Musée de la Résistance : hommage à deux fusillés des FTP-MOI

Le 22 juillet, un hommage a été rendu aux résistants de la FTP-MOI Nicolas Aizenberg et Léon Szwarcbart, assassinés par les nazis dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944, dont les noms figurent sur la plaque apposée sur le mur du musée de la Résistance.

Ce 22 juillet, Michèle Picard a participé à un temps de commémoration devant la stèle dédiée aux martyrs de la FTP-MOI Carmagnole, située sur le fronton du musée de la Résistance (Maison Rol-Tanguy), place Léon-Sublet. Deux gerbes ont été déposées par le maire et par Jean Lévy, délégué régional de l’association des Fils et filles de déportés juifs de France, ancien président régional du Conseil représentatif des institutions juives de France.

Photo Yves Ricard

Tout est parti d’un courrier adressé à Michèle Picard par Pierre Bourgeat, représentant de l’association du Souvenir Français à Grenoble-Domène. Il évoquait deux résistants de l’unité Carmagnole de la MOI (Main d’œuvre immigrée), Nicolas Aizenberg alias Luc et Léon Szwarcbart alias Guillaume, dont les noms figurent sur la plaque apposée sur le mur du musée vénissian. Elle a été créée en 1988 par le sculpteur Bachir Hadji.

Né en Ukraine, Nicolas Aizenberg rejoint Paris, commence des études de médecine à Genève puis s’engage dans les Brigades internationales. Revenu à Paris en 1940, il fréquente la MOI, organisation mise en place par le Parti communiste et la CGTU (Confédération générale du travail unitaire). C’est sans doute là qu’il rencontre Léon Szwarcbart et sa compagne. Ensemble, ils partent à Lyon vers le début de l’année 1943, où a été créée l’unité “Carmagnole” des FTP-MOI, constituée d’étrangers agissant dans la Résistance aux côtés des FTPF (Francs-tireurs et partisans français).

À Lyon et à Grenoble, tous deux accomplissent plusieurs actions d’éclat courageuses : sabotages de voies ferrées, attentats contre des entreprises métallurgiques et de sciage, destruction de voitures et de camions allemands… Le 11 juillet 1944, Nicolas Aizenberg et Léon Szwarcbart sont arrêtés par les nazis à Grenoble et emprisonnés. La suite est racontée par Pierre Bourgeat : « Dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944, Léon est extrait de sa cellule pour être transporté en camion vers le Désert de l’Écureuil, à Seyssinet-Pariset. Au cours de ce transport, il retrouve Nicolas Aizenberg. À sa descente du camion, Léon, comme les neuf autres détenus, est abattu au pistolet-mitrailleur par des membres de la Sipo-SD allemande et des Français des JEN (Jeunes de l’Europe nouvelle dits, à tort, Waffen-SS français). »

Une famille s’est déplacée d’Israël pour cet hommage

Il ajoute : « Le terme de «fusillés» se caractérise dans la majorité des cas par un peloton d’exécution agissant au terme d’une procédure codifiée avec jugement, appel, mise à mort avec fusil et tir de balles dans le cœur par plusieurs membres d’un peloton, puis coup de grâce. L’exécution au Désert de l’Écureuil ne répond en rien à cette procédure. Ces dix résistants, au regard des impacts de balles constatés, ont été exécutés au pistolet-mitrailleur, sans doute par des hommes n’obéissant pas à un ordre. Puisqu’aucune trace de jugement n’existe, ces dix résistants ont donc été victimes d’un homicide volontaire. C’est pourquoi les termes d’exécution ou d’assassinat sont le plus souvent utilisés pour décrire cet évènement. Le Mémorial de l’oppression des Archives départementales du Rhône classe l’événement de Seyssinet-Pariset, comme d’autres de même nature, sous le terme pénal d’homicide volontaire. Le Mémorial de la Shoah utilise, quant à lui, le terme d’assassinat. »

La commémoration s’est effectuée en présence des familles, dont une venant d’Israël, avant un temps d’échange en mairie.

Photo Yves Ricard

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