Sélections cannoises : bons vents sur la Croisette

Thierry Frémaux et Gilles Jacob (photo Christian Delvoye)

Qu’est-ce qu’une programmation sinon une liste de noms ? À part que pour le festival de Cannes, celle-ci peut s’avérer très excitante. Comme l’a montré la conférence de presse donnée à Paris par Gilles Jacob et Thierry Frémaux, respectivement président et délégué général du festival. Et, pour ce dernier, enfant des Minguettes, élevé à quelque pas du cinéma Gérard-Philipe. Marrainée par une Marilyn plus glamour que jamais soufflant sur sa bougie, l’affiche de Cannes 2012 est un florilège du cinéma contemporain, réunissant ce qui se fait de meilleur.

Du côté de la sélection officielle, les grands anciens (Alain Resnais, Bernardo Bertolucci, Philip Kaufman) y côtoient les petits jeunes qui grimpent : Jeff Nichols, l’auteur de “Take Shelter”, présente “Mud” ; John Hillcoat, remarqué pour “The Road”, arrive avec “Lawless” ; Andrew Dominik, dont on n’a pas oublié “L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford”, propose “Killing Them Softly” ; Lee Daniels, fort de son “Precious”, est attendu avec “The Paperboy” et Matteo Garrone avec “Reality”, lui qui avait emballé tout le monde avec “Gomorra”. Seront également présents plusieurs détenteurs d’une Palme d’or : Michael Haneke (“Amour”), Abbas Kiarostami (“Like Someone in Love”), Ken Loach (“La part des anges”), Cristian Mungiu (“Au-delà des collines”). Les valeurs sûres ne laisseront pas leur place pour un empire. Citons pêle-mêle David Cronenberg (“Cosmopolis”), Jacques Audiard (“De rouille et d’os”), Wes Anderson (“Moonrise Kingdom”), Hong Sangsoo (“In Another Country”), Yousry Nasrallah (“Après la bataille”), Carlos Reygadas (“Post Tenebras Lux”) ou Walter Salles, dont on se demande ce que pourra bien être “Sur la route”, adaptation du mythique bouquin de Kerouac. Comme dans un bon film de Romero, la sélection officielle annonce également un revenant, Léos Carax avec “Holy Motors”.
C’est souvent sur les à-côtés que les vrais coups de cœur se font : les annonces des séances de minuit font saliver, avec un “Dracula” signé Dario Argento et un Takashi Miike de derrière les fagots (“Ai To Makoto”). Et du côté d’Un certain regard, les produits alléchants se bousculent au portillon : le fils de David Cronenberg, Brandon, propose “Antiviral”, Delepine et Kervern nous préparent “Le grand soir” et Koji Wakamatsu, cinéaste japonais incontrôlable et incontrôlé, prolifique dans les années 60/70, revient avec “Le jour où Mishima a choisi son destin”.
Dernières cerises sur le gâteau cannois, trois “leçons de cinéma” sont prévues cette année, en compagnie de Philip Kaufman, du musicien Alexandre Desplat et, la plus excitante, de Norman Lloyd, âgé de 97 ans (c’est lui qui tombe de la statue de la Liberté dans “Cinquième colonne” de Hitchcock).
Sans avoir besoin d’aller jusqu’à la Croisette, on pourra voir au cinéma Gérard-Philipe, pendant le festival ou dans la foulée “De rouille et d’os” de Jacques Audiard (à partir du 16 mai), “Moonrise Kingdom” de Wes Anderson (à partir du 23 mai), le le film d’animation en 3D “Madagascar 3” (en avant-première le 3 juin puis à partir du 6 juin), “Cosmopolis” de David Cronenberg et “Le grand soir” de Benoît Delépine et Gustave Kervern (tous deux à partir du 6 juin, le second en sortie nationale).

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