Nouvelle saison du Théâtre de Vénissieux : abonnez-vous !

Et si tout était, comme le suggère Françoise Pouzache, une histoire d’aimant ? La directrice de La Machinerie, qui lie la scène régionale du Théâtre de Vénissieux et Bizarre !, est également la programmatrice du théâtre. Lequel, rappelle-t-elle en cette soirée de présentation de sa nouvelle saison, « est un lieu de création qui soutient les jeunes compagnies » et leur propose des créations — six cette année —. Un lieu aussi où petits et grands se forgent « des souvenirs communs ». Où les artistes animent des ateliers avec les scolaires au sein de la Fourmilière. Où les tarifs sont attractifs « pour que chacun puisse y venir ». « Les aimants fonctionnent par paires… Le théâtre et vous, aimantez-vous ! »

« La culture et l’art sont un bien commun », assurait le maire Michèle Picard en introduction. Malgré les difficultés imposées par l’État, la Ville continue d’assumer un budget culturel de 8%, « pour que l’art fasse société ».

 

« La prochaine saison du théâtre, poursuivait Michèle Picard, sera ouverte sur le monde et sa diversité », avant de mettre en avant les créations et les résidences d’artistes, en partenariat avec la Région et l’État.

Adjoint à la culture, aux finances et au développement numérique, Bayrem Braiki précisait quel était le nouveau projet d’établissement de La Machinerie, cette structure créée il y a deux ans et demi : « Plutôt que de travailler côte à côte, il valait mieux mettre en valeur les compétences communes et réaliser un projet innovant, avec accompagnement d’artistes, pratique amateur et ouverture à un large public, en relation avec les habitants de Vénissieux. »

 

Il ne restait plus qu’à écouter Françoise Pouzache décliner la saison. Ce qui apparaît de prime abord, une orientation déjà amorcée l’an dernier, c’est la part importante accordée au jeune public : sur 25 spectacles, cinq seulement sont accessibles aux plus de 15 ans, les autres dès 4 (Le Ciel des ours), 5 (Mange tes ronces, Mirages), 6 (Les Envers du décor, Connectés, Loop), 7 (We are Monchichi), 8 (Fauna, Piletta Remix, Speakeasy, #Hashtag 2.0, Quand j’étais petit), 9 (Groenland Manhattan), 10 (À bien y réfléchir, Je me souviens, Garçons, Tendances urbaines) ou 12 ans (La Tempête, Le Conte d’hiver, La Vie titre provisoire).

« Loop » (Photo : Robin Montrau)

La saison 2018-19, c’est encore plusieurs ateliers et stages, des rencontres avant et après les spectacles, et deux compagnies en résidence : La Bande à Mandrin, menée par Juliette Rizoud, et le Théâtre Exalté de Baptiste Guiton. Et un nouveau look dynamisé par une plaquette réalisée par Guerillagrafik.

Laissons-nous porter dès à présent.

Petit tour dans la programmation : Shakespeare en résidence

Commençons par les spectacles adultes et les deux Shakespeare qui vont ponctuer cette saison. « Les deux propositions, indique Françoise Pouzache, sont assez différentes. Le Conte d’hiver est monté par L’Agence de voyages imaginaires dans une mise en scène de Philippe Car, un ancien de Cartoun Sardines. Ce sera très joyeux, décalé et toujours surnaturel. »

Présenté par La Bande à Mandrin, la compagnie en résidence, La Tempête est une création mise en scène par Juliette Rizoud. Laquelle avait déjà créé à Vénissieux, en janvier 2017, une version très marquée par le cirque de Roméo et Juliette. Autour de La Tempête, on pourra assister à une répétition publique du spectacle et les enfants (9-13 ans) pourront bénéficier d’un stage de théâtre et d’écriture pour « prolonger la rêverie shakespearienne ».

D’une autre compagnie en résidence, le Théâtre Exalté, Après la fin sera aussi créé sur la scène vénissiane. Baptiste Guiton, qui signe la mise en scène, n’est pas un inconnu. On lui doit déjà Cœur d’acier et Mon prof est un troll et c’est lui qui, l’an dernier, mit en place la soirée Tendances urbaines. Partant d’un texte du dramaturge britannique Dennis Kelly, Baptiste réunit dans un abri souterrain deux rescapés d’une apocalypse nucléaire. Deux suivis de création seront proposés au public les 8 et 15 janvier pour qu’il puisse suivre les différentes étapes et l’évolution d’un travail théâtral. Avant la création du 18 janvier.

Créations toujours

Et puisqu’il est question de création, c’est par l’une d’entre elles que débutera la saison. We are Monchichi, de la compagnie Wang Ramirez de Perpignan, s’inscrit dans le cadre de la Biennale de la danse. C’est d’une rencontre dont parle le spectacle, inspirée par celle de deux chorégraphes, la Coréenne (née en Allemagne) Honji Wang et le Français Sébastien Ramirez. Une histoire d’« absence de frontières racontée aux enfants, aux adolescents et aux adultes avec poésie et humour ».

La danse sera encore au cœur d’une autre création, Mirages — Les âmes boréales. Aux commandes, Christian et François Ben Aïm, les deux frères prodigues de la chorégraphie hexagonale, capables d’aborder tous les styles. Autour d’un igloo où vivent deux personnages incarnés par Mylène Lamugnière et Félix Héaulme, danse et vidéo sauront recréer l’infiniment grand de la nature auquel sont confrontés les hommes dans un paysage « toujours changeant ».

Avec Tout va s’arranger, de la compagnie grenobloise Le Chat du désert, la danse va ici servir de prétexte à une folie, « un grand bazar ». Grégory Faive nous montre comment une troupe de théâtre, qui s’est mis en tête d’adapter en comédie musicale La Mouette de Tchekhov, va tout faire pour mener à bien sa tâche.

« Ce que j’appelle l’oubli » (photo : Grégory Sacré)

Quittons la comédie pour nous plonger dans la tragédie avec Ce que j’appelle l’oubli, création de la compagnie La Source sur un texte de Laurent Mauvignier. Lequel revient sur le drame qui s’est déroulé dans le centre commercial de la Part-Dieu, au cours duquel un homme fut roué de coups par les vigiles et tué, parce qu’il avait volé une bière. « Ses mots, réagit Françoise Pouzache, ont la vertu d’un coup de poing ! » Pour donner chair à ce moment intense, le metteur en scène Gauthier Lefèvre a fait appel à la rappeuse Casey. Celle dont le premier album, titre déjà ô combien évocateur, s’appelait Tragédie d’une trajectoire.

Célébrités
D’autres célébrités vont partager l’affiche de cette saison 2018-19. Les Pockemon Crew présentent #Hashtag 2.0. Pour Garçons, Carmen Maria Vega rejoindra Zaza Fournier et Cléa Vincent dans un tour de chant où les textes, signés par les plus grands (Gainsbourg, Aragon, Nougaro, Christophe, Boby Lapointe, Jean Yanne, etc.), parleront… des femmes ! Un spectacle idéal pour le 8 mars et le festival Essenti[Elles].

« Revue Rouge » (Photo : Brigitte Enguerand)

Tour de chant encore avec Norah Krief — qui a obtenu un Molière de la comédienne de second rôle pour Hedda Gabler — et sa Revue rouge, d’où l’on ressortira le poing forcément levé. Tous ces chants de lutte, de Monthéus et sa Grève des mères aux Pussy Riots en passant par Brecht et Ferré, seront ici repris dans des versions très rock.

Tour de chant enfin avec François Morel qui, à côté de son travail de comédien et de chroniqueur sur France Inter, possède également un talent pour l’écriture de chansons. Mis en scène par Juliette, La vie (titre provisoire) nous réserve pas mal de surprises.

Surprises, c’est bien le mot, dont sera truffée cette nouvelle saison. À vos calendriers.

Les dates
28 septembre, 20 heures : We are Monchichi, création danse
5 octobre, 20 heures : Fauna, cirque
14 octobre, 15h30 : Piletta Remix, fiction radiophonique
19 octobre, 20 heures : À bien y réfléchir, théâtre
9 novembre, 20 heures : La Tempête, création théâtre
16 novembre, 20 heures : Je me souviens, théâtre
18 novembre, 11h30, 15 heures et 16h30 ; 20 novembre, 19 heures : Les envers du décor, visites guidées théâtralisées
23 novembre, 20 heures : Groenland Manhattan, BD concert
28 novembre, 14h30 : Connectés, concert hip-hop (à Bizarre !)
30 novembre, 20 heures : Ce que j’appelle l’oubli, création théâtre
9 décembre, 15h30 : Mange tes ronces, théâtre d’ombres
14 décembre, 20 heures : Tout va s’arranger, création théâtre et musique
21 décembre, 20 heures : Loop, jonglage
18 janvier, 20 heures : Après la fin, création théâtre
25 janvier, 20 heures : Revue rouge, chansons
1er février, 20 heures : Speakeasy, cabaret cirque
8 février, 20 heures : #Hashtag 2.0, danse
8 mars, 20 heures : Garçons, chanson
15 mars, 20 heures : Quand j’étais petit, je voterai, théâtre
22 mars, 20 heures : Sandrine, théâtre
29 mars, 20 heures : Le Conte d’hiver, théâtre
7 avril, 15h30 : Mirages – Les âmes boréales, création danse
12 avril, 20 heures : La vie (titre provisoire), chanson
3 mai, 20 heures : Tendances urbaines, musique et danse
22 mai, 15h30 : Le Ciel des ours, théâtre d’ombres

 

 

 

 

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