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“Le Jour où j’ai rencontré Ben Laden” : de 2001 à aujourd’hui

À l’occasion de la sortie du tome 2 du “Jour où j’ai rencontré Ben Laden”, une conférence de presse a réuni le dessinateur de ce roman graphique, les deux protagonistes vénissians du récit, le député-maire André Gerin qui réussit à les tirer de Guantanamo, et une représentante d’Amnesty International.

Marie-Annick Zuliani, Jérémie Dres, André Gerin, Nizar Sassi et Mourad Benchellali au Club de la presse

Nous avons déjà parlé dans nos colonnes des deux tomes du roman graphique de Jérémie Dres, Le Jour où j’ai rencontré Ben Laden, parus aux éditions Delcourt/Encrages. Ce 26 janvier, au Club de la presse de Lyon, l’auteur de la bande dessinée se retrouvait avec les deux protagonistes vénissians du récit, Mourad Benchellali et Nizar Sassi, le député-maire de Vénissieux de l’époque, André Gerin, et une représentante de l’antenne locale d’Amnesty International, Marie-Annick Zuliani.

Le Jour où j’ai rencontré Ben Laden retrace donc l’itinéraire de Mourad et Nizar, deux jeunes des Minguettes d’une vingtaine d’années à l’époque des faits (2001), qui se retrouvent en Afghanistan puis à Guantanamo. Soutenu par André Gerin, un comité de soutien parviendra à extirper “les deux gamins de Vénissieux” de cette zone de non-droit pour être jugés en France. Il fut aidé par Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, qui témoigne dans la bédé.

Pour le député-maire, il ne s’agit pas juste de revenir sur un épisode passé. “Les questions qu’on se posait à l’époque sont encore là, et aggravées, qui concernent l’endoctrinement et un certain nombre d’autres choses. En 2023, Nizar et Mourad osent parler de la lutte contre la radicalisation. Il serait bon de réveiller la classe politique sur un sujet qu’elle néglige voire ignore.”

Jérémie Dres, qui n’avait pas entendu parler de cette histoire en 2001, reconnaît que le 11 septembre a laissé sur sa génération “une grosse empreinte”. En 2016, la rediffusion d’une émission de France Culture lui fait connaître l’aventure des deux Vénissians. “Il se faisait alors une relecture de leur histoire après coup, suite aux nombreux départs vers la Syrie. Il y avait une résonance avec l’actualité.” Jérémie contacte Nizar et Mourad et mène une véritable enquête pour retracer leur itinéraire.

De l’Afghanistan à la Syrie

Pourquoi ont-ils accepté ? Mourad trouvait judicieux de “faire de cette bande dessinée un support de prévention”. Il explique : “Je suis confronté à de jeunes musulmans français attirés par le même parcours que le mien mais pour de mauvaises raisons : le djihad.” Nizar, quant à lui, était plus réticent, ayant eu “une mauvaise expérience avec les journalistes”. Il avoue : “Le premier tome, je n’ai pas réussi à le lire. C’est une boîte de Pandore que j’ai refermée et que je n’avais pas envie de rouvrir. Il s’agit quand même de la pire décision que j’ai prise dans ma vie. Le deuxième parle des conséquences et là, oui, je l’ai lu. C’est un super travail que je peux présenter à mes enfants.”

André Gerin revient sur son engagement : “Beaucoup de mes proches me critiquaient. Et il y a eu le soutien de Dominique de Villepin, puis de Jean-Louis Borloo qui était venu à Vénissieux.”

Marie-Annick apporte des précisions sur Guantanamo : “Le camp ouvre le 11 janvier 2002. Avec, aujourd’hui encore, des prisonniers toujours pas inculpés. Au départ, ils étaient vendus aux Américains par des Afghans ou des Pakistanais. Plusieurs fois, la Cour suprême a tenté de contrer le gouvernement Bush mais tout a continué en toute impunité. 779 personnes, dont des enfants, sont passées à Guantanamo, toutes torturées. 35 ou 36 y sont encore.”

Mourad ramène la discussion sur le terrain de l’actualité : “Cette bande dessinée raconte comment deux jeunes quittent leur pays pour se mettre en danger. Elle parle de la jeunesse en général et elle est importante parce que chaque jeune Français peut s’identifier. Les conditions sociales font que de plus en plus de jeunes sont vulnérables. Pourtant, on assiste à une démobilisation des actions de terrain, comme si les politiques étaient passés à autre chose.”

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