Veninov : Johann Windhager donne signe de vie mais ne convainc personne

Ce n’est pas un plan de reprise en bonne et due forme transmis au tribunal de commerce de Nanterre, mais c’est déjà ça. Johann Windhager, le P-DG de Windhager, a répondu mardi soir à la lettre ouverte que lui avait envoyée fin décembre le député honoraire du Rhône André Gerin.
Un courrier long de trois pages, dans lequel l’industriel autrichien s’insurge (beaucoup) contre les accusations portées par André Gerin*, et répond (un peu) sur le fond. “Notre souhait n’a jamais été de dénigrer le site de Vénissieux, et encore moins les salariés qui l’occupent, écrit ainsi Johann Windhager. Nous sommes conscients de l’attachement manifesté par les salariés à leur ancien site de production et en sommes touchés.” Cette couche de pommade passée, le ton se durcit. “La vie économique nous impose d’être réalistes (…), la plupart des machines qui se trouvent sur le site sont aujourd’hui obsolètes. Il a d’ailleurs toujours été très clair que notre entreprise ne rachetait pas l’un des fleurons de l’industrie française, mais un certain nombre d’actifs d’une société en liquidation judiciaire.” Des remarques fort de café, lorsque l’on consulte la proposition de reprise faite par Windhager au début de l’année 2012, laquelle évoque successivement, dans les points forts du site de Vénissieux, “le haut niveau technique des machines” ainsi que “l’imprimerie avec des capacités techniques extraordinaires” !
“Windhager n’envisage pas de pouvoir occuper de manière objective plus de 11 à 15 personnes au début du second trimestre 2013, poursuit l’industriel. Nous sommes conscients que cela est inférieur à nos premières estimations, mais mieux vaut être réaliste et fiable que de faire croire en des chimères. (…) Notre business plan permet cependant d’envisager l’emploi d’un nombre de salariés plus important par la suite et d’installer dès le second trimestre 2013 une nouvelle machine. (…) La commercialisation des produits Venilia implique l’utilisation, dans un premier temps, d’environ 400 cylindres (sur plusieurs milliers au total) qui se trouvent dans les locaux de Vénissieux. Ces cylindres doivent être mis en place dans des machines de production ultramodernes sur le site de Boekelo, aux Pays-Bas.”
“Insuffisant et hors de question”, rétorque en substance André Gerin. “L’usine a été laissée à l’abandon depuis 7 mois, rappelle le député honoraire. Heureusement que les salariés en lutte se sont relayés pour protéger et préserver leur entreprise. Il est hors de question que les cylindres, qui représentent la valeur ajoutée de l’usine de Vénissieux, quittent l’entreprise. Contrairement à ce qui est dit, je veux affirmer que les machines ne sont pas obsolètes car il est tout à fait possible, à court terme, de produire de la toile cirée. À ce jour, il n’y a toujours pas de business plan sérieux, présenté par Windhager pour la relance de l’activité du site industriel de Vénissieux.”
Le préfet du Rhône, Jean-François Carenco, a pour sa part estimé dans un entretien accordé à l’AFP, que cette réponse ne lui “convenait pas” : “Les propositions de Windhager ne sont pas assez significatives pour permettre une reprise de la production industrielle.” Et le préfet de demander au groupe autrichien “de nouvelles propositions crédibles”.
Les Veninov, eux, sont donc toujours dans l’expectative. Une nouvelle rencontre doit être organisée prochainement à la préfecture.

* André Gerin rappelait notamment dans son courrier que Windhager n’était jamais venu réaliser un audit du site, avait laissé l’usine à l’abandon, et craignait que le groupe autrichien ne soit intéressé que par les marques du groupe Alkor-Venilia

Une pensée sur “Veninov : Johann Windhager donne signe de vie mais ne convainc personne

  • 11 janvier 2013 à 19 h 47 min
    Permalink

    La prise de position de Windhager est vraiment trouble…
    Cette situation apporte son lot de questions ; le nappage les intéresse-t-il vraiment; l’a t’il jamais intéressé?

    Leur unique but ne serait-il pas plutôt de financer un nouveau site logistique situé en France, dédié à la distribution de leurs produits moustiquaires jardinerie, grâce aux subventions obtenues auprès du gouvernement Français?

    La question mérite d’être posée… D’Autriche, la proche banlieue de Lyon est idéalement située pour desservir logistiquement les marchés d’Europe du Sud… Italie, Espagne, Portugal.

    Le projet initial de Windhager apparaitrait alors plus limpide ; plus machiavélique d’un point de vue financier : il aurait « suffit » de :

    1) racheter pour une bouchée de pain les marques, l’usine, les cylindres et le foncier du site de Veninov.

    2) faire pression auprès des acteurs du marché nappage pour leur vendre les licences d’exploitation des marques Bulgomme & Venilia

    3) obliger ces acteurs à faire « tourner » l’usine quelques mois le temps que la surveillance de l’état sur les aides accordées s’estompe.
    (Quitte à motiver ultérieurement la fermeture définitive de Veninov, par l’incapacité de l’acteur repreneur à n’avoir pu faire « tourner » correctement le site de Veninov… )

    -> En contrepartie bénéficier des aides de l’état pour financer intégralement leur nouveau centre de distribution Européenne…

    Dans cette hypothèse, pourrait-on se dire qu’aucun des acteurs du nappage Français sollicités par leurs soins, n’aurait accepté de participer à une éventuelle collaboration « douteuse »?

    -> Windhager se retrouverait il aujourd’hui pris à son propre piège ? Le bec dans l’eau ?

    Son seul partenaire Hollandais ne serait-il quant à lui uniquement intéressé par les cylindres et marques… Après tout, le marché Français, n’est pas sa spécialité.

    Van Merkstjein dispose des machines et n’a aucun besoin de Veninov et encore moins de l’embarras de la gestion d’un site de production Français ; par contre : des cylindres oui !

    Tout cela semble actuellement se concrétiser : subventions, opération immobilière : mais que fait-on du pillage du patrimoine Français et des dizaines de familles avec qui, des requins étrangers sont en train de jouer depuis si longtemps désormais ??

  • 11 janvier 2013 à 19 h 47 min
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    La prise de position de Windhager est vraiment trouble…
    Cette situation apporte son lot de questions ; le nappage les intéresse-t-il vraiment; l’a t’il jamais intéressé?

    Leur unique but ne serait-il pas plutôt de financer un nouveau site logistique situé en France, dédié à la distribution de leurs produits moustiquaires jardinerie, grâce aux subventions obtenues auprès du gouvernement Français?

    La question mérite d’être posée… D’Autriche, la proche banlieue de Lyon est idéalement située pour desservir logistiquement les marchés d’Europe du Sud… Italie, Espagne, Portugal.

    Le projet initial de Windhager apparaitrait alors plus limpide ; plus machiavélique d’un point de vue financier : il aurait « suffit » de :

    1) racheter pour une bouchée de pain les marques, l’usine, les cylindres et le foncier du site de Veninov.

    2) faire pression auprès des acteurs du marché nappage pour leur vendre les licences d’exploitation des marques Bulgomme & Venilia

    3) obliger ces acteurs à faire « tourner » l’usine quelques mois le temps que la surveillance de l’état sur les aides accordées s’estompe.
    (Quitte à motiver ultérieurement la fermeture définitive de Veninov, par l’incapacité de l’acteur repreneur à n’avoir pu faire « tourner » correctement le site de Veninov… )

    -> En contrepartie bénéficier des aides de l’état pour financer intégralement leur nouveau centre de distribution Européenne…

    Dans cette hypothèse, pourrait-on se dire qu’aucun des acteurs du nappage Français sollicités par leurs soins, n’aurait accepté de participer à une éventuelle collaboration « douteuse »?

    -> Windhager se retrouverait il aujourd’hui pris à son propre piège ? Le bec dans l’eau ?

    Son seul partenaire Hollandais ne serait-il quant à lui uniquement intéressé par les cylindres et marques… Après tout, le marché Français, n’est pas sa spécialité.

    Van Merkstjein dispose des machines et n’a aucun besoin de Veninov et encore moins de l’embarras de la gestion d’un site de production Français ; par contre : des cylindres oui !

    Tout cela semble actuellement se concrétiser : subventions, opération immobilière : mais que fait-on du pillage du patrimoine Français et des dizaines de familles avec qui, des requins étrangers sont en train de jouer depuis si longtemps désormais ??

  • 11 janvier 2013 à 19 h 47 min
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    La prise de position de Windhager est vraiment trouble…
    Cette situation apporte son lot de questions ; le nappage les intéresse-t-il vraiment; l’a t’il jamais intéressé?

    Leur unique but ne serait-il pas plutôt de financer un nouveau site logistique situé en France, dédié à la distribution de leurs produits moustiquaires jardinerie, grâce aux subventions obtenues auprès du gouvernement Français?

    La question mérite d’être posée… D’Autriche, la proche banlieue de Lyon est idéalement située pour desservir logistiquement les marchés d’Europe du Sud… Italie, Espagne, Portugal.

    Le projet initial de Windhager apparaitrait alors plus limpide ; plus machiavélique d’un point de vue financier : il aurait « suffit » de :

    1) racheter pour une bouchée de pain les marques, l’usine, les cylindres et le foncier du site de Veninov.

    2) faire pression auprès des acteurs du marché nappage pour leur vendre les licences d’exploitation des marques Bulgomme & Venilia

    3) obliger ces acteurs à faire « tourner » l’usine quelques mois le temps que la surveillance de l’état sur les aides accordées s’estompe.
    (Quitte à motiver ultérieurement la fermeture définitive de Veninov, par l’incapacité de l’acteur repreneur à n’avoir pu faire « tourner » correctement le site de Veninov… )

    -> En contrepartie bénéficier des aides de l’état pour financer intégralement leur nouveau centre de distribution Européenne…

    Dans cette hypothèse, pourrait-on se dire qu’aucun des acteurs du nappage Français sollicités par leurs soins, n’aurait accepté de participer à une éventuelle collaboration « douteuse »?

    -> Windhager se retrouverait il aujourd’hui pris à son propre piège ? Le bec dans l’eau ?

    Son seul partenaire Hollandais ne serait-il quant à lui uniquement intéressé par les cylindres et marques… Après tout, le marché Français, n’est pas sa spécialité.

    Van Merkstjein dispose des machines et n’a aucun besoin de Veninov et encore moins de l’embarras de la gestion d’un site de production Français ; par contre : des cylindres oui !

    Tout cela semble actuellement se concrétiser : subventions, opération immobilière : mais que fait-on du pillage du patrimoine Français et des dizaines de familles avec qui, des requins étrangers sont en train de jouer depuis si longtemps désormais ??

  • 11 janvier 2013 à 19 h 47 min
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    La prise de position de Windhager est vraiment trouble…
    Cette situation apporte son lot de questions ; le nappage les intéresse-t-il vraiment; l’a t’il jamais intéressé?

    Leur unique but ne serait-il pas plutôt de financer un nouveau site logistique situé en France, dédié à la distribution de leurs produits moustiquaires jardinerie, grâce aux subventions obtenues auprès du gouvernement Français?

    La question mérite d’être posée… D’Autriche, la proche banlieue de Lyon est idéalement située pour desservir logistiquement les marchés d’Europe du Sud… Italie, Espagne, Portugal.

    Le projet initial de Windhager apparaitrait alors plus limpide ; plus machiavélique d’un point de vue financier : il aurait « suffit » de :

    1) racheter pour une bouchée de pain les marques, l’usine, les cylindres et le foncier du site de Veninov.

    2) faire pression auprès des acteurs du marché nappage pour leur vendre les licences d’exploitation des marques Bulgomme & Venilia

    3) obliger ces acteurs à faire « tourner » l’usine quelques mois le temps que la surveillance de l’état sur les aides accordées s’estompe.
    (Quitte à motiver ultérieurement la fermeture définitive de Veninov, par l’incapacité de l’acteur repreneur à n’avoir pu faire « tourner » correctement le site de Veninov… )

    -> En contrepartie bénéficier des aides de l’état pour financer intégralement leur nouveau centre de distribution Européenne…

    Dans cette hypothèse, pourrait-on se dire qu’aucun des acteurs du nappage Français sollicités par leurs soins, n’aurait accepté de participer à une éventuelle collaboration « douteuse »?

    -> Windhager se retrouverait il aujourd’hui pris à son propre piège ? Le bec dans l’eau ?

    Son seul partenaire Hollandais ne serait-il quant à lui uniquement intéressé par les cylindres et marques… Après tout, le marché Français, n’est pas sa spécialité.

    Van Merkstjein dispose des machines et n’a aucun besoin de Veninov et encore moins de l’embarras de la gestion d’un site de production Français ; par contre : des cylindres oui !

    Tout cela semble actuellement se concrétiser : subventions, opération immobilière : mais que fait-on du pillage du patrimoine Français et des dizaines de familles avec qui, des requins étrangers sont en train de jouer depuis si longtemps désormais ??

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