Connectez-vous avec nous

Bonjour, que cherchez-vous ?

Culture

"Les femmes savantes" : cuisine relevée au Théâtre de Vénissieux

La compagnie du Détour, en résidence à Vénissieux, s’empare avec jubilation du texte de Molière. Un classique revisité sur le mode burlesque avec une cuisine qui finit en champ de bataille ! À voir les 13 et 14 décembre.

Quand il s’agit de monter un Molière, alors que certains insistent sur l’époque (costumes, musique voire jeu), d’autres préfèrent s’en tenir au texte en modernisant décors, costumes voire action. C’est le cas de la compagnie du Détour, actuellement en résidence au Théâtre de Vénissieux. « Les femmes savantes » est une pièce écrite en alexandrins et, curieusement, on entend mieux le texte lorsqu’il est joué d’une manière décontractée, en jogging dans une cuisine moderne (on aurait pu tout aussi bien écrire nuisette, chemise sur slip et chaussettes vertes ou costume branchouille).
Le premier parti pris de ces formidables « Femmes savantes », qui font autant rire la salle que réfléchir, est énoncé par le metteur en scène Agnès Larroque : « Nous avons supprimé deux valets et gardé les 11 personnages principaux, interprétés par cinq actrices. Chacune joue un rôle masculin et un rôle féminin, parfois plus, avec des perruques différentes. »
Avec quelques coupures ici et là et des scènes allégées (« pour privilégier l’action à la parole »), ces « Femmes savantes » se déroulent sur une journée, du petit-déjeuner au début de soirée. « Si Molière se moque du féminisme, reprend Agnès, alors on se moque de Molière qui se moque du féminisme. La distribution entièrement féminine est un point de vue. Il y a des signes qui donnent notre avis sur la pièce. » On pense bien entendu à cette dinde qui, enfournée en direct, cuit pendant tout le spectacle, mise en parallèle avec le personnage d’Henriette, qui veut se marier.
Cette « mise à distance » est revendiquée par l’équipe : « On s’écarte du salon et des livres pour privilégier le théâtre burlesque, donc concret, avec des objets qui cassent. La cuisine le permet et apporte une vision ironique de la femme et de son asservissement. Ces personnages sont vraiment de 2012 et les alexandrins, qui devraient être datés, se font entendre de manière actuelle. »
Il faut saluer en premier lieu le tonus des comédiennes (Adeline Benamara, Frédérique Moreau de Bellaing, Agnès ou Valérie Larroque, Irène Chauve et Laure Séguette). Elles passent d’un personnage à l’autre avec brio, sont obligées de se remplacer quand les deux protagonistes joués par la même actrice sont en présence sur scène et ponctuent leurs répliques (difficiles à dire puisqu’en alexandrins) de gestes ou de mimiques qui déclenchent les rires. Le danger serait que tout cela soit un peu trop appuyé mais il n’en est rien : tout est fait en légèreté. De la même manière que les actrices, à toute occasion, envoient tout valdinguer, Agnès Larroque secoue le classicisme rattaché à Molière et, sans en modifier le texte, le rend perceptible à tous, jusqu’aux plus jeunes.

Jeudi 13 et vendredi 14 décembre – 20h
D’après Molière
Cie du détour
Mise en scène Agnès Larroque (Lyon)
Compagnie en résidence dans le cadre de la Petite Babel
À partir de 13 ans
Durée : 1h25

http://www.theatre-venissieux.fr/

Cliquer pour commenter

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Vous aimerez également

Actus

Ce 23 juin, était dévoilée la nouvelle saison de La Machinerie, qui réunit le Théâtre de Vénissieux et "Bizarre !", l'équipement de musiques actuelles....

Culture

Ce 6 mai, le Théâtre de Vénissieux avait pris des allures de club new-yorkais : boules à facettes, haies d'honneur saluant les couples dansant...

Culture

Ce 6 mai à partir de 18h30, ne ratez pas la dernière soirée de la saison au Théâtre de Vénissieux.

Culture

Le Théâtre de Vénissieux mène avec l'Ehpad La Maison du tulipier et le lieu ressource Capso un projet intergénérationnel.

Culture

Les Belges du collectif Mensuel reprennent d'assaut la scène du Théâtre de Vénissieux pour Sabordage. Du percutant, du marrant, du subversif.