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Grève des soignants : « On pensait que le Covid allait servir de leçon »

Une trentaine de salariés du Groupe hospitalier des Portes du Sud a fait grève ce mercredi afin de réclamer une revalorisation des salaires et de meilleures conditions de travail.

« Notre métier perd tout son sens », dénonce Pompea Gemelli, infirmière et élue CGT du Groupe hospitalier mutualiste (GHM) Les Portes du Sud. Ce mercredi, ils étaient une trentaine d’aides-soignants, infirmiers ou encore brancardiers, réunis devant l’établissement afin de demander de meilleures conditions de travail ainsi qu’une hausse des salaires.

Cela fait maintenant plus de quarante ans que Pompea Gemelli exerce le métier d’infirmière et au fil des années, elle a vu ses conditions de travail nettement se dégrader. « Nous fermons de nombreux lits, nous avons plus de patients, on essaie de faire au mieux, on se rend malade », témoigne-t-elle.

En plus de ces conditions, le manque d’attractivité pour les métiers de la santé impacte directement les soignants. En cause, notamment, les salaires qui stagnent depuis maintenant 20 ans. Le point d’indice, qui permet de calculer le salaire des agents de santé, a augmenté de seulement 0,296 € depuis 2003. « La plupart des salariés sont au SMIC. Nous avons des salaires de misère, ce qui entraîne une pénurie de personnel, continue Pompea Gemelli. Les infirmiers préfèrent désormais se mettre en libéral ou alors vont dans des établissements de santé où ils sont mieux rémunérés. »

Face à cette perte de sens, cette pénibilité de travail et ce manque de reconnaissance, les soignants sont déçus : « On pensait que le Covid allait servir de leçon, mais ça a été tout le contraire », nous dit Sylvia Bachelet, aide-soignante et animatrice à la maison de retraite La Solidage, qui fait aussi partie du mouvement de grève.

Véronique Forestier, adjointe au maire en charge de l’Éducation, Saliha Prudhomme-Latour, adjointe au maire en charge des Politiques sociales, Amel Khammassi, conseillère municipale, Pierre-Alain Millet, adjoint au maire en charge du Logement et Gisèle Putoud, députée suppléante d’Idir Boumertit, étaient venus apporter leur soutien aux grévistes. « L’hôpital public est en grande difficulté depuis des années, les conditions de travail sont terribles, des lits sont supprimés, il faut les soutenir ! Nous avons demandé une mission d’évaluation auprès de la Métropole afin de faire un état des lieux des difficultés dans les hôpitaux du territoire », affirme Pierre-Alain Millet.

Les soignants espèrent une augmentation de 3% de leurs salaires afin de compenser l’inflation. Des négociations sont en cours avec la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés solidaires, elles devraient se terminer d’ici la fin de l’année.

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