Les portraits intimes de Lucie Moraillon

 

La photographe Lucie Moraillon participe à deux expositions. Avec « Nouvelles routes », visible jusqu’au 6 janvier à la médiathèque, elle est partie à la rencontre des Gens du Voyage installés à La Glunière et sur l’aire d’accueil du chemin de Feyzin. Pour la seconde, « Allées 11-21 », elle a accompagné des jeunes de Monmousseau à la découverte de l’histoire de leur quartier.

Si ce n’était quelques petites filles excitées de se voir en photos sur les murs de la médiathèque, les habitants de La Glunière et de l’aire d’accueil venus voir ce 24 novembre « Nouvelles routes », l’exposition de Lucie Moraillon qui leur est consacrée, semblent gênés. Ravis — car les images sont magnifiques — mais néanmoins gênés de se retrouver sur le devant de la scène. Une belle manière, remarquait Xavier Pousset, le directeur de l’ARTAG (association régionale des Tziganes et de leurs amis gadgé, partenaire de la manifestation), de « rapprocher les Gens du Voyage de la ville et la ville des Gens du Voyage ».

L’élu à la culture Bayrem Braiki évoquait alors « l’accompagnement des familles par la Ville et la construction de la résidence de La Glunière, inaugurée fin octobre » et se réjouissait de l’ouverture à la médiathèque d’un hommage aux cultures tziganes.

« Le cœur de mon travail, expliquait la photographe, s’articule autour des rencontres. Je ne connaissais pas la communauté des Gens du Voyage et j’ai compris combien il était difficile de trouver une place dans un monde qui n’en fait pas beaucoup aux minorités. J’ai choisi de ne pas montrer dans mes photos des lieux de vie et des intérieurs et de ne faire que des portraits. »

Le lendemain, 25 novembre, on retrouvait Lucie Moraillon sur le parvis de la médiathèque Lucie-Aubrac. Avec un autre photographe, Antoine Boureau, et l’écrivain Milan Otal, elle a accompagné dans la prise de vue et les interviews des habitants de la barre ICF, vouée à la destruction, treize jeunes de Monmousseau : Hadama, Nassim, Rayan, Tarek, Selim, Aminata, Ibrahima, Nadine, Wassim, Mattéo, Bilel, Ramzi et Ilham. Un livre est en cours d’achèvement d’écriture, qui présentera les photos et les textes. Ce vernissage fut l’occasion d’adresser un coup de chapeau à John Kouadjo, un habitant du quartier qui a facilité le projet et qui voudrait à présent initier des cafés littéraires pour transmettre la mémoire de Monmousseau.

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