Mémoire : le témoignage de Lydia, de retour d’Auschwitz

Élève de 3e au collège Paul-Éluard, Lydia Zerroug a récemment participé au voyage mémoriel organisé chaque année à Auschwitz par la Métropole de Lyon. Pour Expressions, où elle a effectué un stage en février, Lydia a fait le récit de cette visite qu’elle n’oubliera jamais.

Mercredi 13 mars, l’avion nous attendait. Pour la deuxième année consécutive, notre collège participait au voyage mémoire à Auschwitz organisé par la Métropole de Lyon. La sélection s’est faite sous forme de deux lettres de motivation : l’une venant du professeur et l’autre de tous les élèves. Notre préparation nous avait permis d’écouter les témoignages de Claude Bloch et Benjamin Orenstein et de visiter le mémorial de la prison Montluc et le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation.

Notre visite a commencé à Cracovie. Les nazis y ont fait construire un ghetto pour les Juifs le 3 mars 1941. Des usines ont également été bâties pour que ceux-ci soient astreints au travail forcé. Soixante-seize ans jour pour jour avant notre venue, le ghetto a été totalement vidé et ses habitants déportés vers les centres de mise à mort.
Le lendemain, nous nous sommes rendus dans les camps de concentration et d’extermination à Auschwitz. Là a été construit après l’invasion de la Pologne le plus grand complexe concentrationnaire de tout le régime nazi. Ce camp a fait plus d’un million de morts.
Nous avons d’abord visité Auschwitz I qui était un camp de concentration. Les premières personnes qui ont été emmenées dans ce camp ont été les prisonniers politiques polonais en 1940. Ensuite, sont venus les membres de la Résistance, les intellectuels, les homosexuels et les juifs. A l’entrée de ce camp nous pouvons lire une inscription : « Arbeit macht frei » qui veut dire : « Le travail rend libre ». Nous avons pu aller dans différents blocs tous plus effroyables les uns que les autres. Nous avons vu des images que nous n’oublierons jamais. Par exemple, des enfants nus, maigres et affamés. Beaucoup d’objets leur ayant appartenu aussi, jusqu’à leurs cheveux conservés par les nazis. Des êtres qui ne demandaient qu’à vivre et qui étaient innocents sont morts dans des conditions abominables.
Auschwitz II, lui, a été construit en 1941. C’était à la fois un camp de concentration et un centre de mise à mort. Après trois jours et trois nuits, dans les trains de marchandises, sans boire ni manger, les déportés apercevaient la lumière du jour. Certains étaient déjà morts dans le train. Au départ, ils ne se doutaient pas de ce qui allait leur arriver. Les déportés devaient avant tout passer par la sélection. Ceux qui étaient aptes à travailler étaient envoyés dans le camp de concentration et les plus faibles directement voués à la mort dans les crématoires. Ceux de Birkenau ont été détruits par les nazis, mais le matin à Auschwitz I nous avions pu visiter une chambre à gaz. Ce qui a été d’autant plus marquant ce sont les griffures que les déportés ont laissées lorsqu’ils étaient en train de périr. Une fois morts, ils étaient envoyés dans les fours crématoires.

Ce voyage nous a permis de comprendre le rôle important que nous aurons à jouer : nous nous engageons à devenir les témoins de l’atrocité qu’ont vécue tous ces déportés, afin de faire perdurer cette mémoire, pour qu’elle ne s’oublie pas. Les déportés se font de moins en moins nombreux. Cependant, leur histoire ne doit cesser d’être racontée. Nous nous devons d’intervenir pour rappeler tous ces actes commis contre l’humanité.

Texte et photo de Lydia Zeroug (élève de 3eme au college Paul-Eluard)

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