19 mars 1962 : la FNACA entre devoir de mémoire et revendications des droits

Jacky Julien, président du comité vénissian de la Fnaca, aux côtés de Michèle Picard, maire de Vénissieux, lors de la cérémonie du souvenir au cimetière de Vénissieux, , le 19 mars 2017. Photo R. Bert Expressions

La Fnaca fait vivre le souvenir des victimes de la « guerre sans nom », encourage la paix et combat le racisme. Elle fait aussi valoir les droits de ceux qui restent, obtenant que les appelés ayant servi en Algérie jusqu’en 1964 puissent bénéficier de la carte du combattant.

Ce 19 mars, comme chaque année depuis 57 ans, les anciens combattants commémoreront le cessez-le-feu ayant officiellement mis fin à la guerre d’Algérie, en 1962. Une cérémonie départementale se tiendra au Mémorial de Bron Parilly à 9h30, puis un moment de « souvenir et de recueillement » se déroulera à Vénissieux à 18 heures au nouveau cimetière.

La Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie) compte 290 600 adhérents au sein de 3 560 sections locales et départementales. Première organisation d’anciens combattants français en Afrique du Nord, la Fnaca s’est donné pour mission de « défendre les droits matériels et moraux de tous ceux ayant pris part à la guerre d’Algérie et aux combats du Maroc et de Tunisie ». Active pour faire vivre le souvenir de plus d’un million de jeunes gens plongés dans « une guerre dont il fallait taire le nom », la Fnaca s’élève aussi « contre l’ignorance qui nourrit le racisme et la haine », selon les termes du message qui sera lu partout en France le 19 mars.

« Le devoir de mémoire n’empêche pas la revendication de droits », rappelle Jacky Julien, qui préside le comité vénissian. « Trop peu de gens savent que nous avons obtenu l’extension de l’attribution de la carte du combattant à ceux d’entre nous qui ont séjourné en Algérie du 3 juillet 1962 au 1er juillet 1964, une période marquée par de grandes violences, notamment des attentats de l’OAS contre la population et les appelés du contingent, déplore le sexagénaire. Cette carte, en même temps qu’elle marque la reconnaissance de la nation, ouvre droit à une pension annuelle de 754 euros et à une demi-part fiscale. La mesure s’applique depuis le 1er janvier dernier. Pour y prétendre, il faut constituer un dossier que nous pouvons aider à constituer lors de nos permanences. »

Par ailleurs, depuis le 20 février, la Fnaca diffuse une “lettre ouverte au président de la République”, « pour lui rappeler les principaux les engagements qu’il n’a pas tenus à l’égard des anciens combattants en Afrique du Nord ». La lettre-pétition engage le gouvernement à « faire procéder à un examen attentif et objectif du pouvoir d’achat du point de pension militaire d’invalidité, dont le retard sur l’évolution des prix à la consommation atteint près de 7 % depuis 2005 ». La Fnaca demande aussi que la demi-part fiscale attribuée aux anciens combattants bénéficie, à leur décès, à leurs veuves. « Ce serait une juste reconnaissance pour ce que ces femmes ont vécu aux côtés d’hommes souvent marqués par cette guerre, et un hommage à leur précieux engagement d’aujourd’hui, indispensable pour faire vivre la mémoire d’une génération sacrifiée », estime Jacky Julien.

FNACA Vénissieux : permanences le 2e mardi de chaque mois de 16 à 17 heures, 26, rue du château, 69200 Vénissieux. Tel. 06 86 26 48 91

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