Quand les lycéennes apprennent aux mamies à sculpter

Après avoir appris, avec le sculpteur Bachir Hadji, enseignant aux ateliers municipaux Henri-Matisse, à façonner des visages dans la glaise, des lycéennes de Jacques-Brel transmettent à leur tour ce savoir. Jeudi, c’est à la résidence pour personnes âgées Ludovic-Bonin que le « cours » avait lieu.

Ce 10 janvier, la résidence de personnes âgées Ludovic-Bonin recevait quelques élèves de 2nd ASSP (Accompagnement, soins et services à la personne) du lycée Jacques-Brel. Ceux-là participent au projet artistique et culturel « La sculpture au service des sens » mené par Habiba Tebbakh et Sophie Benzina, respectivement enseignante de STMS (Sciences et techniques médico-sociales) et documentaliste. Avec le soutien de la mairie, Marie-Luce Renard, la directrice de la résidence, est toujours partante pour tisser des liens avec d’autres structures.
Dans un premier temps, les lycéens ont appris, avec le sculpteur Bachir Hadji, enseignant aux ateliers municipaux Henri-Matisse, à façonner des visages dans la glaise. Le but est de transmettre ensuite ce savoir nouvellement acquis à deux publics différents, des enfants et des personnes âgées, auxquels ils seront confrontés dans leur future profession. Ils devront ensuite communiquer sur l’exposition de tout ce qui aura été fabriqué (par les élèves, les enfants de Charles-Perrault et les résidants de Ludovic-Bonin), qui sera montrée en fin d’année scolaire au lycée.

 

« Avec le lycée Jacques-Brel et d’autres partenaires, précise Antonia Manassieva (aide-soignante à la résidence), nous avons mené pas mal d’activités : des marionnettes, un écrivain, un atelier chansons, un tournage… Mais c’est la première fois que les résidantes pratiquent la sculpture. Plus tard, nous irons visiter l’atelier de Bachir Hadji, qui expliquera les différentes techniques. Quand nous leur avons dit que Bachir était l’artiste qui avait sculpté Le Regardeur, que l’on voit sur le toit du cinéma Gérard-Philipe, elles ont tout de suite été intéressées. »
Autour de deux grandes tables, douze lycéennes et six vieilles dames (une septième les rejoindra un peu plus tard) sont installées. Bachir Hadji passe des unes aux autres. Pour une fois, ce sont les plus âgées qui écoutent les conseils que leur prodiguent les plus jeunes. Sur une feuille, sont dessinées des expressions (neutre, gaieté, joie, étonnement, tristesse et colère) que les résidantes devront façonner dans la glaise. Ensuite, au gré de leur fantaisie et des conseils des jeunes, elles ajouteront des oreilles, des nez, des cheveux, des barbes, des moustaches… et, donc, des sourcils.

 


« Heureusement qu’elle m’apprend, commente cette dame en désignant une élève : je suis complètement nulle ! » Tout le monde reconnaît que ces séances se déroulent très bien. « Pour mon futur travail, remarque une lycéenne, je préfère les personnes âgées que les enfants. Ce n’est pas compliqué de leur apprendre, elles comprennent très vite. » À quoi son élève aux cheveux blancs répond : « Il faut que vous veniez plus souvent, pour qu’on s’améliore. »
Une autre dame avoue : « Je faisais ma sieste et j’ai un peu rouspété quand on est venu me chercher. Mais je ne regrette pas. C’est bien de faire des activités. Et nous avons des profs incroyables ! Ces petites sont douces et gentilles : elles méritent de réussir dans la vie ! »

 

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