Violences conjugales : quand on est confinée avec son bourreau

Le confinement risque de provoquer une augmentation des cas de violences conjugales. Les responsables d’associations, les militantes et les familles de femmes victimes sont inquiets. Le réseau d’écoute s’adapte à la situation.

Être confiné, c’est déjà compliqué pour des gens qui s’entendent bien, on peut donc s’attendre à ce que les victimes de violences conjugales vivent un enfer. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, vient d’indiquer que les numéros d’écoute, la plateforme gouvernementale, l’accompagnement dans les hébergements d’urgence et les procès au pénal contre les agresseurs sont maintenus.

Depuis le début du confinement, le numéro d’écoute 3919 connait une forte baisse du volume d’appels, avec 100 appels par jour contre 400 habituellement. Cette tendance est observée aussi dans les autres pays européens confinés. Elle ne signifie hélas pas une baisse des violences conjugales : la crise crée au contraire un terreau propice aux violences. Simplement, les victimes peuvent moins s’isoler pour contacter les services d’alerte et d’écoute.

Autre problème : les « écoutantes » du 3919 sont elles-mêmes confinées à domicile. La plateforme est donc en train de les équiper de téléphones portables et de matériel informatique, afin de permettre une écoute en télétravail. La secrétaire d’Etat comme la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF, l’association gestionnaire du 3919), tiennent à préserver les conditions de travail des écoutantes y compris psychologiquement. Les horaires de travail seront donc limitées strictement par jour et par écoutante, et une aide psychologique à distance sera mise en place. « Les écoutantes du 3919 sont des êtres humains et non des machines, beaucoup sont confinées avec leurs enfants. Il est de notre responsabilité de les préserver elles aussi, explique Marlène Schiappa. Répondre toute la journée à des situations de violences conjugales lorsque soi-même on est en situation de confinement et avec un ou plusieurs enfants à la maison est loin d’être optimal. Avec la FNSF, nous décidons en responsabilité en de faire vérifier d’abord si elles disposent de ce temps nécessaire, d’une pièce sans leurs enfants lors de ce temps de travail pour les protéger des conversations entendues, et de la capacité à gérer ces appels dans ces circonstances ».

Le 3919 sera disponible de 9h à 19h du lundi au samedi pour les semaines à venir. Le secrétariat d’État rappelle que le 3919 est un numéro d’écoute et d’accompagnement essentiel mais en aucun cas un numéro d’urgence. En cas d’urgence, il convient de faire le 17.

Enfin, la plateforme https://arretonslesviolences.gouv.fr, mise en place par le gouvernement, reste active 24/7j et permet de dialoguer avec des forces de l’ordre formées aux violences sexistes et sexuelles de manière anonyme et sécurisée. Pour rappel, celle-ci a donné lieu à plus de 7 000 échanges et 2 000 enquêtes.

À Vénissieux, la Direction unique prévention sécurité reste accessible au 04 72 50 02 72

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