Biennale de la danse : dans les ateliers du défilé vénissian

Coordonnés par les compagnies Traction Avant et Virevolt, les ateliers de la Biennale de la danse se sont multipliés pendant les vacances de Pâques : costumes, danse, cirque… Avant une première répétition le 5 mai.

« Vous êtes là ? » Perchée sur les épaules d’un garçon, une petite fille, inquiète, se retourne puis, reprenant sa position initiale, se laisse tomber toute raide en arrière… soutenue par des bras secourables. Au gymnase Ostermeyer, pour la préparation du défilé de la Biennale de la danse, Martin Cuvelier et Julie Loyot (de la compagnie Virevolt) montrent à une vingtaine de personnes, dont six jeunes de l’EPJ Moulin-à-Vent, comment évoluer sur de grandes structures circulaires qui seront ensuite habillées avec les silhouettes découpées par les lycéens de Seguin. Une mère de famille, soutenue par les jambes à une barre et la tête en bas, confirme son embarras : « Je ne suis pas sûre d’avoir les muscles pour te tenir… Ça me stresse si c’est toi ! »

Ces numéros d’équilibristes exercés par des amateurs sont impressionnants à voir. Malgré le doute qui peut s’installer, chacun semble savoir ce qu’il fait. « J’ai longtemps travaillé au trapèze avec Aurélie La Sala, commente Martin, et l’idée du défilé est de lier la danse au cirque. Comment rendre celui-ci accessible à tous ? C’est un gros défi et une démarche artistique. On touche à quelque chose qui dépasse les petites cases de chacun. »

Également en charge de la chorégraphie, qu’elle a écrite avec Aurélie La Sala et Olivier Gabrys, Julie Loyot a travaillé pendant les vacances de Pâques sur les deux parties, danse et cirque. « Les danseurs se réunissent tous les jeudis soirs et ce stage de rattrapage pendant les vacances s’est super-bien passé. Avec Olivier, nous avons déjà fait trois Biennales et nous avons l’expérience des chorégraphies qui avancent, se déplacent. On guide les non-professionnels dans cet apprentissage. On fonctionne par étapes. »

Non loin de là, au-dessus de La Poste du centre-ville, deux petites pièces étaient encombrées de tissus en tous genres… Là, avec Lorraine Jung et Clémentine Cadoret, une trentaine de personnes ont fréquenté l’atelier costumes de la Biennale de la danse pendant les vacances. « Nous étions entre cinq et dix par journée, expliquent les deux jeunes femmes qui ont élaboré les différents costumes du défilé vénissian. Nous avons quelque 150 costumes à réaliser, de six types différents. Comme le thème du défilé, « I have a dream », est basé sur le discours de Martin Luther King, nous sommes parties sur des coloris noirs, blancs et dorés et sur l’esthétique des Black Panthers, avec un peu de Dior, de Margiela. La main est récurrente dans les motifs : elle symbolise la lutte et la fraternité. »

Grâce à un partenariat avec Emmaüs, l’atelier a obtenu des vêtements, customisés ensuite. Dans une autre pièce, des masques modelés sur les visages par Sabine Algan attendent d’être peints, dans l’idée de la lutte pacifiste des Anonymous.

Tout doit être prêt pour la première répétition du 5 mai. D’autres suivront, avant le défilé vénissian du 9 septembre et celui qui ira des Terreaux à Bellecour le 16 septembre.

 

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