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Rocío Molina ou le renouveau du flamenco

Incarnant le renouveau du flamenco, Rocío Molina fait vibrer la fragilité des sentiments dans un mélange d’ingénuité, de sensualité et de puissance. « Afectos », ce vendredi au Théâtre de Vénissieux.

Incarnant le renouveau du flamenco, Rocío Molina fait vibrer la fragilité des sentiments dans un mélange d’ingénuité, de sensualité et de puissance. « Afectos », ce vendredi au Théâtre de Vénissieux.

Si le flamenco a ses étoiles, Rocío Molina est son météore. Impressionnante de précision, mélange d’ingénuité, de sensualité et de puissance, elle ne cesse d’avancer à une vitesse vertigineuse, incarnant le renouveau du flamenco. Quel bonheur pour un spectateur de voir chacun des artistes sur scène maîtriser à ce point son instrument. Pour Pablo Martin, il s’agit de la contrebasse, dont il tire des sons mélodieux, douloureux, percutants, toujours formidables, qu’il accompagne parfois d’échos de voix, de bribes de chants enregistrés en samples. Rosario Guerrero, elle, a choisi la voix comme instrument. Ce n’est pas sans raison qu’elle se fait appeler « la Tremendita », elle qui est la fille de José El Tremendo, qui peut se traduire par impressionnant, terrible mais aussi tragique. Tirant quelques accords de sa guitare, elle entonne des chants espagnols au cours desquels sa voix peut être rauque, s’adoucir en ondulations arabo-andalouses ou murmurer. Pour Rocío Molina, l’instrument de prédilection est le corps. Cette fantastique danseuse sait faire de la percussion avec ses pieds, ce qui est la moindre des choses quand on pratique le flamenco, mais aussi avec ses doigts qui claquent en mesure et ses mains qui, tapant sur telle ou telle partie de son anatomie, la font résonner en cadence. L’ensemble est impressionnant, qui mêle tout à la fois la contrebasse, le chant et le zapateado.
Flamenco, certes, mais pas classique pour une peseta. La danse contemporaine a fait sauter les barrières et si le chant reste résolument espagnol, la musique jouée à la contrebasse s’apparente davantage au jazz. Rocío Molina n’a-t-elle pas reçu, en 2010, le prix national de la danse, une des plus hautes distinctions artistiques en Espagne, pour sa « contribution à la rénovation du flamenco » ? On ne s’étonnera pas qu’elle ait rejoint sur scène d’autres artistes mêlant au flamenco diverses influences, tel Israel Galván.
Sensuel est l’adjectif habituellement utilisé pour qualifier « Afectos ». Cette sensualité éclate à un tel point que le halètement de Rocío, après une série de mouvements vifs où toutes les parties de son corps sont en rythme, vient s’éteindre dans le micro porté par sa partenaire, comme si l’on venait d’assister à un acte d’amour. Rocío change de coiffure, de l’austère chignon à la liberté des cheveux démêlés, met et enlève des jupes qu’elle porte sur un collant noir, enfile une veste pour l’ôter peu après et varie les personnages au fil des chansons et de ses pas de danse.

 

Au Théâtre de Vénissieux
« Afectos » le 31 janvier à 20h30. Dès 13 ans.
Tarifs : de 8 à 18 euros.
Réservations : 04 72 90 86 68.

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