Entre PCF et PS, le passage vers l'union était vraiment trop exigu

Pour la première fois depuis 1971, il y aura le 23 mars à Vénissieux (entre autres listes à gauche) une liste conduite par Michèle Picard, maire communiste sortant, et une autre par Lotfi Ben Khelifa, premier secrétaire de la section socialiste. La réunion qui s’est tenue lundi soir à Vénissieux a débouché sur un désaccord, qui vient d’être officialisé.

Trois têtes de liste aux élections municipales sont annoncées sur le plateau de France 3 Rhône-Alpes, ce samedi 25 janvier à 11h30, dans l’émission « La voix est libre », consacrée à Vénissieux : Michèle Picard, maire sortant (PCF), Christophe Girard « apparenté UMP » et Lotfi Ben Khelifa (PS).
Daté de jeudi, le communiqué de France 3 prenait la précaution d’annoncer « sous réserve » la présence de la tête de liste socialiste. La réserve était levée dès ce vendredi soir : en compagnie de l’ancienne ministre Marie-Noëlle Lienemann, d’Yves Blein, député-maire de Feyzin et de David Kimelfeld, premier secrétaire fédéral, Lotfi Ben Khelifa a en effet présenté les vœux de la section locale du PS et officialisé la liste qu’il conduira : « Ensemble pour Vénissieux – liste pour les élections municipales 2014 – Parti socialiste ». 

PCF :  « tenir le cap à gauche, battre la droite et l’extrême droite, faire reculer l’abstention »

À la demande de leur bureau national, les représentants du parti socialiste étaient pourtant revenus s’asseoir lundi à la table des négociations avec ceux du Parti communiste, en présence des responsables départementaux. Une réunion pour rien que Serge Truscello décryptait vendredi dans un communiqué qu’il signe comme secrétaire de la section communiste.  

Le PCF annonce « avoir renouvelé ses propositions au PS local » : sur une base où la liste ferait 50%, ce qui donnerait 37 élus, le PCF avait proposé qu’il y ait 11 candidats PS en position éligible (+2) et 5 adjoints (+1), là où le PS exigeait d’être à 50/50, sur la liste comme dans l’exécutif. « Ces propositions, assure Serge Truscello, tiennent compte de la situation sur la ville, y compris de la présence d’une autre liste menée par une élue socialiste, élue communautaire (Samia Hamdiken-Ledésert, NDLR). Ce qui confirme que nous n’avons pas à faire à un PS uni, rassemblant l’ensemble de ses forces ». 

Mais la situation s’est compliquée encore avec la question des conseillers communautaires, qui deviendront « métropolitains » l’an prochain. Le PCF compte 3 élus sortants au Grand Lyon, et 2 conseillers généraux qui vont perdre leur mandat en 2015 pour cause de métropole. Soit 5 élus. Le PS a 3 conseillers communautaires sortants. « Nous avons proposé de passer à 4 élus pour le PCF (-1) et à 2 pour le PS (-1 également). » Rigoureusement impossible, pour le PS.
Mais ce que le PCF a, lui, jugé rigoureusement impossible, c’est que le PS ait posé comme préalable qu’il taise ses critiques tant sur la métropole que sur la politique gouvernementale. « Cela démontre sa volonté de ne pas aboutir à un accord sur la ville », estime Serge Truscello. Au-delà de la situation vénissiane, son analyse est qu’il y a « une véritable stratégie du PS pour s’attaquer à des villes dont le maire est communiste, apparenté, ou Front de Gauche ». Et de citer Saint-Denis, Dieppe et Arles, où le PS a décidé de faire des listes autonomes mais aussi Vaulx-en-Velin, Grigny et Vénissieux.
« Avec Michèle Picard,
conclut Serge Truscello, nous allons continuer à bâtir une liste de rassemblement avec les forces politiques déjà engagées comme avec des personnalités et des habitants de la ville. Notre volonté est bien de tenir le cap à gauche, battre la droite et l’extrême droite, faire reculer l’abstention. »
Lundi matin, est annoncée une conférence de presse de la candidate, en présence des représentants d’Europe Écologie Les Verts, du MRC, du PCF, du PG et de personnalités.

Le PS : « une alternative moderne et ambitieuse »

« Renouveler les mêmes propositions depuis octobre, cela ne s’appelle pas une négociation, déclarait pour sa part en cette fin de journée Lotfi Ben Khelifa. Nous prenons acte de l’absence de volonté du Parti communiste vénissian de réunir les conditions de l’union de la gauche dès le premier tour. En conséquence, nous proposerons aux Vénissians une alternative moderne et ambitieuse à travers une liste de rassemblement portée par le PS, le PRG et de nombreuses composantes de la société civile. Notre démarche sera notamment de plus impliquer les Vénissians dans les choix municipaux et l’avenir de leur ville. (…) Bien entendu, nous restons ouverts à l’ensemble des partenaires de la gauche pour un large rassemblement au 2e tour, sur la base des choix que les Vénissians auront faits au premier tour. »

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