

Michèle Picard, maire de Vénissieux, s’est félicitée de ce nouveau pas dans la réalisation du BUE. “Mais il ne faut pas se contenter d’une voirie petit bras, d’une voirie a minima, a-t-elle averti. Deux questions essentielles demeurent : l’insertion de l’ouvrage dans le paysage urbain auquel on doit rester attentif, et le problème des entrées et sorties du site Naviland Cargo.”
Ce problème, presque aussi ancien que le projet du BUE, empoisonne la vie des riverains du chemin du Charbonnier qui voient passer chaque jour sous leurs fenêtres des centaines camions. Avec le soutien des municipalités de Vénissieux et Saint-Priest, l’association de quartier “Halte aux bruits et à la vitesse” a obtenu du Grand Lyon la création d’un nouvel accès à Naviland Cargo par la rue du Beaujolais, plus éloignée des habitations. Cet accès existe depuis 2002, mais il n’est utilisé que dans le sens des sorties ! RFF (Réseau ferré de France) rechigne toujours à aménager la voirie qui permettrait un double sens de circulation des poids lourds à l’intérieur du site.
Les riverains et les deux communes ont cru toucher au but en janvier dernier quand RFF les a informés qu’un financement de 3,4 millions d’euros était bouclé, supporté à moitié par l’État via des fonds européens. Et patatras : fin mai, la préfecture annonce que les fonds publics promis ne sont plus disponibles. Ils seraient utilisés pour l’aménagement de la plateforme mutimodale de la Part-Dieu. Retour à la case départ.
Les maires de Vénissieux et Saint-Priest ont décidé de protester auprès du préfet dans un courrier commun. Lors de la réunion publique du 4 juin, Pierre Abadie, vice-président du Grand Lyon en charge des déplacements, a qualifié la décision préfectorale de “navrante”. Daniel Goux, premier adjoint au maire de Saint-Priest, est allé plus loin : “Le préfet a décidé tout seul dans son coin, ce comportement n’est pas honnête, c’est même inadmissible.”

Concertation jusqu’au 12 juillet

Après le rendez-vous du 4 juin à Vénissieux, une seconde réunion publique de concertation est programmée le 27 juin, à 18 heures, à l’hôtel de ville de Saint-Priest. Le dossier de consultation du projet est à la disposition du public jusqu’au 12 juillet à la communauté urbaine (rue du Lac) et dans les maires de Vénissieux et Saint-Priest.

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